mercredi 20 avril 2011

Hatun Sürücü : une victime kurde d'un crime d'honneur, et non turque

"Hatun Sürücü war die Tochter des Gärtnergehilfen Kerem Sürücü (1940–2007) und dessen Frau Hanım.[1][2] Ihre Eltern sind sunnitische Kurden aus der ostanatolischen Provinz Erzurum in der Türkei."

Source : http://de.wikipedia.org/wiki/Hatun_S%C3%BCr%C3%BCc%C3%BC

"Hatun "Aynur" Sürücü (also spelled Hatin Sürücü; January 17, 1982 in Berlin – February 7, 2005 in Berlin) was a German of Kurdish descent[1] whose family was originally from Erzurum, Turkey."

Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Hatun_S%C3%BCr%C3%BCc%C3%BC

Sur ce sujet : Le crime d'honneur : une pratique tribale ni turque, ni vraiment musulmane mais kurde

La lapidation chez les Kurdes yezidis (non-musulmans) du nord de l'Irak

lundi 11 avril 2011

Tarik Yildiz : un jeune chercheur d'origine turque traite de la question du racisme anti-blancs

Édition du lundi 14 mars 2011
Nîmes 
Tarik Yildiz : « Il y a un racisme anti-blanc : il ne faut pas taire le problème »

Livre : Tarik Yildiz a été publié par une maison d’édition nîmoise.

Vous venez de publier un essai de 60 pages qui fait l’effet d’un pavé dans la mare (1). Accepter de reconnaître la notion de racisme anti-blanc, n’est-ce pas faire le jeu du Front national ?
Non ! C’est l’inverse ! Ce n’est pas en laissant de côté ce genre de sujet et en fermant les yeux que l’on traitera les problèmes. C’est en parlant que l’on a une chance de trouver les solutions. L’enjeu, c’est que ce ne soit pas seulement des Zemmour ou des Finkielkraut qui puissent en parler. Les gens des quartiers doivent pouvoir en débattre. C’est aussi une bataille de mots. Je parle de ce racisme anti-blanc parce que je ne veux pas laisser
cette expression à des groupes dont je ne partage pas l’idéologie.

Pourquoi distinguer le racisme anti-blanc du racisme au sens large ?
Pour comprendre, il faut se mettre du côté des victimes de ce racisme dont j’ai recueilli les témoignages, compilés et édités. Elles ont utilisé cette expression à de multiples reprises. Ne pas le formuler ainsi aurait été une trahison. Il s’agit juste de décrire une réalité.

Êtes-vous sûr que ces témoignages soient le reflet de la réalité ?
J’habite la banlieue défavorisée d’Île-de-France dans le 93. Plus jeune, à la cité des Grèves, l’une des plus problématiques du 92, j’ai moi-même assisté à ce type de problème. J’ai eu des copains de classe qui se faisaient harceler, insulter, frapper et tout le monde faisait le lien avec leurs origines. Ils étaient des “Français de souche”.

Cette dernière expression revient souvent dans votre livre. Vous-même...
Mes parents viennent de Turquie. Je suis Français. J’ai grandi dans la cité où mon livre a d’ailleurs été très bien accueilli. Nombreux sont ceux (et pas seulement les Français de souche !) qui se disent heureux de constater que l’on peut parler de ce problème, sans tomber dans la caricature. Je suis conforté dans l’idée que c’est un vrai sujet de banlieue et un sujet de société.

Comment le chercheur en sociologie politique que vous êtes explique-t-il ce phénomène ?
Mon livre n’est pas une étude scientifique. J’ai voulu montrer et raconter ce que ressentent certains habitants des quartiers.
Globalement je dirais qu’à l’origine de ce problème, il y a un effet de groupe : dans tous les groupes sociaux il y a une forme d’exclusion des minorités assez fréquente. Et puis il y a là une haine de la France qui est liée à une forme de démission de l’État. Je vise principalement l’éducation, l’école républicaine, mais aussi les services publics, y compris la justice. L’État n’impose pas assez ses valeurs.

Que faites-vous actuellement ?
Je suis attaché à un laboratoire du CNRS et je consacre l’essentiel de mon temps à la rédaction d’une thèse de sociologie politique relative à l’intégration sociale des populations musulmanes en France.


FRANÇOISE CONDOTTA fcondotta@midilibre.com

(1) “Le racisme anti-blanc. Ne pas en parler : un déni de réalité”, de Tarik Yildiz aux éditions du Puits de Roulle. Tarif : 8 €.
Source : http://www.midilibre.com/articles/2011/03/14/A-LA-UNE-Racisme-anti-blanc-ne-pas-taire-le-probleme-1565522.php5

Suisse : David Gün, un musulman d'origine turque candidat sur une liste "Hors parti et UDC"

Article - 27/01/2011
Candidats hors parti, ils se font étiqueter UDC

Surprise à Moudon: l’UDC vaudoise se félicite d’avoir deux candidats à la Municipalité, et 17 au Conseil communal. Alors que seuls six d’entre eux sont membres du parti…

