lundi 12 décembre 2011

Expulsion de rebelles libyens en Turquie : ils avaient tenté de violer des infirmières turques

Impliqués dans des scandales sexuels, des rebelles libyens expulsés de Turquie et du Maroc

2011.12.11 Assia Chalabi /Version française Madjid D.

Les autorités turques ont expulsé plusieurs rebelles libyens hospitalisés dans ce pays. La cause en est, qu'ils ont tenté de violer des infirmières turques qui leur prodiguaient des soins.


Plusieurs médias ont rapporté qu’un avion ayant transporté des rebelles libyens expulsés de Turquie s’est posé le vendredi dernier à l’aéroport libyen de Benina dans la région de Benghazi, mais aucun responsable ne s’est déplacé pour accueillir les blessés. La raison est simple : les « revenants » ont été impliqués dans des scandales sexuels en Turquie où ils étaient hospitalisés. La décision de ce pays de les expulser quelques jours seulement après que le Maroc ait expulsé d’autres rebelles libyens qui ont été aussi hospitalisés dans les hôpitaux du royaume chérifien. La décision marocaine a été prise après que des rebelles libyens « ivres » ont tenté de violer des infirmières qui leur prodiguaient des soins.

 Contacté par Echorouk pour avoir des informations à ce sujet, le représentant du Conseil national de transition (CNT), Djemaâ Kemati, a démenti catégoriquement l’expulsion de rebelles libyens par la Turquie et le Maroc. Il a à ce propos regretté les informations rapportées par plusieurs médias. Il a d’autre part indiqué que ce « genre de choses » arrive dans tous les pays du monde.

 Pour sa part, le représentant du CNT aux États-Unis, Achraf Toulouthi a affirmé à Echorouk par téléphone que l’être  humain n’est pas parfait. Il a ajouté que des hommes célibataires ayant combattu des mois peuvent céder à la tentation et commettre certaines choses. Dans le même contexte, il rappellera que l’ancien président des États-Unis Bill Clinton et l’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn ont été impliqués dans des scandales sexuels. « Par conséquent si des rebelles libyens ont harcelé sexuellement des infirmières turques et marocaines, cela est tout à fait normal », a déclaré  Achraf Toulouthi à Echorouk. « Tous les jeunes peuvent commettre une telle chose. En outre, les rebelles libyens ne sont pas des anges », a-t-il ajouté. « s’il s’avère que ces rebelles ont transgressé les lois de la Turquie et du Maroc, je dirai que c’est tout à fait normal qu’ils soient expulsés de ces pays qui les ont accueillis », a-t-il encore dit.

 Interrogé sur cette affaire, l’écrivain et journaliste turque Zahid Ghoul, a indiqué qu’il n’a pas d'informations à ce ce sujet. « Même si les autorités turques ont expulsé des rebelles libyens, cela ne changera rien dans les relations entre les deux pays », a conclu Zahid Ghoul.
Source : http://www.echoroukonline.com/fra/international/13341-pour-scandales-sexuels-des-rebelles-libyens-expulses-de-la-turquie-et-du-maroc.html

Voir également : Istanbul : neutralisation physique d'un ressortissant libyen forcené

jeudi 1 décembre 2011

Istanbul : neutralisation physique d'un ressortissant libyen forcené

Istanbul : la police abat un Libyen qui tirait sur la foule

Publié le 30.11.2011, 11h03 | Mise à jour : 11h46

Un homme armé d'un fusil à pompe a ouvert le feu mercredi matin dans un quartier historique et touristique d'Istanbul (Turquie), blessant deux personnes. Il a été tué lors d'une opération de la police. L'individu a d'abord menacé deux soldats en faction devant le palais ottoman de Topkapi et les a contraints à lui remettre leurs armes, selon le chef de la police stanbouliote, Hüseyin Capkin, cité par la chaîne NTV.

L'homme a ensuite pénétré vers 10 heures dans l'enceinte du palais, un haut lieu touristique sur la rive européenne d'Istanbul, entouré de vastes jardins. Il y a blessé deux personnes avant d'être abattu vers 11h15, au terme d'une longue fusillade avec les forces de sécurité, arrivées en nombre sur place. «Avec son arme il tirait dans tous les sens. L'opération a neutralisé l'agresseur», a encore déclaré Hüseyin Capkin.

Il a crié «Allah akbar» avant de tirer

L'assaillant a crié «Allah akbar (Dieu est grand)» avant de tirer, selon des témoins interrogés par NTV. Celle-ci a diffusé une photo de l'homme, lourdement armé,  portant une ceinture de cartouches et deux fusils. Le ministre turc de l'Intérieur, Idris Naim Sahin, cité par l'agence de presse Anatolie, a affirmait qu'il s'agit d'un ressortissant libyen. L'individu, né en 1975, est entré en Turquie dimanche dernier, a ajouté le ministre.

La chaîne a indiqué que l'homme se serait déclaré prêt dans un premier temps à se rendre à la police, mais aurait ensuite ouvert le feu dans leur direction. L'incident s'est produit dans le quartier historique de Sultanahmet où sont situés, outre le palais de Topkapi, la basilique-musée de Sainte-Sophie et la Mosquée bleue, monuments très prisés des touristes.


LeParisien.fr
Source : http://www.leparisien.fr/international/istanbul-la-police-abat-un-libyen-qui-tirait-sur-la-foule-30-11-2011-1745899.php

samedi 19 novembre 2011

Allemagne : de 2000 à 2006, un groupe de néo-nazis a tué huit Turcs et un Grec

11/14/2011

'Shameful' Crime
German Officials Under Fire in Neo-Nazi Terror Case


A group of at least three neo-Nazis killed eight Turkish immigrants, one Greek man and a policewoman in a murder spree that stretches back 11 years -- and went undetected until now. The case has shocked the nation and triggered accusations that authorities underestimated the threat of far-right violence for years.

German security authorities face growing accusations that they underestimated the threat of far-right violence for decades following the discovery of a neo-Nazi cell believed to have murdered nine immigrants and one policewoman since 2000.

The trio of right-wing extremists, two men and a woman, are accused of committing a spate of murders that has baffled police for over a decade: the shooting of eight Turkish men and one Greek man, who had all run small businesses or fast-food stands, between 2000 and 2006. It became known as the "Doner Killings," a reference to the popular Turkish fastfood sandwiches known as Döner Kebabs. The gang, evidently consumed by hatred of foreigners, shot their victims in the face.

Two of the alleged killers, Uwe Böhnhardt (34) and Uwe Mundlos (38), were found dead after apparently committing suicide in a mobile home in the eastern town of Eisenach last week following a botched bank robbery.

The woman, Beate Zschäpe, turned herself in to police last week and has been taken into custody. Police arrested a suspected accomplice on Sunday.

Shortly after the discovery of Böhnhardt and Mundlos, investigators searched a burned-out house in Zwickau that had been used by them and Zschäpe. There they found the murder weapons from the "Doner Killings" and from the shooting of a policewoman in the southern city of Heilbronn in 2007.

Attackers Made DVD Bragging About Killings

Police also found a 15-minute film recorded on DVDs ready to be sent to Islamic cultural organizations and the media. SPIEGEL has seen the DVD and printed stills from the film showing the murder victims' bodies and grotesque montages using the cartoon figure of the Pink Panther to point out the scenes of the killings.

"Germany Tour -- Nine Turks shot" said a placard in one cartoon scene. In the DVD, the group calls itself "Nationalsozialistischer Untergrund" (or National Socialist Underground -- NSU). They are also suspected of having committed 14 bank robberies.

Now Germany is asking itself how and why authorities failed to detect the emergence of what is being called a right-wing terrorism network.

The case has led to criticism of Germany's domestic intelligence agency, the Office for the Protection of the Constitution. The office's regional department for the eastern state of Thuringia in particular faces questions, because the trio was known to the agency in the 1990s due to their links with the far-right group "Thüringer Heimatschutz" (Thuringia Homeland Protection). However, they drifted off the radar of intelligence authorities.

Rumors of Links With Intelligence Authority

It remains a mystery how the trio could remain undetected for so long. There are rumors that Zschäpe or her accomplices may have been informants for the Thuringia regional intelligence department. The department has denied the speculation.

"It is extremely disconcerting that no connection was seen between the series of murders across the whole of Germany and the right-extremist scene in Thuringia," said German Interior Minister Hans-Peter Friedrich in an interview with the mass-circulation daily Bild, published on Monday. "Without question, this is a new dimension of right wing-extremist violence."

"It is shameful that something like this happened in our country," Chancellor Angela Merkel added. "We will investigate it thoroughly. We owe that to the people who lost their lives."

Thomas Oppermann, a member of the opposition center-left Social Democrats, called for an investigation into whether police and security officials at regional and national level made mistakes. "One can't help getting the terrible impression that the danger of right-wing extremist violence wasn't taken seriously enough," he told Süddeutsche Zeitung newspaper.

The co-leader of the Greens Party, Cem Özdemir, told Welt am Sonntag newspaper on Sunday: "How could the suspects spend years murdering people due to right-wing extremist motives without the police and domestic intelligence service having even the slightest inkling of it?"

Call for Ban of Far-Right NPD

The case has led to renewed calls for a ban of the far-right National Democratic Party, accused by security authorities of being racist and revisionist. Senior members of the NPD are on record for glorifying the Third Reich.

The chairman of the Central Council of Muslims in Germany, Aiman Mazyek, said right-wing terrorism in Germany had been "chronically underestimated" for at least 20 years. "This year alone there have been at least 20 attacks on mosques, Muslim community buildings and the homes of immigrants," Mazyek told Neue Osnabrücker Zeitung newspaper.

The interior minister of the state of Bavaria, Joachim Herrmann, said the killings were a "new dimension of far-right violence in our country" and said he was in favor of a fresh bid to outlaw the party after an earlier attempt failed in 2003 due to the presence of police informants in the ranks of the NPD.

The Federal Constitutional Court rejected the ban because important witnesses for the prosecution -- including the NPD chief for the state of North Rhine-Westphalia -- worked as informants for the Office for the Protection of the Constitution. The court decided that it couldn't ban a party whose policies may have been shaped in part by government agents

'Disgusting Right-Wing Terrorism'

The president of the Central Council of Jews in Germany, Dieter Graumann, said he was "totally shocked" by the crimes. "If the suspicions are confirmed, we're confronted with a disgusting right-wing terrorism that appears to have been able to spend years murdering people it did not deem worthy of life," Graumann told Handelsblatt Online. "We need a resolute campaign against the far-right," said Graumann, adding that the party must be banned.

However, the chairman of the parliament's domestic affairs committee, Wolfgang Bosbach, a member of Merkel's Christian Democratic Union (CDU) party, warned against a new attempt to outlaw the NPD because that would require the withdrawal of all informants for the period of the legal process.

