vendredi 3 septembre 2010

Allemagne : le problème des Aussiedler ou "Russes allemands"

Monde 01/10/2003 à 01h12
«Les Russes allemands sont foutus»

Reportage

Mal intégrée en Allemagne, cette communauté sombre dans la délinquance.

BENYAHIA-KOUIDER Odile

Hameln, Gifhorn envoyée spéciale

Sans ses barreaux aux fenêtres, Hameln pourrait être une école avec son internat, ou une cité universitaire. Des petits bâtiments de trois étages dans un parc, un stade de football, un centre horticole, des ateliers de peinture et de réparation de voitures. Posé au milieu des champs en 1980, Hameln, à 70 km de Hanovre, accueille 630 détenus âgés de 14 à 21 ans. L'endroit se voulait un centre de détention moderne, axé sur la réinsertion professionnelle plutôt que sur la répression. Le récent afflux de détenus allemands d'origine russe, les «Russen deutsch» (les Russes allemands) comme on les appelle ici, a chamboulé ce bel ordonnancement.

Wolfgang Blum, qui travaille dans cette prison depuis 25 ans, n'avait jamais vu cela. «Et pourtant on a tout eu ici : des Yougoslaves, des Albanais, des Africains et évidemment beaucoup de Turcs. Ils sont gentils les Turcs. Ils sont propres et polis. Mais avec les Russen deutsch, il n'y a rien à faire. En l'espace de trois ans, ils ont réussi à instaurer une véritable culture parallèle avec des règles qui se rapprochent d'un fonctionnement mafieux. Ils ont leur propre règlement, parlent uniquement russe, refusent totalement de coopérer avec nous. Ils peuvent être très violents. La dernière fois qu'un jeune Russe allemand a accepté de parler à la télévision, les autres l'ont choppé à un atelier du matin, et l'ont passé à tabac. Cela s'est passé tellement vite qu'on n'a rien pu faire. Sa famille a été obligée de verser 6 000 euros dans leur caisse commune, qu'ils appellent l'"Abschjak", sous peine de le voir puni encore plus sévèrement.»

Vols, drogue et violence. Contrairement aux Allemands de souche d'origine polonaise, les «Russes» refusent de s'intégrer en participant aux ateliers professionnels. «On a bien sûr essayé de casser les bandes en expédiant les chefs dans d'autres prisons, raconte Wolfgang Blum. Mais chaque fois, le groupe se choisit un nouveau chef. S'ils étaient une dizaine, on pourrait encore s'en sortir, mais ils sont trop nombreux.» Jusqu'en 1997, les statistiques de la prison ne mentionnaient même pas l'existence des Allemands venus de l'ex-URSS, de Pologne ou de Roumanie. Et pour cause, ils étaient Allemands ! Selon le recensement de Hameln, la part des détenus appartenant à la catégorie «Allemands de souche» a bondi de 8,5 % en décembre 1997 à 18,4 % en juillet 2002 (114 détenus). Un score assez stupéfiant si on le compare à celui des étrangers qui atteint 34,4 % (180 détenus).

Très inquiet de cette évolution, Christian Pfeiffer, qui était alors ministre de la Justice SPD (social-démocrate) du Land de Basse-Saxe, où la concentration d'Allemands de souche est très forte, a fait sa propre enquête. «La première génération d'émigrants de l'Est arrivée en Allemagne il y a dix ans s'est très bien intégrée. Les grands-parents parlaient bien allemand, les parents assez bien et les petits-enfants ont vite appris. Ceux qui posent problème sont les familles mixtes où l'un des deux parents est russe. Dans la plupart des cas, la criminalité surgit chez des jeunes garçons arrivés en Allemagne à la fin des années 90, au moment de la puberté, explique-t-il. Ils débarquent sans parler un mot d'allemand, se trouvent rapidement en échec scolaire et sont rejetés par leurs camarades allemands. Ils ont alors tendance à se réfugier dans leur milieu russe, et tombent plus facilement dans la délinquance.» Leurs délits : vols, drogue, violence.

