jeudi 23 juin 2011

Italie : la turcophilie de Gianfranco Fini

Gianfranco Fini est le fondateur du parti Alleanza Nazionale :

"Effectivement, j'y suis pleinement favorable [à l'adhésion de la Turquie]. D'abord, parce que la Turquie l'a demandé. Ensuite, parce que ce pays occupe une place capitale dans le dispositif de l'Otan. Il est considéré comme le fer de lance d'une politique occidentale de défense dans une région extrêmement turbulente. En outre, depuis Atatürk, la Turquie possède une solide tradition laïque. Ses militaires en sont les garants. Il est vrai que, récemment, le peuple turc a démocratiquement élu un premier ministre de culture islamique, issu d'un parti à forte identité religieuse. Mais cet homme, ne l'oubliez pas, est profondément convaincu de la nécessité d'insérer la Turquie dans l'Union européenne. Au moment où l'expansion du fondamentalisme islamique inquiète toutes les capitales, il serait irresponsable de fermer notre porte à Ankara. Car où l'Union peut-elle nouer avec l'islam des liens qui ne soient pas conflictuels, sinon en Turquie ? Bien entendu, le débat reste ouvert : en Allemagne, où vit une importante communauté turque, Gerhard Schröder est favorable à l'ouverture de négociations d'adhésion. La CSU bavaroise, de son côté, est très opposée à cette perspective. Personnellement, je ne vois que des inconvénients à laisser la Turquie en dehors de l'Europe."

"Tous les pays candidats à l'adhésion savent combien l'Europe est exigeante. Il ne suffit pas de remplir un certain nombre de critères économiques. Il faut aussi s'engager à respecter les droits fondamentaux. Comment ne pas noter que, depuis qu'elle frappe à la porte de l'Europe, la Turquie a accompli d'énormes progrès en la matière ? Va-t-on lui refuser l'entrée au motif que c'est un pays à majorité musulmane ? Cet argument n'a aucune valeur. Nous ne constituons pas un club fermé. Les fondements historiques de l'Europe sont une chose, l'identité européenne en est une autre. Rappelez-vous l'expression de Robert Schuman : "l'Europe des cathédrales." Historiquement, il est exact que, en Europe, le lieu où l'on prie est l'église ou la synagogue, pas la mosquée (même si, à certaines époques, la culture européenne s'est enrichie au contact de l'islam). S'agissant de la période contemporaine, je ne vois pas en quoi la reconnaissance de l'identité religieuse judéo-chrétienne de l'Europe l'empêcherait d'accueillir dans ses rangs un grand pays musulman comme la Turquie." (entretien à Politique Internationale, n° 103, printemps 2004)

"Beaucoup pensent que les Turcs ne peuvent entrer dans l'UE parce qu'ils sont musulmans. Je suis un des seuls responsables européens de droite à faire un raisonnement différent simplement parce que je pars d'un certain nombre de constatations. La Turquie est déjà l'un des piliers de l'Otan. Depuis Atatürk, c'est un Etat laïque, même s'il a actuellement un gouvernement qui est l'expression d'une majorité islamiste. Et il a, dans les faits, donné les preuves de son acceptation des principes que l'Union européenne pose comme conditions sur les minorités, les femmes, la peine de mort.

Alors je pose la question : faut-il encourager les autorités turques qui, selon moi, démontrent que l'islam est compatible avec la démocratie ou, au contraire, les laisser tomber ? Auquel cas, on aura un effet boomerang. On assistera à une radicalisation du sentiment antieuropéen en Turquie, avec des conséquences militaires et économiques. La Turquie est le seul pays qui peut démontrer qu'il y a compatibilité entre d'un côté l'islam et de l'autre les règles, les valeurs et les principes de l'Europe." (interview au Point, 17 janvier 2007)

Voir également : Autriche : la turcophilie de Jörg Haider

Suisse : Christoph Blocher (parti UDC) contre une loi communautariste et turcophobe

04. octobre 2006 - 19:01
De Turquie, Blocher provoque une polémique en Suisse

Le ministre suisse de la Justice a critiqué la norme antiracisme qui a conduit à une procédure en Suisse contre deux Turcs pour leurs affirmations sur le génocide arménien.

Christoph Blocher a fait ses déclarations à Ankara, où il participait à un symposium pour les 80 ans du Code civil turc.
En Suisse, les réactions ne se sont pas faites attendre.

Christoph Blocher a critiqué mercredi à Ankara l'article 261 bis du code pénal suisse, qui réprime notamment les propos négationnistes. Il a regretté que ce texte ait conduit à une enquête en Suisse contre l'historien turc Yusuf Halacoglu pour ses propos sur le génocide arménien.

«Mal au ventre»

«Cet article me fait mal au ventre», a affirmé le chef du Département fédéral de justice et police (DFJP) devant la presse. Il a été adopté en 1994 pour empêcher des propos négationnistes relatifs à l'Holocauste, a relevé le conseiller fédéral à l'issue de sa rencontre avec le ministre turc de la Justice Cemil Cicek.

«Personne n'aurait alors pensé qu'il traînerait en justice un éminent historien turc», a estimé M. Blocher en invoquant la liberté d'expression. Le DFJP «examine ce qu'il peut faire pour que cela ne se reproduise pas», a ajouté le ministre, précisant qu'il appartient aux Chambres fédérales et au gouvernement de décider d'une éventuelle modification de l'article.


Selon ce texte, toute personne qui tient des propos tendant à nier, minimiser ou justifier un génocide ou autres crimes contre l'humanité est punissable.