That would pose dangers because the security authorities would no longer be able to monitor the activities of the party, said Bosbach.

cro -- with wire reports
Source : http://www.spiegel.de/international/germany/0,1518,797572,00.html

Voir également : Allemagne : rejet des Grecs et Italiens par les nationalistes allemands

vendredi 21 octobre 2011

Fidèle à la turcophilie du général de Gaulle, le gaulliste Paul-Marie Coûteaux salue l'"éclatante réussite de la Turquie"

MONde La percée diplomatique d’Ankara
Le jeu magistral de la Turquie

Paul-Marie Coûteaux le jeudi, 06/10/2011
dans

    Parlons Vrai

On ne sait qu’admirer dans l’éclatante réussite de la Turquie : ses performances économiques, son rayonnement culturel, son indépendance ou l’habileté de sa diplomatie. Comme toujours quand une nation est sûre d’elle-même et son État bien gouverné, chacun de ces aspects nourrit les autres, en sorte que la formidable montée en puissance turque en Asie centrale, en Méditerranée, en Europe et même en Afrique s’affirme comme l’une des données majeures du tableau géopolitique du XXIe siècle.
Riche de 78 millions d’habitants, dont plus du quart a moins de 15 ans ; forte d’un taux de croissance de 8,9 % en 2010 qui, comme ceux de l’Inde, de la Chine ou du Brésil, dément les trop fatalistes litanies sur la décrépitude de l’économie mondiale ; dotée d’un patronat jeune, ambitieux et fort nationaliste (lui) ; servie par des confréries et des syndicats actifs (notamment la Tüskson, vitrine de l’omniprésente confrérie de l’imam Fethullah Gülen) ; secondée par une diaspora importante et mobilisée ; maillée d’une mul­titude de PME très présentes dans les nombreux pays mu­sulmans qui entourent son long territoire (près de 800 000 kilomètres carrés s’étendant de la Thrace européenne à l’Azerbaïdjan) ; disposant de fleurons de l’industrie mondiale (notamment dans le BTP ou l’ameublement, tel Boydak), l’économie turque est l’une des plus solides du monde, au point que nombre d’investisseurs internationaux, délaissant nos marchés boursiers, misent sur la santé de ses entreprises et de ses banques – jusqu’à, paraît-il, certaines grandes fortunes grecques, promptes à expatrier leurs capitaux en lieu sûr…

Quiconque voyage autour de la Méditerranée est étonné par le rayonnement de l’ancien Empire ottoman – cela jusqu’au Maroc, qui n’en fit pourtant jamais partie, mais où les télévisions multiplient films et feuilletons tournés en Anatolie ou à Istanbul, tandis que s’implantent les unes après les autres les grandes chaînes de magasins turcs. On pourrait d’ailleurs dire de même de la pénétration des banques et industries turques en Afrique noire, et musulmane. Sans doute la solidarité religieuse joue-t-elle ici à plein face à une Europe qui, sous le prétexte de s’unir, donne fâcheusement l’impression de se regarder le nombril. Il n’est pas jusqu’à l’affaiblissement de la vieille rivale égyptienne qui ne serve l’hégémonie culturelle d’Istanbul, notamment par ses universités ; et le prétendu “printemps arabe” ne fait que préparer un terrain instable où la Turquie apparaît de nouveau comme le pôle le plus solide de la région.

Significative est la constante référence des partis islamistes de Rabat, Tunis ou Tripoli, du Caire, de Syrie et jusqu’à ceux de la péninsule arabique, au modèle du grand parti confessionnel qu’est l’AKP : celui-ci offre une synthèse de la tradition religieuse et de la modernité économique, les deux obsessions de ce monde musulman dont l’agitation vient en bonne part de sa difficulté à les conjuguer. Dans ce contexte, Erdogan joue, et fort bien, sur du velours. Après avoir pris ses distances (pas plus) avec Israël, il se présente en défenseur des libertés, voire des aspirations démocratiques arabes, et même de la charité islamique dont témoigna le spectaculaire cadeau offert en août à la Somalie. Comme l’écrivait fort bien Frédéric Pons dans ces colonnes (Valeurs actuelles du 22 septembre), Erdogan, accompagné de plus de deux cents chefs d’entreprise, réussit sans peine, en septembre, un périple triomphal en Afrique du Nord. Comme toujours quand l’Europe reflue, l’empire du Sud, qu’il fût arabe ou turc, est inscrit dans l’histoire comme la géographie, et surtout la démographie méditerranéennes – d’autant que ne s’aperçoit nul Caton pour répéter le vieux Delenda Carthago.

Frappante est aussi, face à l’agilité diplomatique d’An­kara, l’inertie d’une Europe empêtrée dans la recherche d’une impossible unité diplomatique, et de délicats principes “droits-de-l’hommistes” qui lui tiennent lieu de discours radoteurs plus que d’unité d’action ; une “Europe” qui en est réduite à ouvrir ses portes au nouvel empire, comme on se soumet. Pendant ce temps, l’AKP, au pouvoir depuis dix ans et plus hégémonique que jamais, écarte toutes les forces rivales, y compris l’armée laïque (que l’Europe ne soutient pas, car… elle était l’armée !), le vieil État turc manœuvre, libre de ses mouvements, impérial – ou, au choix, souverain.

La conclusion de tout ceci, comme il se doit toujours, répond à la seule question qui vaille : où est l’intérêt de la France ? N’oublions pas que les deux principales puis­sances riveraines de la Méditerranée sont d’abord la France, ensuite la Turquie, et que, face à la prétention des puissances extérieures anglo-saxonnes qui en ont fait, deux siècles durant, leur mare nostrum militaire et commerciale, la construction d’un couple franco-turc dégagerait des complémentarités ô combien fructueuses. Mais où ai-je la tête ? Pour envisager une telle audace, il faudrait à tout le moins que la France ait encore l’idée d’une politique qui soit la sienne, et celle de son avenir.   Paul-Marie Coûteaux, essayiste
Source : http://www.valeursactuelles.com/parlons-vrai/parlons-vrai/jeu-magistral-de-turquie20111006.html

Voir également : La turcophilie de Charles de Gaulle

Charles de Gaulle était partisan de la position turque sur Chypre : la partition (taksim)

L'amitié franco-turque

Claude Imbert : "La Turquie épanouie, la Grèce défoncée"

mercredi 19 octobre 2011

Les droites européennes deviennent plus eurosceptiques et anti-grecques que turcophobes

OPINION

• SEMİH İDİZ

‘Globalists’ vs ‘localists’
Font Size: Larger|Smaller
Monday, September 26, 2011

During my recent visit to Helsinki, Alexander Stubb, the Finnish minister for European affairs and foreign trade, said something about the rise of the ultra-right wing in Finland and other parts of Europe that is easy to agree with.

Stubb said there is no longer a clear divide between “leftists” and “rightists” in Europe today since the two opposing wings of the political spectrum agree on some key topics such as immigration and EU enlargement.

“What we have instead are ‘localists’ and ‘globalists,’” Stubb said, indicating that his government was on the side of the “globalists” even though the “True Finns” party, which is clearly “localist,” garnered a strong vote in the last election.

It was clear from Stubbs’ remarks that the importance of Turkish EU membership was based on strategic considerations when looked at from a “globalist” perspective. During a separate conversation with Finland’s Foreign Minister Erkki Tuomioja, I questioned whether the suggestion that “Turkey is vital for Europe” is more of a rhetorical statement than a statement of fact.

“It is not a question of rhetoric, it is a question of arithmetic,” Tuomioja said, pointing to the critical mass that Turkey has gained economically and politically in a region that is also vital for Europe.

But such remarks are water off a duck’s back for “localists.” Members of this group in the European Parliament whom I talked with in Brussels last week are certain Turkey will never be a member of the EU and question why the current membership talks are still going on.

Turkish officials see no reason, of course, why Turkey should stop the talks unilaterally when there are EU member states that support its EU bid. But given Europe’s current woes, and the fact that it will take years to fully sort out the current financial mess, it would be naive to assume that Turkey’s bid is going to mature any time soon, if at all.

Like Turkey’s membership talks, the EU itself appears as an “open-ended project” from today’s perspective. But there is more to it than just the “Turkish issue.” The immediate problem for Europe’s “localists” is not Turkey per se. It is the EU itself.
“Localists” in Europe do not like the EU. They believe the union is totally undemocratic, with appointed “Eurocrats” in the commission trying to whittle away at their nations’ sovereign rights.

Talking to a prominent member of the “localist” Danish Peoples Party in Brussels last week, I could not help but joke that the kind of relationship with the EU he was describing as being desirable for Denmark appeared at first glance to be the kind of “privileged partnership” Germany and France are offering Turkey.

At any rate the European right wing today is talking much more about Greece than it is about Turkey. I was told by quite a number of analysts in Helsinki that the Finns simply “do not understand why they should have to bail out a lazy and cheating country like Greece” without getting any guarantees that their hard-earned money is not being thrown away.

I was told that the True Finns won 19 percent of the vote in the last elections because of this issue, not because of Turkey’s EU bid. The fact is that the ultra-right in Europe opposes the EU project itself, let alone Turkish membership, and the current crisis has strengthened its hand.

Given this fact, there seems little point in trying to scare off Ankara by pointing to the rise of the right wing in Europe. The equation here is a simple one: The European ultra-right is getting stronger because the number of people in EU member states who do not believe in the European project as it is today is rising.

This however is not Ankara’s problem but the problem of those who believe in the EU’s future with or without Turkey as a member.
Monday, September 26, 2011
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/n.php?n=8216globalists8217-vs-8216localists8217-2011-09-26

lundi 17 octobre 2011

Les "Turcs" d'Algérie au service de la France

Jean Monneret, La guerre d'Algérie en trente-cinq questions, Paris, L'Harmattan, 2008, p. 39 :

"L'arrivée des Français [en Algérie] fut, suivie d'une phase de dix-sept années de conflit correspondant à la conquête du territoire. Elle entraîna, hélas, de lourdes pertes humaines. La longueur des opérations militaires doit d'ailleurs plus aux atermoiements du conquérant qu'à la force de la résistance indigène. Celle-ci fut néanmoins réelle, particulièrement sous l'impulsion de l'Emir Abd-el-kader. Dès le tout début, des groupes importants de Turcs et d'Arabo-berbères choisirent de combattre contre leurs coreligionnaires aux côtés de l'Armée française. Les contingents turcs, les spahis, les zouaves (kabyles) fournirent à celle-ci les formations indigènes dont elle avait besoin dans ce pays inconnu. Les zouaves formaient même un corps d'élite. On utilisa les tirailleurs algériens durant la guerre de Crimée. Appelés à l'époque les turcos, ils s'y illustrèrent."

Voir également : Le soutien de la Turquie d'Adnan Menderes et Celal Bayar (Demokrat Parti) à la France pendant la guerre d'Algérie

samedi 1 octobre 2011

Pays-Bas : le regard critique des immigrés turcs sur les immigrés marocains

Citations de figures de la communauté turque des Pays-Bas, interrogées par Kerem Öktem pour son rapport : "How Turks in the Netherlands see Moroccans" (30 juin 2010), dans le cadre du Economic and Social Research Council (ESRC) :

"When you look at commerce, this is where the inward-looking structure also helps. Turks buy from Turks. They go to Turkish supermarkets and butchers and green grocers. Moroccans buy from Turks, but Turks only buy from Turks. You can observe how the Turkish shops started off as small corner shops and turned into full-blown supermarkets and then into chain stores.