Hans-Dieter Klosa, préfet de police de Hanovre, n'hésite pas à rendre les politiques responsables de cet engrenage. «Il y a dix ans, le gouvernement dispensait gratuitement des cours de langue. Mais ces dernières années, ils ont limité les aides. Alors que c'est maintenant qu'il faudrait investir dans leur intégration. Il ne faut pas s'étonner des résultats !» Dans son bureau, une collection de matriochkas (poupées gigognes) et de louches en bois témoigne de ses bonnes relations avec ses collègues russes ou kazakhs. Embaucher des policiers russophones ? «Cela reviendrait à créer un corps de policiers de second rang, affectés uniquement aux Russes allemands, ce qui ne serait admis ni par les policiers allemands, ni par les suspects russes.» Hans-Dieter Klosa compte plutôt sur le travail en amont des travailleurs sociaux.

Pessimisme. Dans la région de Gifhorn, où le nombre d'Allemands de souche atteint 80 % dans certains lotissements, un bus de l'association catholique Kolping sert de refuge aux jeunes désoeuvrés l'après-midi. Ceux-là échapperont peut-être à la délinquance. Mais pour la génération qui a atterri à la prison de Hameln, Wolfgang Blum est très pessimiste : «A mon avis, ils sont foutus. Ce sont souvent des gosses qui ont été battus chez eux, et qui ne savent régler les conflits que dans la violence. Dans leur famille, il y a beaucoup d'alcoolisme. Ils n'ont aucun respect pour nos méthodes. Je ne sais pas ce qu'on va faire d'eux. Ils vont sortir et recommencer.»

Loi plus stricte. La classe politique, elle, n'a qu'une idée en tête : arrêter le flot de ces migrants qui ne sont «même plus aux trois quarts allemands». Paradoxalement, c'est le SPD le plus remonté. «Les Allemands de souche que la CDU a laissé massivement entrer en Allemagne posent beaucoup plus de problèmes que les Turcs», a même déclaré le chancelier Schröder lors de son premier duel télévisé électoral contre le chrétien-démocrate Edmund Stoiber. Un parti pris sans doute intéressé : si les électeurs d'origine turque votent à plus de 60 % pour le SPD, les Allemands de souche sont majoritairement conservateurs. «Dans notre communauté, le taux de chômage est très faible, souligne Sergej Eisner, 26 ans, et conseiller municipal CDU de Gifhorn. Même quand ils ont fait quelques études, les Allemands de souche préfèrent être femmes de ménage ou ouvriers à la chaîne plutôt que de réclamer l'aide sociale.» La plupart de ces familles arrivent à se construire une «grosse» maison dans l'une de ces zones pavillonnaires pour Allemands de souche. Arrivé à 11 ans en Allemagne, Sergej reconnaît que deux ou trois de ses camarades ont mal tourné. Est-ce une raison pour bloquer les demandes de ceux qui veulent encore venir en Allemagne ? Près d'un million de citoyens de l'ex-URSS sont encore susceptibles de demander le passeport allemand, mais la prochaine loi sur l'immigration risque d'être plus stricte sur les critères linguistiques. «Si on leur refusait, ce serait de la pure discrimination raciale par rapport aux Turcs et aux gens d'autres nationalités, s'emporte le jeune homme. Les Allemands devraient plutôt se réjouir, car notre communauté est deux fois plus jeune. Dans quelques années, c'est nous qui paierons leurs retraites.».
Source : http://www.liberation.fr/monde/0101456006-les-russes-allemands-sont-foutus

Grand Angle 15/11/2007 à 01h29
Russes allemands, éternels étrangers

Reportage

Allemands en Russie, ils sont devenus russes en Allemagne. Plus de deux millions d'«Aussiedler» ont rejoint la mère patrie après la chute de l'URSS. Leur intégration est si difficile que certains rêvent de retourner en Sibérie.

