jeudi 24 mars 2011

Un immigré turc dans l'Allemagne wilhelmienne : Enver Paşa (Enver Pacha) alias İsmail Enver



Odile Moreau, L'Empire ottoman à l'âge des réformes. Les hommes et les idées du "Nouvel Ordre" militaire (1826-1914), Paris, Maisonneuve et Larose, 2007, p. 246-247 :

"Les événements les plus marquants d'après la « révolution jeune-turque » sont la nomination d'Enver comme attaché militaire à Berlin, les désordres et problèmes de discipline qui perduraient, ainsi que les modifications apportées dans l'armée. Les autorités allemandes se félicitaient de la nomination d'Enver comme attaché militaire à Berlin au début 1909. Ils ne le considéraient pas comme un véritable héros national, mais estimaient que son influence pouvait être très intéressante pour l'Allemagne. Connaissant mieux les Allemands, il serait à même de contrebalancer les préjugés qui circulaient parmi les Jeunes Turcs. Enver avait déjà fréquenté l'école d'Etat-major, à Berlin, comme officier d'infanterie de 1899 à 1902. Sorti second de sa promotion, il fut affecté à l'Etat-major, puis nommé sous les ordres de Hilmî Paşa, à Selânik. Au début du mois de juillet 1908, il reçut l'ordre du Comité révolutionnaire (comme presque tous les jeunes officiers du corps Fidélité de Macédoine) de gagner les montagnes et de donner l'ordre aux troupes constitutionnelles de commencer le combat.

Enver avait étudié l'allemand et le français, mais il avait une meilleure connaissance du français qu'il continua à utiliser dans sa correspondance avec les Allemands. Enver et Niyazî étaient les héros les plus connus de la « révolution jeune- turque » de 1908 et ils en avaient tiré toute une aura. Le général von Ditfurth Paşa, dont Enver fut l'élève, proposa qu'il entre dans les commandos de l'armée impériale prussienne. L'affaire resta en suspens, car on ne laissa plus partir d'officier ottoman à l'étranger. Ahmed İzzet Paşa, le chef d'Etat-major de l'armée (très favorable aux Allemands) eut l'idée d'envoyer Enver à Berlin. Il y voyait un avantage pour l'ambassade turque à Berlin et cherchait à resserrer les relations entre les deux armées. Tous les attachés militaires nommés par le sultan Abdülhamîd furent d'ailleurs rappelés et remplacés par des Jeunes Turcs."

Enver Bey, lettre (en français) depuis Trieste, 28 juillet 1911, cité par M. Şükrü Hanioğlu dans Kendi Mektuplarında Enver Paşa, Istanbul, Der Yayınları, 1989, p. 61-62 :

"Mon bateau au lieu de partir à 8 heures a eu 2 heures de retard. On remarque déjà que nous ne sommes pas en Allemagne. Pour le moment je n'ai aucune nouvelle de mon pays. Je ne sais qu'est-ce qui se passe là-bas et quel sort nous attend. Seulement selon les journaux autrichiens les Monténégrins ont voulu intermédier entre le gouvernement ottoman et les Rebelles. Mais les nôtres n'ont pas accepté cette condition très humiliante. De l'autre coté on parle d'une entente entre le Monténégro et la Bulgarie en cas de guerre contre nous, et on finit par dire que la Roumanie prendra part pour nous. Sur cette nouvelle j'écrirai une lettre au secrétaire privé du ministre de la guerre en Roumanie, qui est un bon ami à moi et un vrai turcophile. En tout cas on ne m'appelle pas s'il n'y a quelque chose de sérieux, ce qui est affirmé par le rassemblement du 2. corps d'armée auprès de Skutari. Vous savez ce qu'il disait ce Crétois ! "Ce n'est pas une affaire entre la Turquie et le Monténégro, c'est l'Allemagne et l'Angleterre qui cherchent à se surmonter moralement l'un l'autre". Dans cette idée il y a en tout cas une chose tout à fait vraie. C'est l'Angleterre qui voit que l'Allemagne la surpasse de jour en jour et qui devient de plus en plus jalouse. Les moments passés sont perdus pour l'Angleterre et les occasions perdues tout a fait irréparables. Alors elle cherche à profiter de tout ! L'histoire de l'Angleterre est pleine d'exemples de ce genre : Pour briser Napoléon elle a fait tout, je suis sûr que pour briser l'Allemagne elle cherchera de faire tout. Seul sur le continent ses alliés ne se sentent pas assez forts pour cela. Et dans notre conversation le Crétois continue : "C'est seulement de l'appui de l'Allemagne que nous pouvons être sûrs, parce qu'elle a tant d'intérêts économiques chez nous et parce que ses intérêts ne sont pas basés sur des Territorialwünsche." Seule une forte Turquie peut garantir les intérêts allemands et en cas d'une guerre générale en Europe seule la Turquie peut aider l'Allemagne. Vous voyez, chère amie, comment pensent les Turcs ! Mais je répète j'aime les Allemands non pas par sentimentalité, mais parce qu'ils ne sont pas dangereux pour notre chère patrie ; au contraire ils sont, utiles et les intérêts des deux pays marchent et pourront marcher encore bien longtemps ensemble. Et je reviens sur mes disputes avec Hans [Humann], ce n'est pas le sentiment qui unit les nations, c'est l'intérêt. Toutes mes opinions personnelles n'ont rien à faire avec l'intérêt national ; et si l'Allemagne devait devenir par hasard un ennemi acharné des Turcs, je ne cesserais d'être votre ami très dévoué et très fidèle. Je suis facile à connaître mais je sens toujours que vous autres Européens on ne vous connait pas."