For a long time, they have been put in the same category. Turkeys were not pleased by this conflation, they always insisted that they are not the same. You can tell a Moroccan by the way he or she dresses, especially in the first generation. Even though most Turks who came to Holland were are also of rural origin, they looked down at the Moroccans as uncouth. And even today, the general assumption is that you cannot trust Moroccans, you can’t do business with Moroccans, because they are not trustworthy. You also have to take into consideration that many Turks have this traditional anti-Arab bias. …. You will find hardly any cases of intermarriage. … But on the other level, there is a sense of solidarity. Moroccans will always use a few Turkish words and say abi or kardes (elder brother, or brother), they will say Salam-u aleykum, so there is also one level of a natural coalition (AA – IOT)." (Ahmet Azvural, du Conseil consultatif des Turcs des Pays-Bas, p. 20)

"The general idea was, I think, that Moroccans were considered dirty. As a child, our parents told us not to play with Moroccans. … What I found most striking is that in the Netherlands, you will find quite a number of Alevis and Sunnis intermarrying. Given that people here are more religious and conservative than in Turkey, this is rather impressive. Turks and Kurds intermarry also rather freely. But at least in my family and among my friends, I have never heard about a Turkish – Moroccan marriage. There are probably more Dutch-Turkish marriages (UU)." (Ugur Ungor, historien, p. 20-21)

"But they have a serious problem with their youth, because the social control mechanisms do not work. With the Turks, family control curbs the greatest excesses, there is more social control, there is also more economic solidarity. But with the Moroccans, the families have become dysfunctional. They let their young ones out on the streets, and there is a lot of violence and crime. That is probably the worst thing, which is happening to the Moroccans (CB – DV)." (Cevdet Bey, de la Diyanet, le département des Affaires religieuses de Turquie, p. 21)

"By all means, Moroccan society is very different … Above all, the profile of imams is very different. They lack any modern theological training. They have studied in old fashioned medreses, which have very ossified conceptions of the world. Khalil el-Moumni, the Moroccan imam who spoke so aggressively against gays, is a typical case of someone who studied in this type of medrese. His arguments and suggestions for punishment –to throw down gay people from the highest building in Amsterdam- have no grounds whatsoever in Islamic jurisprudence. But with his educational background, this is what happens.

Generally, the Moroccan imams have no sound religious education and unlike the Diyanet imams, they are not state employees. Often, they will have learnt the Qur’an by heart and maybe a bit of Arabic on top of their Berber language –especially if they have been educated here- and that’s enough to impress the congregation. This is probably why many of the Moroccans support education in the Netherlands. And this is why there are serious problems with the imams. There is quite a strong Arab Salafi influence among them (CD – DV)." (idem, p. 22)

"And this lack of community is a good breeding ground for radicalisation. There is no organised attempt to contain radical youth. Salafism is a serious issue among Moroccan youth. Among Turks, it is more or less non-existent.

But even more important than radicalisation is the problem of high crime rates. They are very high among Moroccan young men. This has to stop. But it won’t, because there is no organisation to take care of them, and the state has failed to deal with them. This is far from ideal (AD – MG)." (Ahmet Duran, du Milli Görüş, l'association islamique fondée par feu Necmettin Erbakan, p. 17)

Source : http://www.keremoktem.com/papers/REPORT-NL-WEB.pdf

Voir également : Aux Pays-Bas comme en Allemagne et ailleurs, les immigrés turcs ont un taux de criminalité significativement inférieur à celui des immigrés marocains

Etrange "déballage" de commentaires favorables aux immigrés turcs sur un article concernant l'immigration en Belgique

Les immigrés turcs : une criminalité faible

mercredi 28 septembre 2011

La Turquie aide Israël à lutter contre l'immigration clandestine africaine

La Turquie aide Israël à déjouer l'arrivée de clandestins africains
par Laure Onno - Mercredi 28 septembre 2011 à 15:18

Les autorités israéliennes coopèrent avec la Turquie pour contrecarrer l'arrivée de 97 immigrés clandestins de la Côte d'Ivoire.



L’Autorité turque responsable de la population et de l’immigration a déclaré ce mardi 27 septembre que ses officiers ont pu arrêter 97 résidents de la Côte d'Ivoire qui arrivaient illégalement en Israël sous l'apparence de pèlerins.

Au cours de la décennie passée, la Côte d'Ivoire a connu une histoire très mouvementée. En novembre dernier elle a été le foyer d’une montée de violence sans précédent lorsque le Président Laurent Gbagbo a refusé de céder sa place au gagnant des élections Alassane Ouattara. Suite à cela des milliers de personnes ont été tuées, tandis que d’autres ont été déplacées. M. Gbagbo ayant été arrêté en avril 2011, les échauffourées auraient dû prendre fin mais les tensions entre les deux parties sont toujours bien présentes.
Ainsi, ce mardi 27 septembre, 97 Ivoiriens ont décidé de prendre un avion de la Turquie vers Israël. Très vite les autorités d’Ankara ont été mises au courant et ont informé Israël sur ce qui se tramait. L’Autorité turque responsable de la population et de l’immigration a donc déjoué le plan de ces clandestins avant de les renvoyer dans leur pays.

«L’échange d’informations et la coopération avec la Turquie ont permis d’éviter une situation très délicate », a déclaré Amnon Shmueli, qui est à la tête de l’Autorité responsable de la population et de l’immigration à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv.
Compte tenu des désaccords diplomatiques qui s’accentuent entre les deux nations, la coopération entre les autorités israéliennes et turques est inhabituelle.

Le président des Etats Unis Barack Obama recommande vivement à M. Erdogan de résoudre la crise avec Israël, mais ce-dernier reste assez suspicieux à l’égard de l’Etat juif.

En effet, dans une interview qui a été publié ce mardi 27 septembre, le Premier ministre turc le Recep Tayyip Erdogan a établi une comparaison entre le gouvernement du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et le régime du Président iranien Mahmoud Ahmadinejad :

« On pourrait se demander pourquoi aucune sanction n'a été imposée à Israël. Quand c'est l'Iran en question, vous imposez des sanctions. De la même façon avec le Soudan. Alors, que se passe-t-il avec Israël ? ».
Source : http://www.guysen.com/article_La-Turquie-aide-Israel-a-dejouer-l-arrivee-de-clandestins-africains_16423.html

samedi 17 septembre 2011

Le soutien de la Turquie d'Adnan Menderes et Celal Bayar (Demokrat Parti) à la France pendant la guerre d'Algérie

Gehad el-Zein, "Le régime laïc turc et sa géopolitique "islamique"", in La Turquie entre trois mondes : actes du colloque international de Montpellier, 5, 6 et 7 octobre 1995 (ouv. col.), Paris, L'Harmattan, 1998, p. 137 :

"Les tendances à la réconciliation avec l'Orient musulman, chez l'élite dirigeante du parti démocrate, n'étaient pas invisibles intérieurement et extérieurement, mais c'étaient des tendances de l'intérieur du consensus historique né en 1923 sur base du choix de modernisation par la République. Le leadership de Bayar-Menderes a essayé de faire le premier grand pas vers ce "retour" au moment international qu'il a cru convenable, en mettant son projet islamique de politique extérieure dans le sillage des courants internationaux soulevés par la compétition américano-soviétique, conformément à la vision des Etats-Unis en matière de sécurité et de stratégie.

En revoyant cette période, on ne peut manquer de se demander pourquoi Adnan Menderes n'a pas compris l'énormité de l'impact négatif de quelques positions diplomatiques turques impliquées par le projet du Pacte de Bagdad tel, par exemple, que le soutien de la France en Algérie, sur l'image de la Turquie dans le monde islamique ; ou encore par le fait d'offrir une carte en or au président Nasser dans sa confrontation avec l'alliance turco-irakienne."

İsmail Soysal, "Les relations politiques turco-françaises (1921-1985)", in Jean-Louis Bacqué-Grammont et Hâmit Batu (dir.), L'Empire Ottoman, la République de Turquie et la France, Istanbul, IFEA, 1986, p. 654-655 :

"Les intérêts essentiels des deux pays [la France et la Turquie] se confondaient et la Turquie avait besoin de la contribution de la France pour son propre redressement économique. D'autre part le même droit à l'auto-détermination réclamé par les Algériens l'était aussi par la Grèce, en faveur des Chypriotes. Or, le gouvernement turc considérait cette dernière demande comme un prétexte pour l'annexion de l'île par la Grèce (Enosis). En fait, si les Français se trouvaient en minorité en Algérie, les Turcs l'étaient aussi à Chypre. Par conséquent, de même que la France considérait que l'affaire d'Algérie était une question interne, le gouvernement turc était enclin à voir dans le problème de Chypre, du moins au début, une question relevant uniquement de la Grande-Bretagne et chercha à étouffer l'affaire. En d'autres termes, il importait d'éviter une contradiction à propos des solutions qui devaient être trouvées dans les deux cas. C'est la raison pour laquelle, pendant des années la France s'opposera également au principe de l'autodétermination dans la question de Chypre alors que la Grèce, autre membre de l'OTAN, plaidera dans le sens opposé, tant pour l'affaire d'Algérie que celle de Chypre. En 1955, à l'Assemblée Générale des Nations Unies, la Turquie s'aligna sur le point de vue français : l'affaire algérienne était une question interne et elle vota donc contre son inscription à l'ordre du jour. En 1958 et en 1959, elle changea quelque peu son attitude, car elle cherchait alors à se rapprocher du groupe afro-asiatique. Elle admit à ce moment le principe de l'autodétermination, mais n'alla pas jusqu'à adhérer à la proposition visant à faire reconnaître l'indépendance de l'Algérie et s'abstint de voter dans ce sens. La mise au point turque déclarait : « Pour résoudre ce problème, le meilleur moyen est non pas d'envenimer les choses, ce qui ne pourrait que déboucher sur une impasse, mais de s'employer à promouvoir entre les parties des négociations afin de parvenir à un compromis. La Turquie, à titre d'alliée de la France, fait tout son possible dans ce domaine »."

Didier Billion, La politique extérieure de la Turquie : une longue quête d'identité, Paris, L'Harmattan, 1997, p. 90 :

"Les relations de la Turquie avec le Maghreb, bien que jouissant d'un fonds culturel partiellement commun, avaient été largement détériorées durant les années cinquante à cause des positions turques, résolument pro-françaises, au début de la guerre d'Algérie."