VERSIEUX Nathalie

Viktor et Elena ne voulaient pas vraiment quitter la Russie. C'était le voeu du père de voir enfin ce qu'il appelait sa «patrie», et pour «le Vieux», il n'était pas question de partir seul. Alors Viktor et Elena ont dit adieu à leurs collègues, retiré leur fils Roman de l'école, rangé tout ce qu'ils possédaient dans trois malles et pris le train. Direction l'ouest pour le plus grand voyage de leur vie, de Barnaoul, en Sibérie, vers l'Allemagne, le pays de leurs ancêtres.

Sept ans plus tard, ils ne rêvent que de retour. Aujourd'hui, le père est mort. Peu avant de les quitter, il s'est excusé auprès de ses enfants : «Rien n'est comme je l'avais imaginé», leur a-t-il avoué. Viktor et Elena sont tous deux sans travail depuis des années. Les amis et les collègues qu'ils ont laissés en Sibérie ont presque tous profité du miracle économique russe. «Si j'étais resté, l'usine m'appartiendrait aujourd'hui peut-être», rêve Viktor. Sans Roman, ils seraient partis depuis longtemps, disent-ils. Leur fils, aujourd'hui âgé de 15 ans, est le seul de la famille à s'être intégré. Une fois sa formation achevée, il sera professeur de sport.

Le destin de Viktor et Elena est loin d'être un cas isolé. Depuis la chute du Mur, près de deux millions et demi d'Allemands de souche ont quitté l'ex-Union soviétique pour retrouver la «patrie» de leurs ancêtres. Russes en Allemagne, allemands en ex-Union soviétique, le destin des «Aussiedler», comme on les appelle outre-Rhin, est symbolique des mouvements de population qui ont marqué l'est du continent européen depuis la chute du Mur. Neuf millions de personnes ont migré au sein de l'Europe de l'Est depuis la chute des régimes communistes.

Test de langue et savant système de quotas

Viktor, Elena et Roman sont allemands «par le sang», comme le veut la tradition allemande. Au vu de la loi, ils avaient droit au retour, en dédommagement des persécutions subies par les Allemands en Union soviétique du temps de Staline. Ces persécutions sont considérées comme l'une des conséquences du nazisme et de la guerre que l'Allemagne se doit de «réparer».

Les Russes allemands se sont littéralement engouffrés dans cette brèche. Près de 150 000 d'entre eux quittent l'ex-URSS en 1990. Quatre ans plus tard - 1994 marque le pic de la vague -, ce sont 215 000 personnes qui rejoignent l'Allemagne. Le flot est tel que la République fédérale est contrainte d'adopter des mesures drastiques : les nouveaux arrivants, d'abord parqués dans des centres de transit, sont ensuite répartis entre les dix-sept Länder, suivant un savant système de quotas, pour éviter de trop fortes concentrations régionales, comme cela a d'abord été le cas dans la région d'Osnabrück (où le départ des soldats canadiens, à la même époque, laissait de nombreuses casernes vides), ou dans le quartier de Marzahn à Berlin (où des barres d'immeubles de type soviétique avaient été quittées par leurs habitants à la chute du Mur).

Deux lois, adoptées en 1996 puis en 2005, ont durci le droit au retour des Aussiedler. Désormais, les candidats doivent passer un test de langue et prouver que l'allemand leur a été transmis par la famille. Les enfants et conjoints des Aussiedler ne peuvent quitter la Russie qu'à condition de maîtriser eux aussi l'allemand. Cas extrême, un jeune descendant de Russes allemands, qui parlerait couramment la langue de Goethe parce qu'il l'a étudiée à l'université, ne remplira pas les critères, contrairement à un ouvrier de 60 ans à qui ses parents auront sporadiquement parlé allemand pendant son enfance.