samedi 19 mars 2011

Etrange "déballage" de commentaires favorables aux immigrés turcs sur un article concernant l'immigration en Belgique

La communauté marocaine plus discriminée que la turque

  La communauté marocaine de Bruxelles et d'Anvers se dit plus discriminée que la turque, selon une étude réalisée par trois chercheurs de la KUL et dont les résultats sont publiés lundi dans La Libre Belgique. Mais la discrimination serait "moins forte" pour les jeunes allochtones à Bruxelles qu'à Anvers.

Si la population bruxelloise compte 46% de personnes d'origine étrangère, les deux groupes de non-Européens les plus nombreux sont les Marocains (13%) et les Turcs (4%). Selon les auteurs de l'étude, ce sont précisément ces deux groupes qui se retrouvent dans les couches inférieures du marché du travail bruxellois.

Tant à Bruxelles qu'à Anvers, les sondés de la communauté d'origine marocaine ressentent davantage de discriminations que ceux d'origine turque. Par ailleurs, les personnes interrogées à Anvers se disent plus discriminées dans leur vie quotidienne que celles questionnées à Bruxelles. Une exception, toutefois: le rapport avec la police est jugé plus discriminatoire dans la capitale.

Pour mener leur enquête, les auteurs ont interrogé plusieurs centaines de jeunes Bruxellois et Anversois, immigrés de seconde génération, ayant au moins un des deux parents né en Turquie ou au Maroc. (belga)
07/03/11 06h31
 Source : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/1232227/2011/03/07/La-communaute-marocaine-plus-discriminee-que-la-turque.dhtml

Les commentaires en question :

"rene brasseur, Ougrée

NORMAL!!!la nourriture Turk est meilleure que la noirriture du Magreb,puis les Turques sont pas des arabes!CQFD"

"PASCAL AUDIAU, Belgique

Oui, et alors ? Très peu de turcs se baladent en djellabahs ni voilés ! Ils sont habillés comme nous, on ne les reconnait pas dans la foule."

"michel lassence, Bruxelles

normal différence d'éducation..les turque sont des travailleurs,poli,et respectueux..les maroccains se comporte comme des animaux...pas d'éducations,pas de respect...le jours ou il élèveronts convenablement leurs enfants et arreterons d'imposer leurs règles..cela ira mieux"

"Lisa K, Molenbeek-Saint-Jean

Désolée mais avant de pouvoir encore les prendre en victime, chercher à savoir pourquoi le Turque, l'Algérien, le Tunisien le ressent moins. Le problème vient du radicalisme marocain qui veut faire bande à part en imposant le principe islamique à tout niveau....en commençant par le foulard et les exigences "halal" et les mariages intra-religieux. La première génération s'est adapté ainsi que la suivante mais cette troisième, vacillant entre l'occident et l'orient, ne s'y retrouvent plus."

"Annie Petit, Soignies

Peut-être simplement parce que les Turcs créent moins de problèmes que les Marocains ?"