Voir également : L'amitié franco-turque

La turcophilie de Charles de Gaulle

Charles de Gaulle était président de la République française au moment de l'accord d'association entre la CEE et la Turquie (1963), qu'il a signé par l'intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères Maurice Couve de Murville :

"Je n’oubliais pas que l’Europe va de Gibraltar à l’Oural et, quelle que fût mon opinion sur le compte de certains régimes, j’avais été Moscou comme à Londres ou à Bruxelles et j’avais établi des relations avec Madrid aussi bien qu’avec Ankara. Suivant moi, ferait partie de l’Europe unie quiconque le voudrait sincèrement." (conférence de presse, 12 novembre 1953)

"Si le Kremlin persistait dans son entreprise de domination, ce serait contre le gré des nations soumises à son gouvernement. Or il n'est point, à la longue, de régime qui puisse tenir contre les volontés nationales. J'estimais, en outre, qu'une action menées à temps aauprès des maîtres du Kremlin par les alliés occidentaux, à condition qu'elle fût concertée et catégorique, sauvegarderait l'indépendance des Polonais, des Tchèques, des Hongrois et des Balkaniques. Après quoi, l'unité de l'Europe pourrait être mise en chantier sous forme d'une association organisée de ses peuples, depuis l'Islande jusqu'à Stamboul et de Gibraltar à l'Oural.

Tel était le plan que je m'étais formé, sachant fort bien qu'en pareille matière rien ne s'accomplit jamais exactement comme on l'a voulu, mesurant ce qui manquait à ma politique de crédit au dehors et de soutien au dedans en raison de notre affaiblissement, mais convaincu néanmoins que la France pouvait dans ce sens exercer une grande action, prendre une grande figure, servir grandement son intérêt et celui du genre humain." (Mémoires de guerre : Le salut, 1944-1946, Paris, Plon, 1959, p. 47-48)

"En Europe notamment, dont la Turquie s’incorpore une des capitales historiques, en Europe, qu’elle joint à l’Asie par dessus des détroits essentiels (...), l’intérêt de nos deux Républiques n’est-il pas de conjuguer leurs efforts pour qu’au lieu de l’opposition stérile de deux camps s’établissent la détente, l’entente et la coopération entre tous les peuples de notre continent ?" (discours à l'occasion de la visite du président turc Cevdet Sunay, 27 juin 1967)

"Les situations respectives de la Turquie et de la France leur offrent les meilleures raisons de rapprocher leur politique. Voici la Turquie, maîtresse des Détroits, entre l'Europe et l'Asie antérieure. Etendue tout au long du vaste plateau d'Anatolie, au contact de trois continents, gardienne de plusieurs des portes, par où, dans cette région de la terre, passe la paix, où peut passer la guerre. Et par conséquent, détentrice de grandes et de fécondes possibilités, mais aussi exposée aux pires éventualités. Voici la France, ouverte à la fois sur l'Atlantique, les mers du Nord et la Méditerranée. Centre d'un Occident que forme, avec elle, les pays du Rhin et du Danube, les îles britanniques, les péninsules italiennes et ibériques, à portée de tout ce qui va, vient, navigue, vole, entre l'ancien et le nouveau monde. Et pour toutes ces raisons, sollicitée de perdre, sous des pressions du dehors, sa personnalité nationale. La Turquie et la France, ainsi investies par la nature et par l'histoire de tant de responsabilités extérieures, quant au destin de tant d'hommes, les voici résolues à les porter elles-mêmes, ces responsabilités-là. Autrement dit, à maintenir leur intégrité et leur indépendance. A ne laisser personne disposer de leur sol, de leur ciel, de leurs côtes, de leurs forces, et à pratiquer avec tous autres Etats, tous rapports qui leur sont utiles. A peser de leur propre poids, à agir pour leur propre compte dans les événements et dans les règlements qui les concernent l'une et l'autre. Sans doute, du fait des conditions géographiques, stratégiques, économiques différentes, dans lesquelles elles sont placées, peuvent-elles donner des formes diverses à leurs alliances. Mais elles n'en demeurent pas moins, l'une et l'autre, par-dessus tout, résolues à maintenir leur indépendance. Et je le répète, à pratiquer les rapports qu'elles jugent bons avec tous autres Etats. N'y a-t-il pas là tout ce qu'il faut pour que vous, les Turcs, comme nous les Français, jugions que le système des blocs sous lequel nous avons vécu depuis la dernière guerre mondiale, des blocs formés autour de deux hégémonies, système qui divise actuellement l'Europe et qui s'étend sur l'Orient, doit faire place à la détente, à l'entente et à la coopération internationale ? Tout ce qu'il faut est là pour que nos deux pays accordent leurs politiques, comme en d'autres temps, vos sultans et nos souverains les ont accordées. Par exemple, Süleyman et François Ier, Selim et Napoléon, Abdul-Aziz et Napoléon III. Et comme d'instinct, votre république et la nôtre ont senti qu'il fallait le faire lorsque le gouvernement de Paris, le premier de tout l'Occident, reconnut le gouvernement d'Ankara après les terribles secousses d'où sortait la Turquie nouvelle." (discours à Ankara, 26 octobre 1968)

Voir également : Selon l'accord d'Ankara de 1963 signé par de Gaulle, les immigrés turcs ne sont pas concernés par l'intégration obligatoire, au même titre que les immigrés européens

L'amitié franco-turque

Selon l'accord d'Ankara de 1963 signé par de Gaulle, les immigrés turcs ne sont pas concernés par l'intégration obligatoire, au même titre que les immigrés européens

Pays-Bas
Immigration : l’intégration n’est “pas obligatoire”

17 août 2011

"Selon le juge, les Turcs ne sont pas obligés de s’intégrer" dans la société néerlandaise, rapporte Trouw à la une. Le mardi 16 août, la Haute Cour Administrative d’Utrecht (l'instance judiciaire administrative suprême aux Pays-Bas) a jugé que "la politique d’intégration des Pays-Bas va à l’encontre d’une convention de l’Union Européenne". Le journal explique que depuis 2007, la Loi sur l'Intégration oblige tous les immigrés à suivre une formation (payante) sur la langue et les coutumes néerlandaises et à passer par la suite un examen. Certains Turcs ne réussissant pas cet examen devaient payer une amende, ou bien on leur refusait le permis de séjour.

Or selon le juge, la Convention d’Ankara, établie entre l’UE et la Turquie en 1963, prescrit que les Turcs – au même titre que les autres ressortissants de l’UE  – ne doivent pas être "entravés" par ce genre d’obligations s’ils veulent travailler ou habiter sur le territoire de l’Union. Selon le journal, afin de contourner la décision de la Haute cour, le ministre des Affaires étrangères a annoncé qu'il envisage d’imposer une "scolarité obligatoire indépendante de l’âge", qui obligerait tous les citoyens à avoir un niveau d’étude minimum et à toutes les personnes domiciliées aux Pays-Bas à connaître le néerlandais.
Source : http://www.presseurop.eu/fr/content/news-brief-cover/864761-immigration-l-integration-n-est-pas-obligatoire

dimanche 11 septembre 2011

Mulhouse : des affrontements opposant des Tchétchènes à des Maghrébins (et non des Turcs)

Dix blessés dans des violences intercommunautaires à Mulhouse

publié le 11/09/2011 à 10:12, mis à jour à 10:12

De violentes échauffourées opposant un groupe de Tchétchènes à des jeunes d'origine maghrébine ont fait dix blessés samedi soir à Mulhouse (Haut-Rhin), dont sept parmi les forces de l'ordre, a-t-on appris dimanche auprès de la police.
Les affrontements ont mis aux prises environ 150 personnes et se sont poursuivis durant quatre heures, dans le quartier populaire de Bourtzwiller.

Ils ont nécessité l'intervention d'une centaine de policiers aidés de chiens qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes et de flash-balls aux jets de cocktail Molotov, de pierres et aux tirs d'armes à feu.

Cinq véhicules de police ont été dégradés et deux voitures appartenant à des particuliers ont été brûlées. La police a procédé à deux interpellations.

"Nous avons interpellé un individu qui était porteur d'un fusil à canon scié et qui avait tiré en direction d'un groupe de Maghrébins", a déclaré à Reuters le commissaire central de Colmar, Cédric Richardet.

Les violences ont débuté peu avant 18h00 dans le quartier de Bourtzwiller où une cinquantaine de Tchétchènes seraient venus solder les comptes d'une querelle qui avait éclaté la veille avec des habitants du quartier.

Les affrontements se sont poursuivis jusqu'à 22h00 entre des habitants, deux fois plus nombreux que leurs assaillants, et les Tchétchènes qui se sont réfugiés dans la mosquée du quartier.

Les forces de l'ordre, qui s'étaient interposées, ont dû extraire ces derniers pour ramener le calme.

Parmi les blessés, seul l'un des protagonistes, blessé par arme blanche, était encore hospitalisé dimanche matin.

Une enquête est en cours.

Gilbert Reilhac, édité par Bertrand Boucey
Source : http://www.lexpress.fr/actualites/2/actualite/dix-blesses-dans-des-violences-intercommunautaires-a-mulhouse_1028903.html

Mulhouse : affrontements armés à la sortie d'un mariage

Publié le 10.09.2011, 22h56 | Mise à jour : 11.09.2011, 10h27

De violents affrontements ont éclaté entre deux bandes rivales à Mulhouse (Haut-Rhin), samedi, dans le quartier de Bourtzwiller. Selon le quotidien régional Les Dernières Nouvelles d'Alsace, la rixe a opposé un groupe de personnes d'origine tchétchène et des jeunes de la communauté maghrébine, à la sortie d'un mariage à la mosquée Koba.

«Tout ça est très imprécis, on ne connaît pas trop l'origine des tensions, mais c'est apparemment un conflit communautaire», déclarait samedi le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP), Alain Martinez. Ce dernier expliquait qu'une «quarantaine de personnes, qui se disent Tchétchènes, sont venues régler des comptes après un mariage qui se serait mal passé vendredi».

Pris au piège dans la mosquée

Après les premiers affrontements, vers 17h30, deux hommes de 18 et 20 ans, un de chaque côté, ont été légèrement blessés à l'arme blanche et pris en charge par les pompiers. Les forces de l'ordre ont alors interpellé un homme en possession d'un fusil. Le groupe de Tchétchènes, réfugié dans la mosquée, se serait retrouvé encerclé par une centaine de jeunes du quartier. Il aurait fallu l'intervention des forces de l'ordre pour les évacuer : en tout, 40 policiers de Mulhouse et plusieurs dizaines venus de Strasbourg, ainsi que vingt gendarmes, ont été mobilisés.

Les personnes prises au piège dans la mosquée et les policiers qui les encadraient ont ensuite essuyé une pluie de projectiles et ont été visés par des cocktails molotov, selon Julien Le Goff, directeur du cabinet du préfet. Quatre membres des forces de l'ordre ont été légèrement touchés et plusieurs de leurs voitures ont été dégradées.

L'opération de police s'est poursuivie jusque dans la soirée de samedi, en présence du maire de Mulhouse, Jean Rottner, et sous les yeux de très nombreux habitants du quartier. Selon les DNA, un hélicoptère de la gendarmerie survolait le quartier. Le calme a été rétabli dans la nuit. Les forces de l'ordre auraient procédé à quatre arrestations.