«Dès le début, nous avons essayé de donner une image réaliste de l'Allemagne, par le biais des journaux de la communauté allemande en ex-Union soviétique par exemple,explique Christoph Bergner, chargé par le gouvernement de gérer le dossier des Aussiedler.Mais les gens voulaient fuir le chaos ambiant. Aujourd'hui, le boom économique en Russie et au Kazakhstan et le fait que les minorités allemandes peuvent de nouveau vivre leur identité sans être persécutées ont contribué à ralentir le flot des départs. Les Allemands de l'ex-URSS se remettent à croire en leurs perspectives d'avenir sur place.» A Moscou, la croissance annuelle frise les 7 %, au Kazakhstan, c'est plus du double.

Du coup, le flot d'émigrants est tombé, depuis 2000, sous la barre des 100 000 personnes. L'an passé, ils n'étaient plus que 7 600 à quitter la Russie pour l'Allemagne, au titre du droit au retour. Ils seront moins encore cette année. Le flux s'est quasiment tari, bien qu'il reste encore 600 000 Allemands de souche en Russie, 220 000 au Kazakhstan et quelques dizaines de milliers en Ukraine, au Kirghizistan et en Ouzbékistan.

«Le migrant type est une famille soudée de plusieurs générations, avec de nombreux enfants, schématise Christoph Bergner.Les Aussiedler vivent pour la plupart dans des régions rurales, sont catholiques ou protestants, et ont un faible niveau de qualification : jusqu'en 1989, le régime soviétique leur interdisait l'accès à certains métiers, la médecine par exemple.»

Leur manque de formation ou la difficulté d'obtenir une reconnaissance de leurs diplômes russes en Allemagne expliquent le niveau dramatique du chômage de cette communauté.

Trop fier pour vivre aux crochets de l'Etat

Une étude, réalisée en août par l'institut SFZ de Potsdam, auprès des Aussiedler du quartier de Marzahn à Berlin-Est, met le doigt sur les conditions de vie précaires de ces populations. 48 % d'entre eux sont au chômage. 26 % ne cherchent pas ou plus d'emploi. 77 % vivent des indemnités chômage ou de l'aide sociale. 34 % vivent en dessous du seuil de pauvreté. 44 % des personnes interrogées avaient quitté la Russie dans l'espoir d'une vie meilleure. Ingénieur au Kazakhstan, Olga fait aujourd'hui des ménages en Allemagne. Vladimir, cadre dans une entreprise des environs de Moscou, ne travaille plus depuis près de dix ans. Trop fier pour vivre «aux crochets de l'Etat», il subsiste du maigre salaire que lui assure son mi-temps dans une association d'aide aux Aussiedler.

Second problème après le chômage, la criminalité des jeunes. Parlant mal l'allemand, de nombreux adolescents n'ont pas trouvé leur place outre-Rhin. Un quart des garçons quittent l'école vers 15 ou 16 ans, avec au mieux un diplôme de Hauptschule, une voie scolaire sans issue qui débouche rarement sur une formation professionnelle. «La réglementation est en partie responsable de cette situation, regrette Christoph Bergner. Aux débuts du mouvement de migration, le seul moyen de rejoindre l'Allemagne pour les jeunes générations était de venir avec le grand-père ou la grand-mère qui parlait encore allemand, ceux qui avaient pu apprendre la langue avant les persécutions de l'époque stalinienne. Certains jeunes sont partis pendant l'adolescence, un âge peu propice aux migrations. Ils ont eu beaucoup de mal à s'adapter. Pour eux, il aurait sans doute été préférable de rejoindre leurs grands-parents quelques années plus tard, une fois achevée leur formation en Russie.»

La présence d'Allemands en Russie remonte à l'impératrice Catherine II, d'origine allemande. Le manifeste de 1763, qui autorise l'émigration vers les bords de la Volga, pousse quelque 100 000 Allemands, pour la plupart des paysans pauvres, à tenter fortune à l'est. La Russie leur offre des terres, leur garantit la liberté de culte et les dispenses d'impôts. Un million et demi d'Allemands vivent en Russie à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Entre 1924 et 1941, ceux-ci disposent même d'une République autonome.