Le Moudonnois David Gün, musulman d’origine turque, ne comptait pas se présenter aux prochaines élections sous la bannière de l’UDC. Il est bien inscrit sur la liste d’entente «Hors parti et UDC», mais il fait partie des indépendants du groupe. Et cela depuis dix ans. Pourtant, le parti agrarien l’a fièrement compté dans les rangs de ses candidats à l’exécutif de la cité broyarde, dans un communiqué distribué hier par l’UDC Vaud. «Je suis vraiment surpris! Ils essaient sans doute de gonfler leurs chiffres, réagit David Gün. Je ne vais toutefois pas faire un procès à l’UDC pour ça, car les Moudonnois connaissent bien ma véritable orientation politique. »

L’erreur de casting ne touche pas que le candidat à la Municipalité. Du côté du Conseil communal, 12 des 17 candidats annoncés par l’UDC sont en réalité hors parti. Un couac qui ne surprend pas vraiment Charles Charvet, président de la section moudonnoise, et lui-même indépendant. «Ce n’est pas la première fois qu’on nous confond. Cette année, nous avons même changé le nom de la liste en «Hors parti et UDC», plutôt qu’en «UDC et hors parti», pour bien montrer que les indépendants sont majoritaires. »

Des efforts qui n’ont visiblement pas trouvé d’écho auprès du secrétariat de l’UDC Vaud. «Je ne sais pas qui est candidat UDC et qui ne l’est pas sur cette liste. Je n’ai pas le détail», admet le secrétaire général Claude-Alain Voiblet. Pour lui, le cafouillage viendrait, de l’exception politique moudonnoise, «seule commune du canton à avoir une liste d’entente UDC et indépendants». Pour clarifier la situation, les indépendants moudonnois avaient bien pensé rebaptiser «Entente moudonnoise» la liste actuelle. Ou créer leur propre liste. «Mais nous ne voulions pas tout chambouler juste avant les élections. Et puis, les relations ont toujours été bonnes entre les hors parti et les UDC de Moudon: nous nous occupons de politique communale, pas de ce que l’UDC fait au niveau national», assure Charles Charvet.

S. B.
Source : http://archives.24heures.ch/VQ/LAUSANNE/-/article-2011-01-3234/le-moudonnois-david-gun-musulman-d8217origine-turque-ne-comptait-pas-se-presenter-aux

L'immigration turque ottomane en Aquitaine au début du XXe siècle

Françoise Rollan et Benoît Sourou, Les migrants turcs de France : entre repli et ouverture, Pessac, Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine, 2006, p. 142-143 :

"Dans sa thèse, Yazgülü Aldoğan, explique que durant la Première Guerre mondiale, entre sept et huit mille travailleurs turcs ont été envoyés en Allemagne, afin de remplacer les soldats partis pour le front. A la même époque, les Archives Départementales de la Gironde font état de la présence de citoyens ottomans, et ce dès 1914, en Aquitaine. Ils s'inscrivent en migration dans un contexte fort différent. Ceux-ci furent en effet recensés en raison du ralliement de l'Empire aux côtés de l'Allemagne lors de la Première Guerre mondiale.

En 1915, plusieurs commerçants ottomans viennent s'installer à Bordeaux, rejoindre des compatriotes, en provenance de Pau d'où ils avaient été chassés. Les vitrines de leurs magasins furent brisées, en raison de l'hostilité des commerçants locaux, furieux de voir des commerces florissants aux mains d'ennemis de la Patrie. Leur arrivée à Bordeaux posera le même genre de problèmes, l'on trouve en effet dans les archives départementales, plusieurs lettres non signées accusant les nouveaux venus d'être des espions, à l'exemple de celle-ci que nous reproduisons, datée du 3 septembre 1914 : « Quoique le Turc A. [...] ait deux fils sous les drapeaux, il n'en est pas moins vrai que c'est un indicateur au service d'un gouvernement étranger. Son gendre et associé B. [...] s'occupe spécialement de cette mission. Leur magasin est le refuge de tous les Levantins arrivant à Bordeaux. A. leur confie de la marchandise qu'ils vont offrir dans toutes les maisons pour se rendre compte de ce qui s'y passe. Depuis la déclaration de guerre avec la Turquie, ils ont arboré des drapeaux des nations alliées pour donner le change. Leur magasin est mitoyen avec le quartier général [...] » ou encore celle-ci émanant de la Ligue pour la défense et le progrès de la rue Sainte-Catherine, adressée au préfet de la Gironde : « Le bureau de notre ligue vient de nommer une délégation chargée de vous porter les doléances au sujet des commerçants turcs ouvrant des magasins à Bordeaux, et particulièrement ceux qui, chassés de Pau, sont venus se réfugier dans notre ville [...]. »

Les premiers Turcs en Aquitaine semblent donc être des commerçants ouvrant des magasins de dentelles et vêtements de laine ou encore de bonneterie ou de lingerie dans la principale rue commerçante de la ville. Ils sont installés en France depuis plusieurs années, à l'exemple de ce commerçant en nouveautés arrivé en 1901. Nombre d'entre eux ont épousé des Françaises. Durant la période des hostilités, ils seront regroupés dans un lieu, à l'écart de la ville, l'administration française s'étant montrée soucieuse d'assurer leur protection, face à la montée des sentiments patriotiques de nos concitoyens. (...)

Les précurseurs, bien qu'étant soumis à de rudes épreuves en raison du contexte politique, se présentent comme des admirateurs de l'Occident. Soupçonnés d'être des espions, ils constituent le premier embryon de communauté turque en Aquitaine."