LeParisien.fr avec l'AFP
Source : http://www.leparisien.fr/strasbourg-67000/mulhouse-affrontements-armes-a-la-sortie-d-un-mariage-10-09-2011-1601804.php

Mulhouse / Affrontements entre bandes rivales
Scènes de guérilla à Bourtzwiller

À Brossolette, dans le quartier de Bourtzwiller à Mulhouse, la soirée d’hier a été particulièrement violente avec des scènes de guérilla entre bandes rivales. L’intervention des forces de police et de gendarmerie, pour déloger un groupe de Tchétchènes, s’est déroulée au milieu de la population. Il y a sept blessés.

D’après les premiers éléments recueillis, l’affaire a démarré vendredi soir, à la sortie d’un mariage qui venait de se dérouler à la mosquée Koba rue Pierre- Brossolette. Un différend serait né entre un groupe de personnes d’origine tchétchène et un groupe de jeunes de la communauté maghrébine.
Le groupe de Tchétchènes est venu se réfugier dans la cour de la mosquée

C’est hier soir que les choses ont dégénéré entre les deux groupes. La présence d’armes du côté tchétchène a d’autant plus motivé l’intervention d’importantes forces de police et de gendarmerie pour mettre fin à l’affrontement. 40 policiers de Mulhouse et plusieurs dizaines venus de Strasbourg ainsi que vingt gendarmes ont été mobilisés.

Les sapeurs-pompiers sont intervenus pour prendre en charge deux jeunes hommes de 18 et 20 ans, blessés par arme blanche. Ils les ont conduits au centre hospitalier.

La rue Pierre-Brossolette a été le théâtre d’une grande confusion. A un moment, le groupe de Tchétchènes est venu se réfugier dans la cour de la mosquée. Les forces de l’ordre sont intervenues pour les déloger, mais ils sont parvenus à s’enfuir. Une course poursuite s’est alors engagée dont l’issue n’était pas connue à l’heure où nous imprimons. Des coups de feu ont été tirés, les gaz lacrymogènes ont été lancés.

Ce qui est certain en revanche, c’est que les forces de l’ordre ont été la cible de jets de pierres de la part de jeunes du quartier. Quatre policiers et un gendarme ont ainsi été blessés par les éclats de verre consécutifs aux jets des projectiles. Hier à 22 h 45, au moins une personne porteuse d’un fusil avait été arrêtée par la police. Mais l’on parlait de quatre arrestations au total, certaines étant en cours.

Durant toute la soirée, un hélicoptère de la gendarmerie a survolé le secteur de Mulhouse. Les services de police et de gendarmerie ont été mobilisés toute la nuit. Le maire de Mulhouse, Jean Rottner, était sur les lieux une grande partie de la soirée.

On notera que ces événements particulièrement violents se sont déroulés en présence de très nombreux habitants du quartier. Le calme est revenu dans la nuit, un escadron de gendarmes mobiles ayant pris position.

Pierre-Marie Gallais
Source : http://www.dna.fr/fr/a-la-une-web/info/5673087-Mulhouse-Affrontements-entre-bandes-rivales-Scenes-de-guerilla-a-Bourtzwiller

La mosquée Koba en question (voir la photo de l'inauguration) : http://sitemap.dna.fr/articles/200606/30/un-lieu-integration-positive,mulhouse,000016730.php

Rien à voir avec les Turcs, donc.

dimanche 28 août 2011

Aux Pays-Bas comme en Allemagne et ailleurs, les immigrés turcs ont un taux de criminalité significativement inférieur à celui des immigrés marocains

Jaco Dagevos et Mérove Gijsberts, rapport sur l'intégration pour le Bureau de planification sociale et culturelle des Pays-Bas (2007) :

"The crime rates among young Antilleans and Moroccans in particular are alarming and the repeat offence rate is also very high. (...)

Turks: does the inward focus of the Turkish group hamper their integration?
The Turkish community in the Netherlands is strongly focused on itself, holds traditional views and maintains few contacts with the indigenous population. There are indications that this relatively closed nature of this population group impedes their integration in Dutch society. To a greater extent than Moroccans, Turkish immigrants have difficulty in mastering the Dutch language, and Dutch is little used within Turkish households, either between partners or with children. This in turn has an impact on the school achievement of the children; Turkish children in year 2 of primary school have the biggest language disadvantage compared with the other ethnic groups, and this remains the case in year 8. The high percentage of Turkish secondary school pupils having to repeat years, and the low pass rates, are also striking; the proportion of 20-34 year-old Turks with an initial qualification is now lower than in the Moroccan community. This is not yet impacting on their position on the labour market, which is still slightly better than that of Moroccans and Antilleans. Nonetheless, the weak position of Turks in primary and secondary education, in particular, is a cause for concern, and is something that is likely at a certain point to have an impact on their employment position. On the other hand, it may be assumed that there is a – positive – correlation between the inwardly directed social focus of the Turkish group and the relatively low crime rate among Turkish youth. In addition, the Turkish community produces a large number of entrepreneurs." (p. 2)

Source : http://ec.europa.eu/ewsi/UDRW/images/items/docl_4145_420978482.pdf

"Factbook" : "The position of Muslims in the Netherlands" (2008), publié par l'Institut pour le Développement Multiculturel (FORUM) des Pays-Bas : 

"Statistics indicate that non-Western ethnic minorities are more often involved with crime.
This has a negative influence on their image with Dutch natives.
Figures show that:
• Antilleans and Arubans are most likely to commit felonies, especially involving drugs and violent thefts and assaults. Important contributing factors are the illicit drugs trade from South America and the Dutch Antilles to the Netherlands and the increased policing by the Dutch authorities.
Moroccans show the second highest crime rates. Violent and non-violent thefts, verbal abuse, vandalism and disturbance of the peace are the most common charges. They are less likely to commit sexual offences.
Of the largest non-Western communities, Surinamese and Turks are least likely to commit crimes. Their crimes tend to be traffic or firearms related and, in the case of the Surinamese, drugs related." (p. 28)

Source : http://www.forum.nl/pdf/factbook-islam-en.pdf

Michael Tonry, document : "Ethnicity, crime, and immigration", publié sur le site de l'Ecole de droit de l'Université Yale (2010) :

"Similarly, Moroccans and Turks came to the Netherlands as guest workers in the 1950s and 1960s. Many stayed and were later joined by family members after the doors closed to new labor migrants in the early 1970s. By the 1990s, both groups were comparably disadvantaged economically and socially compared with the majority population, but crime and incarceration rates for Turks were not much higher than those of the Dutch, while those for Moroccans were much higher." (p. 2)

"In the Netherlands, Turks and Moroccans first arrived in large numbers as guest workers in the 1950s and 1960s; although labor migrant entry ceased in the early 1970s, the two groups have increased both naturally and as a result of family reunification policies under the immigration laws. In the 1990s both groups are comparably less welloff economically, educationally, and vocationally than the Dutch. Yet the Turks have crime and imprisonment rates much like those for the Dutch while Moroccans have rates that are far higher." (p. 14)

"The traditional model insufficiently takes account of cultural differences between groups that differentially affect their adaptation the model would predict that Moroccans and Turks should have similar experiences in the Netherlands, both being economically and socially disadvantaged migrant groups who arrived as self-selected guest workers between 1950 and 1973, augmented by natural increase and by family unification policies; yet Turks have markedly lower self-reported and official crime rates than Moroccans (Junger-Tas, in this volume), and similar contrasts distinguish the two guest-worker groups in other countries (e.g., in Germany: Albrecht, in this volume). The essays in this volume on Sweden (Martens) and Germany (Albrecht) document other stark contrasts between the experiences of different nationality groups. Some of the contrasts may reflect age or class composition differences between groups, or the influence of the behavior of transients (illegals and tourists), but those considerations cannot explain all of the differences." (p. 23)

Source : http://www.law.yale.edu/documents/pdf/Clinics/Tonry_EthnicityCrimeandImmigration.pdf

Sur le même sujet : Les immigrés turcs : une criminalité faible

dimanche 21 août 2011

Bordeaux : une violente bagarre mettant aux prises des Kurdes et non des Turcs

06h00 | Mis à jour 07h55

Violente bagarre à Bordeaux : cinq suspects toujours en garde à vue


Après la bagarre survenue vendredi quai des Salinières, cinq personnes sont toujours entendues.

Hier, quai des Salinières, le bistrot où avait éclaté, vendredi, une violente rixe faisant six blessés dont deux au couteau, était fermé. « Le patron a été hospitalisé », souffle un voisin.


Le pugilat s'est déroulé en fin d'après-midi, non loin de la Porte de Bourgogne. Trois personnes ont été interpellées dans un premier temps. Puis deux autres ont été arrêtées en voiture quelques minutes plus tard, munies de barres de fer et de couteaux. Toutes les cinq étaient toujours entendues, hier soir, par les policiers de la Crim', qui interviennent dans le cadre d'une enquête de flagrance. Les cinq gardes à vue ont été prolongées jusqu'à 48 heures.

Six blessés hospitalisés

Au sein de la communauté kurde à laquelle appartiennent vraisemblablement les protagonistes, on affiche plutôt sa consternation, et certains redoutent l'impact d'une telle scène de violence. À quelques mètres, sur une terrasse, quelques membres de la communauté devisent : « On les connaît. Mais on ne comprend pas ce qui s'est passé. Ils sont amis et viennent du même village en Turquie. Ce sont des ânes. Ils donnent une mauvaise image des Kurdes à Bordeaux », déplorait un homme.

Il faut dire que la rixe qui pourrait avoir été déclenchée en fait la veille, jeudi soir, lorsqu'un jeune homme a été molesté dans le bar, n'est pas passée inaperçue. Elle avait tout du règlement de compte, même si l'enquête est loin d'avoir livré toutes ses conclusions.

Les six blessés étaient toujours hospitalisés hier soir. Leurs jours ne seraient pas en danger.
Source : http://www.sudouest.fr/2011/08/21/cinq-suspects-toujours-en-garde-a-vue-479168-2780.php

Samedi 20 août 2011 à 06h00 | Mis à jour le 20 août 2011 à 16h36
Par Jean-Pierre Tamisier

Violente bagarre sur les quais à Bordeaux : six personnes blessées

Six personnes ont été blessées, dont deux au couteau, et trois interpellées à l'issue d'une violente rixe quai des Salinières, hier en fin d'après-midi.


La chaleur était pesante et beaucoup espéraient s'acheminer tranquillement vers une soirée paisible lorsqu'une violente bagarre a éclaté au tout début du quai des Salinières, face au n° 1 bis, dans un bar qui ne porte pas de nom.

La rixe a fait forte impression, par la violence qui s'est exprimée entre les protagonistes et par la densité de foule qui s'est massée en un rien de temps aux alentours. « Il y avait au moins quarante ou cinquante personnes, mais tout le monde ne participait pas », commente Salah, un voisin.

Habitué du secteur, il a été, comme beaucoup d'autres, surpris et choqué par ce qui s'est déroulé sous ses yeux. « Au début, il y a eu une discussion entre trois ou quatre personnes. Elles sont rentrées dans le bar. Et la bagarre a commencé. »

Après l'intervention de police secours, qui a conduit à l'arrivée rapide de nombreux véhicules, sirènes hurlantes, afin de ramener le calme, l'enquête a été confiée à la brigade criminelle de la Sûreté départementale.