L'invasion de l'Union soviétique par Hitler marque le début des persécutions. Dès 1941, Staline décide la déportation des Allemands de la Volga vers la Sibérie. Entre 1941 et 1948, 850 000 Allemands sont internés dans des camps de travail. 35 % d'entre eux meurent au cours des cinq premières années. Une déportation qui reste un épisode traumatisant de l'histoire des familles allemandes de Russie.

«Ma famille a quitté la région de Hesse en 1764, raconte Viktor Fromm, qui dirige l'association berlinoise Lyra d'aide à l'intégration des Aussiedler. Les Russes ont tout fait pour que les Allemands ne s'intègrent pas. Les Allemands vivaient entre eux, dans des villages allemands. Ils étaient catholiques ou protestants, pas orthodoxes. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, les Allemands de Russie ne parlaient pas russe ! Ils avaient leurs propres écoles, leurs commerces, leurs églises. Jusqu'au 21 août 1941. Là, tous ont été déportés vers la Sibérie ou le Kazakhstan. Ma famille a été envoyée au Kazakhstan. Ma mère et mon père se sont rencontrés dans un camp de travail.»

«Peut-être sommes-nous venus trop tard ?»

Les Fromm se sont toujours sentis allemands. Chez eux, on parlait cet allemand, chantant et guttural à la fois, typique des Russes allemands. Ingénieur, spécialiste des techniques laser, Viktor Fromm a fait partie de ces rares membres de sa minorité à pouvoir étudier et même travailler pour la prestigieuse Académie des sciences de Moscou, malgré ses origines.

Arrivé en Allemagne en 1996 avec son père, ses trois frères et tous leurs enfants, Viktor Fromm est au chômage depuis près de dix ans. A 60 ans, il ne pense pas retrouver un emploi. Comme presque tous les Aussiedler, il a reporté tous ses espoirs sur ses deux fils. Aucun ne parlait allemand à leur arrivée. Leur intégration a été difficile. «Pour l'aîné, ça a été très dur. En Russie, il était toujours le premier de sa classe. Il avait même sauté une classe car il était très fort en maths. Arrivé en Allemagne, il s'est retrouvé dernier, accumulant les zéros parce qu'il ne parlait pas allemand. Les autres se moquaient de lui. Son institutrice voulait l'orienter vers un bac professionnel. Mais il s'est accroché, et a eu son bac avec mention très bien.»

Aujourd'hui, les deux garçons font de brillantes études. «Toutes les portes leur seront ouvertes, tant en Allemagne qu'en Russie», espère leur père. «En ce qui me concerne, ma situation était meilleure en Russie qu'ici. Mes anciens collègues ont entretemps tous fait carrière. Peut-être sommes-nous venus trop tard ? Les Russes allemands qui ont pu quitter la Russie dans les années 60, 70 et 80 ont été bien accueillis. Dans les années 90, nous étions trop nombreux à venir d'un coup. Les choses avaient changé, surtout ici à Marzahn.»

La moitié des 42 000 Aussiedler de Berlin vivent dans ce quartier, devenu une sorte de ghetto russe. Dans la rue, on parle russe. Les commerces proposent des produits russes. Les contacts sont quasi inexistants avec les Allemands d'Allemagne. «Notre problème, regrette Viktor Fromm, c'est qu'il ne suffit pas de parler la langue. Nous ignorons les règles non écrites de la société, les codes du recrutement, du comportement en entreprise, le rôle du relationnel. Pour nos enfants, ce sera différent. Je ne regrette rien. Ma femme et moi, nous sommes heureux si nos enfants sont heureux.»
Source : http://www.liberation.fr/grand-angle/0101115371-russes-allemands-eternels-etrangers