Un premier acte jeudi soir

Cette enquête devrait permettre de comprendre ce qui a conduit à ce moment de violence, à l'interpellation de trois personnes et à l'évacuation de cinq autres à l'hôpital. Deux ont été blessées au thorax par un coup de couteau. Les autres, dont la gérante de l'établissement, souffrent principalement d'hématomes, dus notamment à des coups de barre de fer.

Selon les premiers éléments recueillis, il semble que l'antagonisme ait opposé des Kurdes de nationalité turque.

Tout aurait débuté avant-hier soir avec une première bagarre où un jeune homme aurait été molesté dans le bar. Il serait revenu en compagnie de deux de ses frères hier après-midi pour demander des comptes.

C'est là qu'une nouvelle bagarre a éclaté. Avec, cette fois, couteaux et barre de fer. « Je ne sais pas pourquoi il y a eu cette histoire, explique Mustapha, un passant. Peut-être une rivalité commerciale. »

Un secteur plutôt calme

Des consommateurs attablés en terrasse d'un établissement un peu plus loin, commentaient eux aussi l'événement. « Le pire, assurait l'un d'entre eux, c'est que ça s'est passé entre des gens qui se connaissent et sont amis. »

Pour Fabien Robert, maire-adjoint de la Ville de Bordeaux en charge du quartier Saint-Michel - Nansouty - Saint-Genès, le fait est surprenant. « C'est un secteur très calme. Beaucoup de personnes de nationalité turque habitent ici. Il n'y a pas de problèmes particuliers. Au contraire, les commerçants sont très présents dans la vie du quartier et s'investissent pour les animations. » Il appartient maintenant à l'enquête d'éclaircir les raisons de cette bagarre.
Source : http://www.sudouest.fr/2011/08/20/bagarre-quai-des-salinieres-478740-2780.php

Voir également : Bordeaux : des trafiquants de drogue kurdes et non turcs

samedi 13 août 2011

Le maire de Londres Boris Johnson (d'origine turque) approuve les groupes d'auto-défense turcs

Publié le 12 août 2011 à 07h29 | Mis à jour le 12 août 2011 à 07h29

G.-B.: des citoyens à la chasse aux émeutiers

Vincent Larouche, envoyé spécial
La Presse

(LONDRES) Ils ont surgi pendant les émeutes, alors que la police avait perdu le contrôle de Londres: des groupes de citoyens armés, qui protégeaient leur quartier contre les pillards. Mais maintenant que l'ordre est revenu dans la capitale, la police craint que certains justiciers improvisés ne dépassent les bornes.

«Dans ce quartier, il y a surtout des familles turques et kurdes. Et dans notre pays, si quelqu'un enfonce notre porte de façon aussi sauvage, nous lui faisons face. Jusqu'à la mort!», insiste Mehmet Gumus.

Le barbier du quartier de Dalston et ses amis commerçants sont devenus des héros locaux. La télévision turque est venue les interviewer. Une journée «remerciez un Turc» a même été organisée sur Facebook.

Dans les pâtés de maisons voisins, tout le monde en parle. «Vous voulez voir les Turcs qui ont chassé les émeutiers? C'est deux rues par là!», lance un boucher derrière son comptoir.

Lorsqu'une bande de pillards s'est approchée de la rue Kingsland High, lundi, les commerçants turcs se sont mobilisés.

«Nos gens étaient 50 ou 60, avec des couteaux à kebab et tout. Les jeunes qui sont arrivés nous ont proposé de piller seulement les commerces des autres communautés, mais nous avons dit non, et nous les avons forcés à s'enfuir en courant», raconte Mehmet Gumus avec émotion.

Il sort sur le trottoir et fait de grands gestes pour recréer les mouvements de foule dans la rue.

«Quatre d'entre eux sont revenus le lendemain, comme des chacals. Nos gars sont sortis des commerces et leur ont donné une bonne raclée dans la ruelle. Le message, c'était qu'ils ne doivent pas venir ici», explique-t-il.


Communauté sikhe

Autre groupe devenu instantanément populaire dans les médias: les quelque 700 sikhs qui ont protégé le quartier de Southall, dans l'ouest de la ville. Aucun pillage n'a été constaté dans leur voisinage.

Des photos ont circulé où les justiciers enturbannés posent fièrement avec des bâtons et des kirpans longs de plus de 1 m.

«Les agents de la police antiémeute sont venus nous voir. Ils nous ont dit de mettre de côté les bâtons de hockey et les kirpans, de prendre seulement des bâtons courts et de garder la situation en main», relate Shinda Singh, qui faisait partie du groupe.

Campé devant son temple, il jette un regard à la foule de femmes, d'hommes, d'enfants, d'adolescents et de vieillards qui passent un moment à prier ensemble, en plein après-midi de semaine.

«Je suis fier de ma communauté. C'est un exemple pour toutes les communautés. Les gens devraient être ensemble», dit-il.

Les groupes de défense turcs et sikhs ont reçu l'aval du maire de Londres, Boris Johnson.

«Les gens qui ont à coeur l'intérêt de la communauté et qui veulent s'occuper les uns des autres, bien sûr que je les veux dans la rue», a-t-il déclaré.


La police avait d'ailleurs dit aux citoyens qu'ils avaient le droit d'utiliser une «force raisonnable» pour repousser les agresseurs.

Extrême droite

Mais d'autres groupes inquiètent les autorités. Par exemple l'English Defense League (EDL), regroupement d'extrême droite qui dit avoir organisé des patrouilles citoyennes dans cinq villes.

Mercredi soir, dans le quartier londonien d'Enfield, la police a dû disperser un de leurs rassemblements, qui visait pourtant à l'aider dans sa lutte contre les émeutiers.

Selon le quotidien The Independant, des membres du groupe de 200 personnes auraient pourchassé un adolescent de 17 ans en criant: «Attrapez les Noirs et les Pakis!»

Le chef de Scotland Yard, Tim Godwin, a dénoncé l'exploitation des émeutes par l'EDL. «Je m'inquiète du fait qu'ils tentent de détourner cela et de causer plus de tensions dans la communauté. Ce sont des groupes aux motivations politiques, qui ont des intentions cachées.»

Le sous-commissaire adjoint, Steve Kavanagh, a été encore plus dur: «Ce dont je n'ai pas besoin, c'est de ces soi-disant justiciers, qui semblent avoir trop bu et qui empêchent la police de faire son travail, à savoir empêcher les pillages», a-t-il déclaré à la chaîne SkyNews.

Lors d'un entretien téléphonique avec La Presse, le porte-parole de l'EDL, Tommy Robinson, a nié que des gens aient été ciblés pour la couleur de leur peau. «Il y avait des Noirs avec nous qui étaient aussi dégoûtés par ces ordures», dit-il en référence aux émeutiers.

«Les politiciens qui nous critiquent se fichent du fait que ces ordures envahissent nos rues. Nous, nous sommes des gars de la rue et nous avons décidé de les stopper», lance-t-il avec défi.
Source : http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/emeutes-au-royaume-uni/201108/12/01-4425344-g-b-des-citoyens-a-la-chasse-aux-emeutiers.php

Création et popularité d'un groupe de soutien aux braves commerçants turcs de Londres sur Facebook

A call for support for Turkish shopkeepers in London
Font Size: Larger|Smaller
Friday, August 12, 2011
LONDON – From wire dispatches

A new group has been created on Facebook to support Turkish shopkeepers in London who helped protect the neighborhoods during the riots this past week, as the number of people arrested by the London police has reached to 1,051 as of Friday.

The Facebook page, titled “Thank Turk, it’s Saturday,” created by Nick Horne and Mat Akyıldız, said: “Grab a paper from a corner shop, go to a local cafe, get your hair done at a Turkish barber shop, go shopping at Turkish supermarkets and eat Pide and Kebap at restaurants. Come on Dalston, it’s time to pay your debt!” As of Friday afternoon, more than 5,600 people said they would join the event on Saturday.
The Turkish shopkeepers who guarded their shops in districts such as Tottenham and Hackney with sticks in their hands reportedly criticized the lack of police action.

The Metropolitan Police say they have arrested 1,051 people in connection with the violence and looting around London and 591 people have been charged. West Midlands police have made 467 arrests with around 100 charged. The courts have been working through the night to process the cases, and several people have already been convicted and sent to jail.

Also, London police took other measures such as broadcasting the faces of rioters on the streets. A van carrying a six-square-meter display broadcasting more than 50 CCTV images will travel around Birmingham for the next two days, stopping at key central locations to allow residents to get a good look at the suspects’ faces. “This is the first time a van of this type has been used to display multiple images of people wanted by the police,” said Acting Detective Inspector Mark Rushton as he launched the scheme on Thursday.

Man who confronted looters dies

Britain’s riots claimed a fifth life Friday with the death of a man who confronted looters during the worst unrest in decades, as a row erupted between police and politicians over the disturbances.

A huge police presence and heavy rain prevented fresh violence Thursday, but the death of a 68-year-old man attacked by a mob at the height of the violence in London led to police launching a murder investigation. Richard Mannington Bowes was set upon Monday in the affluent London suburb of Ealing, which experienced some of the worst violence during the four nights of rioting, as he attempted to stamp out a fire started by a gang of youths.

He died in hospital late Thursday, the fifth fatality after the deaths of three men in Birmingham who were run over as they defended local businesses, and the fatal shooting of a man in Croydon, south London. Police arrested a 22-year-old man over the murder on Friday.
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/n.php?n=a-call-for-support-for-turkish-shopkeepers-in-london-2011-08-12

vendredi 12 août 2011

Les Turcs : des protecteurs de Londres face à la barbarie

‘Turks protected London’
Font Size: Larger|Smaller
Thursday, August 11, 2011
ANKARA – Hürriyet Daily News

Ongoing riots in London and elsewhere prove that the European Union needs Turkey because of Turks’ role in “protecting” the British capital, EU Minister Egemen Bağış has said. “The latest events in London are really worrying. But Turks have been protecting London, just as Turkey protected Europe during the Cold War,” told Bağış late Wednesday. “Turkey is a symbol of stability and peace thanks to its powerful army and population, which is the youngest and most dynamic in Europe. Turkey has become a source of inspiration to the countries which are experiencing different springs in our east and to those which face economic unrest to our west,” Bağış said.
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/n.php?n=8216turks-protected-london8217-2011-08-11

mercredi 10 août 2011

Boris Johnson, le maire de Londres d'origine turque, remet en cause les coupes budgétaires dans la police

Law and Order
London riots: Boris Johnson calls for police cuts rethink
Boris Johnson today called on the Government to reconsider its plans to reduce police numbers following widespread rioting across the country.


By James Orr

9:52AM BST 10 Aug 2011

The London Mayor claimed ministers should take “another look” at proposals to cut force budgets, and said officers needed to “get on and do what they signed up to do”.

Speaking on Radio 4's Today programme, he described the case for cuts as frail while also condemning the violence seen in London as “a massive own goal”.

He also argued that those in authority needed to have their ability to instill discipline in youngsters restored.

“If you ask me whether I think there is a case for cutting police budgets in the light of these events then my answer would be no,” he said. “I think that case was always been pretty frail and its been substantially weakened.

“If you look at the position in London, obviously we’ve been able to make significant savings, we’ve been able to move money around and expand numbers.

“But if you look at what’s happening in Birmingham and Manchester and elsewhere; very troubling scenes.

“This is not a time to think about making substantial cuts in police numbers.”

Police forces in Britain face an array of reforms including reviews into pay and conditions, the creation of a new National Crime Agency and the introduction of Police and Crime Commissioners - all set against the backdrop of dwindling budgets and job cuts.

The plan for the National Crime Agency, which is expected to be operational by December 2013, has been criticised for its lack of detail, particularly around cost.

But despite the criticism, the Government has shown no sign of altering its plans on police reform.

Police sources say they fear the desire to push ahead with proposals are based on the length the Coalition Government’s parliamentary term rather than what is best for the service

Mr Johnson went on to describe the police as having very “heavy restrictions that surround their conduct”.

He argued that it was perhaps not surprising that “they found the initial outbreak so difficult to deal with” given those restrictions.

The mayor also claimed that those in positions of authority had somehow lost their right to impose discipline.

“Let’s face it, what’s happened in our city and in our country in the last three or four days has been a massive own goal.

“Here in London you had people behaving with a complete lack of restraint and a complete lack of respect for the police. It was chilling.

“The lesson is that over 20, 30 years we’ve got into a situation where we have allowed people an endless sense of entitlement. Give adults and give teachers back the right to impose authority.

“I would like the benefit of the doubt to be in favour of adults and those who are in positions of authority.

“We need to give the police the courage of their convictions and get on and do what they signed up to do.”
Source : http://www.telegraph.co.uk/news/uknews/law-and-order/8692814/London-riots-Boris-Johnson-calls-for-police-cuts-rethink.html

Pour rappel : Partiellement issu de l'immigration turque, le maire de Londres Boris Johnson s'insurge à juste titre contre le parasitisme grec

Londres : les Turcs de Hackney et de Kentish Town protègent courageusement leurs vies et leurs biens face aux casseurs en provenance des Caraïbes et au "White trash"

A la Une > Europe
Des groupes d'autodéfense se constituent dans des quartiers de Londres

LEMONDE.FR avec AFP | 10.08.11 | 08h04   •  Mis à jour le 10.08.11 | 08h29

Londres a connu des nuits d'intenses violences en début de semaine avant qu'un impressionnant dispositif policier ne mette un terme aux émeutes. Près de seize mille policiers étaient déployés dans les points névralgiques de la capitale et de sa banlieue, dans la nuit de mardi 9 à mercredi 10 août. Cela n'a pas suffi à rassurer certains habitants de Londres, qui ont décidé d'arpenter leur quartier en constituant des groupes d'autodéfense.

A Enfield, arrondissement du nord de la capitale, lourdement touché par des troubles les nuits précédentes, quelque deux cents habitants ont marché dans le quartier pour surveiller les rues.

A Southall, dans l'ouest de la ville, des centaines de sikhs, certains portant leur habit traditionnel, se sont rassemblés devant leur gurdwara ("temple"), en raison de rumeurs selon lesquelles il pourrait être pris pour cible par des émeutiers. Ils ont organisé des patrouilles à moto et surveillaient la gare locale pour guetter l'arrivée d'éventuels fauteurs de troubles.

Dans les quartiers de Hackney et de Kentish Town, des commerçants, dont une majorité de Turcs, montaient la garde devant leurs échoppes, nombre d'entre eux arborant des armes de fortune. "Nous sommes là pour aider la police. Ma mère est terrifiée par ce qu'elle a vu à la télévision ces trois derniers jours et nous avons décidé que ça n'allait pas se produire ici", a expliqué au Guardian un jeune homme originaire d'Eltham, dans la banlieue sud-est.

Une des craintes des autorités est de voir des groupes d'extrême droite organiser ce genre d'initiatives. Stephen Lennon, chef du groupuscule English Defense League, a ainsi assuré à Associated Press qu'ils allaient "mettre un terme aux émeutes, car la police ne peut visiblement pas le faire".
Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/08/10/a-londres-des-groupes-d-autodefense-se-constituent-pour-defendre-leurs-quartiers_1557940_3214.html

mardi 9 août 2011

Londres : les propriétaires de magasins turcs se défendent eux-mêmes face aux émeutiers jamaïcains

07 August, 2011 09:51 (GMT +01:00)
Police lose control of streets shop owners form local "protection units"

News Desk 9am Sunday

Shop owners along Wood Green, Turnpike Lane and Green Lanes, the majority of which are of Kurdish or Turkish owned have formed local protection units following riots in Tottenham which have spilled over to Wood Green.

"We do not have any trust in the local police, our shops are next on the target list by the thugs who have ransacked Tottenham, we will protect our property",
said  a leading member of the Green Lanes "unit".

Shop owners have been seen by London Daily News reporters carrying crow bars, and other objects in case of attacks.

Groups of Turkish/Kurdish shop owners were meeting on street corners in Green Lanes this morning planning what would be the best course of action if rioters were to target their shops.

Shops at the top of Green Lanes nearer to Turnpike Lane have been closed with units of Met Police officers patrolling the streets.

In Wood Green the shopping centre has been according to local police reports "ransacked".  HMV and H&M and other shops on Wood Green High Road have been looted.

Groups of youths have been seen smashing up cash machines and shop fronts, with the Met Police ineffective and unable to contain the outbreaks of violence.

Orlando Breody a Wood Green resident and one of the looters from last night said to The London Daily News this morning:

"Its now time the police and the Government experience the anger of the people we will not stop until justice is seen to be done over the execution of Mark Duggan".

Intelligence from local groups in Wood Green and Tottenham are indicating that more violence is expected on Sunday in Tottenham and Wood Green with Brixton now likely to see the next flashpoints.

Images are copyright to The London Daily News
Source : http://www.thelondondailynews.com/police-lose-control-streets-shop-owners-form-local-protection-units-p-5381.html

Vidéo du Guardian :

jeudi 14 juillet 2011

Royaume-Uni : la turcophilie de David Cameron

David Cameron est le Premier ministre britannique et le leader du Parti conservateur :

"Quand je pense à ce qu'a fait la Turquie pour défendre l'Europe en tant qu'alliée de l'OTAN et ce que la Turquie fait maintenant en Afghanistan aux côtés des alliés européens, cela me met en colère de constater que votre marche vers une adhésion à l'UE peut être découragée de la façon dont elle l'a été. C'est une erreur de dire que la Turquie peut monter la garde devant le camp, mais sans être autorisée à entrer dans la tente. Aussi, je resterai votre avocat le plus déterminé pour une adhésion à l'UE et pour une plus grande influence à la table de la diplomatie européenne." (déclaration lors d'une visite officielle à Ankara, 27 juillet 2010)

Italie : la turcophilie de Silvio Berlusconi

Silvio Berlusconi est le président du Conseil italien et le fondateur du parti Forza Italia :

"Ce serait impardonnable de dire non à la Turquie."

"La Turquie est devenue un pays laïc, elle s'est donnée une constitution laïque."

"On ne peut pas laisser passer l'occasion d'établir un pont entre l'Occident et le monde musulman." (déclarations lors du 24e sommet franco-italien à Paris, 4 octobre 2005)

"La Turquie est un pays ami." (déclaration à Ankara, 6 août 2009)

Voir également : Italie : la turcophilie de Gianfranco Fini

jeudi 23 juin 2011

Italie : la turcophilie de Gianfranco Fini

Gianfranco Fini est le fondateur du parti Alleanza Nazionale :

"Effectivement, j'y suis pleinement favorable [à l'adhésion de la Turquie]. D'abord, parce que la Turquie l'a demandé. Ensuite, parce que ce pays occupe une place capitale dans le dispositif de l'Otan. Il est considéré comme le fer de lance d'une politique occidentale de défense dans une région extrêmement turbulente. En outre, depuis Atatürk, la Turquie possède une solide tradition laïque. Ses militaires en sont les garants. Il est vrai que, récemment, le peuple turc a démocratiquement élu un premier ministre de culture islamique, issu d'un parti à forte identité religieuse. Mais cet homme, ne l'oubliez pas, est profondément convaincu de la nécessité d'insérer la Turquie dans l'Union européenne. Au moment où l'expansion du fondamentalisme islamique inquiète toutes les capitales, il serait irresponsable de fermer notre porte à Ankara. Car où l'Union peut-elle nouer avec l'islam des liens qui ne soient pas conflictuels, sinon en Turquie ? Bien entendu, le débat reste ouvert : en Allemagne, où vit une importante communauté turque, Gerhard Schröder est favorable à l'ouverture de négociations d'adhésion. La CSU bavaroise, de son côté, est très opposée à cette perspective. Personnellement, je ne vois que des inconvénients à laisser la Turquie en dehors de l'Europe."

"Tous les pays candidats à l'adhésion savent combien l'Europe est exigeante. Il ne suffit pas de remplir un certain nombre de critères économiques. Il faut aussi s'engager à respecter les droits fondamentaux. Comment ne pas noter que, depuis qu'elle frappe à la porte de l'Europe, la Turquie a accompli d'énormes progrès en la matière ? Va-t-on lui refuser l'entrée au motif que c'est un pays à majorité musulmane ? Cet argument n'a aucune valeur. Nous ne constituons pas un club fermé. Les fondements historiques de l'Europe sont une chose, l'identité européenne en est une autre. Rappelez-vous l'expression de Robert Schuman : "l'Europe des cathédrales." Historiquement, il est exact que, en Europe, le lieu où l'on prie est l'église ou la synagogue, pas la mosquée (même si, à certaines époques, la culture européenne s'est enrichie au contact de l'islam). S'agissant de la période contemporaine, je ne vois pas en quoi la reconnaissance de l'identité religieuse judéo-chrétienne de l'Europe l'empêcherait d'accueillir dans ses rangs un grand pays musulman comme la Turquie." (entretien à Politique Internationale, n° 103, printemps 2004)

"Beaucoup pensent que les Turcs ne peuvent entrer dans l'UE parce qu'ils sont musulmans. Je suis un des seuls responsables européens de droite à faire un raisonnement différent simplement parce que je pars d'un certain nombre de constatations. La Turquie est déjà l'un des piliers de l'Otan. Depuis Atatürk, c'est un Etat laïque, même s'il a actuellement un gouvernement qui est l'expression d'une majorité islamiste. Et il a, dans les faits, donné les preuves de son acceptation des principes que l'Union européenne pose comme conditions sur les minorités, les femmes, la peine de mort.

Alors je pose la question : faut-il encourager les autorités turques qui, selon moi, démontrent que l'islam est compatible avec la démocratie ou, au contraire, les laisser tomber ? Auquel cas, on aura un effet boomerang. On assistera à une radicalisation du sentiment antieuropéen en Turquie, avec des conséquences militaires et économiques. La Turquie est le seul pays qui peut démontrer qu'il y a compatibilité entre d'un côté l'islam et de l'autre les règles, les valeurs et les principes de l'Europe." (interview au Point, 17 janvier 2007)

Voir également : Autriche : la turcophilie de Jörg Haider

Suisse : Christoph Blocher (parti UDC) contre une loi communautariste et turcophobe

04. octobre 2006 - 19:01
De Turquie, Blocher provoque une polémique en Suisse

Le ministre suisse de la Justice a critiqué la norme antiracisme qui a conduit à une procédure en Suisse contre deux Turcs pour leurs affirmations sur le génocide arménien.

Christoph Blocher a fait ses déclarations à Ankara, où il participait à un symposium pour les 80 ans du Code civil turc.
En Suisse, les réactions ne se sont pas faites attendre.

Christoph Blocher a critiqué mercredi à Ankara l'article 261 bis du code pénal suisse, qui réprime notamment les propos négationnistes. Il a regretté que ce texte ait conduit à une enquête en Suisse contre l'historien turc Yusuf Halacoglu pour ses propos sur le génocide arménien.

«Mal au ventre»

«Cet article me fait mal au ventre», a affirmé le chef du Département fédéral de justice et police (DFJP) devant la presse. Il a été adopté en 1994 pour empêcher des propos négationnistes relatifs à l'Holocauste, a relevé le conseiller fédéral à l'issue de sa rencontre avec le ministre turc de la Justice Cemil Cicek.

«Personne n'aurait alors pensé qu'il traînerait en justice un éminent historien turc», a estimé M. Blocher en invoquant la liberté d'expression. Le DFJP «examine ce qu'il peut faire pour que cela ne se reproduise pas», a ajouté le ministre, précisant qu'il appartient aux Chambres fédérales et au gouvernement de décider d'une éventuelle modification de l'article.


Selon ce texte, toute personne qui tient des propos tendant à nier, minimiser ou justifier un génocide ou autres crimes contre l'humanité est punissable.

Réactions en Suisse

Les réactions ne se sont pas faites attendre en Suisse. A commencer par Georg Kreis, président de la Commission fédérale contre le racisme, qui s'est insurgé contre cette nouvelle atteinte à la séparation des pouvoirs de la part de Christoph Blocher.

«En tant que citoyen, cela me gêne que l'annonce de la volonté de modifier des lois provienne de l'étranger», a-t-il notamment déclaré.

Felix Gutzwiller, chef du groupe radical, exclut lui aussi toute modification de la norme antiracisme. Le député a toutefois admis que la loi est récente et que son application peut s'avérer délicate.

Pour sa part, Christophe Darbellay, président du Parti démocrate-chrétien (PDC), a également exprimé son mécontentement: «C'est curieux de voir un ministre de la Justice aller dans un pays, qui n'est pas exactement un modèle en matière de respect des droits humains, pour y critiquer une décision du Parlement.»

Dominique de Buman (PDC), député et président de Suisse-Arménie a expliqué à la Radio suisse romande (RSR) que «les tribunaux n'ont pas a recevoir de directives de quelqu'autre pouvoir que ce soit ». Sinon ce serait le début de la «république bananière », a-t-il ajouté.

Scandaleux et inacceptable

Même son de cloche au Parti socialiste (PS). «Les tribunaux suisses sont indépendants et ne sont pas au service de M. Blocher », estime la cheffe du groupe socialiste aux Chambres fédérales Ursula Wyss. «Christoph Blocher se met du côté des racistes», a lancé le président du PS Hans-Jürg Fehr à la Télévision suisse romande.

Les Verts ont qualifié de leur côté dans un communiqué les propos de M. Blocher de «scandaleux» et «inacceptables venant du chef du Département fédéral de justice et police ».

Du côté de l'Union démocratique du centre (UDC, droite nationaliste), le parti de M. Blocher, le président Ueli Maurer, n'a voulu se prononcer ni sur la loi antiracisme ni sur les déclarations du conseiller fédéral.

En revanche, le conseiller national (député) Luzi Stamm a défendu la position de M.Blocher. Il a affirmé que l'article 261 bis pose problème car il peut être utilisé contre quiconque remettrait en cause des faits historiques. «Ce qui peut devenir ridicule », a-t-il souligé sur les
ondes de la RSR.

Génocide arménien

En 2005, la justice suisse a ouvert des enquêtes contre deux personnalités turques - l'historien Yusuf Halacoglu et le politicien Dogu Perinçek - pour déterminer si des propos tenus en Suisse sur le génocide arménien violent la norme antiracisme.
Le Conseil national et des parlements cantonaux ont reconnu le génocide arménien perpétré par l'armée ottomane. Sur ce point, Christoph Blocher a rappelé la position officielle «cohérente» du Conseil fédéral, qui parle des «événements tragiques de 1915».
«Nous sommes persuadés que la solution d'une commission internationale d'historiens est la bonne», a estimé le ministre. Le gouvernement turc a proposé récemment la création d'une commission mixte d'historiens turcs et arméniens pour faire la lumière sur les événements de 1915.
La Turquie, qui ne nie pas les tueries, en conteste l'ampleur et rejette la qualification de «génocide». Ce négationnisme de l'Etat turc est dénoncé par les survivants du génocide arménien et par la communauté des historiens.

L'asile en question

Le thème de l'asile et de la lutte contre le terrorisme a également fait l'objet d'une discussion «très ouverte» entre MM. Blocher et Cicek. Le chef du DFJP a assuré son homologue turc de la collaboration de la Suisse dans ce domaine.

M. Blocher a encore rendu une visite de courtoisie au ministre turc de l'Intérieur Abdulkadir Aksu mercredi après-midi. Avant de quitter Ankara, il a déposé une gerbe au mausolée de Mustafa Kemal Atatürk, père fondateur de la Turquie moderne, mort en 1938.


swissinfo et les agences
Source : http://www.swissinfo.ch/fre/actualite/De_Turquie,_Blocher_provoque_une_polemique_en_Suisse.html?cid=5484666

Suisse
Loi antiraciste: Blocher trouble ses collègues

15.10.2006 18:02 - mise à jour: 28.06.2010 11:40

Les propos de Ch.Blocher provoquent de vives réactions [Keystone]
Les propos de Christoph Blocher en Turquie font des vagues. Le Conseil fédéral tranchera sur sa proposition de modifier la norme antiraciste, a indiqué Moritz Leuenberger, tandis que Pascal Couchepin a vivement réagi.

Le Conseil fédéral a déjà pris position plusieurs fois sur le sujet, notamment à la suite d'interventions de parlementaires UDC en particulier et a toujours refusé de réviser le texte, a précisé Moritz Leuenberger. Selon lui, le gouvernement devrait confirmer cette position lors de sa prochaine séance dans deux semaines.
Leuenberger surpris

Le président de la Confédération Moritz Leuenberger s'est déclaré surpris des propos tenus par Christoph Blocher à Ankara sur la norme pénale antiraciste (lire ci-contre). Il n'a toutefois pas voulu les commenter jeudi devant la presse à Flims (GR).



A titre personnel, le président de la Confédération s'est déclaré pour le maintien de la norme antiraciste, en faveur de laquelle il s'était engagé. Cette loi a été acceptée en votation populaire, a-t-il rappelé. «Elle s'inscrit dans notre politique et est en harmonie avec les conventions internationales».
No comment

Devant la foule de journalistes le pressant de questions, Moritz Leuenberger, qui a précisé ne pas avoir parlé avec le ministre UDC depuis mercredi, s'est refusé à tout commentaire sur les déclarations faites par Christoph Blocher et sur le style adopté par ce dernier.



Cette discussion doit être menée au sein du Conseil fédéral. Le président de la Confédération pourrait ensuite s'exprimer au nom de gouvernement. D'après lui, le fait de proposer une modification de la norme antiraciste est une démarche légitime et ne viole pas la séparation des pouvoirs.
Pascal Couchepin plus critique

Pascal Couchepin juge inacceptable l'attitude de Christoph Blocher, qui a critiqué la norme pénale antiracisme lors de son voyage en Turquie. Le ministre de l'Intérieur attend cependant le retour de son collègue pour savoir si cela est vrai.



«Il me paraît inconcevable qu'un conseiller fédéral s'exprime comme le prétendent les journaux. Par conséquent, j'attends d'entendre les explications de Christoph Blocher», a déclaré le conseiller fédéral Pascal Couchepin jeudi à la Radio romande.



«Je ne peux pas m'imaginer que ce qu'écrivent les journaux correspond à ce qu'il a dit parce que ce serait choquant. Un ministre de la justice ne peut parler de normes pénales existantes en disant que ça lui donne des maux de ventre», a poursuivi le Valaisan.



Il ne peut pas non plus s'exprimer sur les lois de son pays à l'extérieur en prenant une position qui n'est pas consolidée, estime Pascal Couchepin. Dans un Etat de droit, le ministre de la justice protège les lois, éventuellement demande à les changer, a poursuivi le conseiller fédéral. Mais il ne le fait pas en parlant de maux de ventre, a conclu le conseiller fédéral.



ats/hof

Rappel des faits
Christoph Blocher a suscité un tollé en regrettant que l'article 261 bis du code pénal suisse, qui réprime notamment le négationnisme, ait conduit à une enquête en Suisse contre l'historien turc Yusuf Halacoglu pour ses propos sur le génocide arménien. Le ministre a ajouté qu'une révision de la loi était à l'étude.

Vives réactions
Eglises protestantes et LICRA indignées: la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) et la Licra se disent préoccupées par les propos de Christoph Blocher. Pour la FEPS, la validité de la loi pénale contre le racisme est incontestable, écrit-elle dans un jeudi. Le racisme sous toutes ses formes porte atteinte à la dignité humaine et ne se justifie d'aucune manière car il met en doute l'égalité fondamentale selon la foi chrétienne de tous les êtres humains.

La FEPS attend du ministre de la justice qu'il respecte les décisions législatives du peuple et du parlement, ainsi que la séparation des pouvoirs, et qu'il représente ces principes de l'Etat de droit en Suisse et à l'étranger. Les trois Eglises nationales se sont engagées en commun en décembre 2003 pour une reconnaissance sans équivoque du génocide perpétré contre les Arméniens en 1915, rappelle encore la FEPS.

La Licra suisse (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) trouve inacceptable les propos de Christoph Blocher. Elle trouve réconfortant qu'ils aient provoqué un tollé dans l'ensemble des milieux politiques.

Les jeunes UDC applaudissent: ils félicitent leur conseiller fédéral. La loi antiracisme est devenue une muselière, estiment-ils: beaucoup de Suisses n'osent plus exprimer aujourd'hui leur opinion. La norme pénale doit donc être réexaminée, voire abolie. Selon leurs propres dires, les jeunes UDC aux côtés de groupes et organisations amis étudient la possibilité de lancer une initiative en ce sens
Source : http://www.tsr.ch/info/suisse/1119931-loi-antiraciste-blocher-trouble-ses-collegues.html

Voir également : Suisse : David Gün, un musulman d'origine turque candidat sur une liste "Hors parti et UDC"