Réactions en Suisse

Les réactions ne se sont pas faites attendre en Suisse. A commencer par Georg Kreis, président de la Commission fédérale contre le racisme, qui s'est insurgé contre cette nouvelle atteinte à la séparation des pouvoirs de la part de Christoph Blocher.

«En tant que citoyen, cela me gêne que l'annonce de la volonté de modifier des lois provienne de l'étranger», a-t-il notamment déclaré.

Felix Gutzwiller, chef du groupe radical, exclut lui aussi toute modification de la norme antiracisme. Le député a toutefois admis que la loi est récente et que son application peut s'avérer délicate.

Pour sa part, Christophe Darbellay, président du Parti démocrate-chrétien (PDC), a également exprimé son mécontentement: «C'est curieux de voir un ministre de la Justice aller dans un pays, qui n'est pas exactement un modèle en matière de respect des droits humains, pour y critiquer une décision du Parlement.»

Dominique de Buman (PDC), député et président de Suisse-Arménie a expliqué à la Radio suisse romande (RSR) que «les tribunaux n'ont pas a recevoir de directives de quelqu'autre pouvoir que ce soit ». Sinon ce serait le début de la «république bananière », a-t-il ajouté.

Scandaleux et inacceptable

Même son de cloche au Parti socialiste (PS). «Les tribunaux suisses sont indépendants et ne sont pas au service de M. Blocher », estime la cheffe du groupe socialiste aux Chambres fédérales Ursula Wyss. «Christoph Blocher se met du côté des racistes», a lancé le président du PS Hans-Jürg Fehr à la Télévision suisse romande.

Les Verts ont qualifié de leur côté dans un communiqué les propos de M. Blocher de «scandaleux» et «inacceptables venant du chef du Département fédéral de justice et police ».

Du côté de l'Union démocratique du centre (UDC, droite nationaliste), le parti de M. Blocher, le président Ueli Maurer, n'a voulu se prononcer ni sur la loi antiracisme ni sur les déclarations du conseiller fédéral.

En revanche, le conseiller national (député) Luzi Stamm a défendu la position de M.Blocher. Il a affirmé que l'article 261 bis pose problème car il peut être utilisé contre quiconque remettrait en cause des faits historiques. «Ce qui peut devenir ridicule », a-t-il souligé sur les
ondes de la RSR.

Génocide arménien

En 2005, la justice suisse a ouvert des enquêtes contre deux personnalités turques - l'historien Yusuf Halacoglu et le politicien Dogu Perinçek - pour déterminer si des propos tenus en Suisse sur le génocide arménien violent la norme antiracisme.
Le Conseil national et des parlements cantonaux ont reconnu le génocide arménien perpétré par l'armée ottomane. Sur ce point, Christoph Blocher a rappelé la position officielle «cohérente» du Conseil fédéral, qui parle des «événements tragiques de 1915».
«Nous sommes persuadés que la solution d'une commission internationale d'historiens est la bonne», a estimé le ministre. Le gouvernement turc a proposé récemment la création d'une commission mixte d'historiens turcs et arméniens pour faire la lumière sur les événements de 1915.
La Turquie, qui ne nie pas les tueries, en conteste l'ampleur et rejette la qualification de «génocide». Ce négationnisme de l'Etat turc est dénoncé par les survivants du génocide arménien et par la communauté des historiens.

L'asile en question

Le thème de l'asile et de la lutte contre le terrorisme a également fait l'objet d'une discussion «très ouverte» entre MM. Blocher et Cicek. Le chef du DFJP a assuré son homologue turc de la collaboration de la Suisse dans ce domaine.

M. Blocher a encore rendu une visite de courtoisie au ministre turc de l'Intérieur Abdulkadir Aksu mercredi après-midi. Avant de quitter Ankara, il a déposé une gerbe au mausolée de Mustafa Kemal Atatürk, père fondateur de la Turquie moderne, mort en 1938.


swissinfo et les agences
Source : http://www.swissinfo.ch/fre/actualite/De_Turquie,_Blocher_provoque_une_polemique_en_Suisse.html?cid=5484666

Suisse
Loi antiraciste: Blocher trouble ses collègues

15.10.2006 18:02 - mise à jour: 28.06.2010 11:40

Les propos de Ch.Blocher provoquent de vives réactions [Keystone]
Les propos de Christoph Blocher en Turquie font des vagues. Le Conseil fédéral tranchera sur sa proposition de modifier la norme antiraciste, a indiqué Moritz Leuenberger, tandis que Pascal Couchepin a vivement réagi.

Le Conseil fédéral a déjà pris position plusieurs fois sur le sujet, notamment à la suite d'interventions de parlementaires UDC en particulier et a toujours refusé de réviser le texte, a précisé Moritz Leuenberger. Selon lui, le gouvernement devrait confirmer cette position lors de sa prochaine séance dans deux semaines.
Leuenberger surpris

Le président de la Confédération Moritz Leuenberger s'est déclaré surpris des propos tenus par Christoph Blocher à Ankara sur la norme pénale antiraciste (lire ci-contre). Il n'a toutefois pas voulu les commenter jeudi devant la presse à Flims (GR).



A titre personnel, le président de la Confédération s'est déclaré pour le maintien de la norme antiraciste, en faveur de laquelle il s'était engagé. Cette loi a été acceptée en votation populaire, a-t-il rappelé. «Elle s'inscrit dans notre politique et est en harmonie avec les conventions internationales».
No comment

Devant la foule de journalistes le pressant de questions, Moritz Leuenberger, qui a précisé ne pas avoir parlé avec le ministre UDC depuis mercredi, s'est refusé à tout commentaire sur les déclarations faites par Christoph Blocher et sur le style adopté par ce dernier.



Cette discussion doit être menée au sein du Conseil fédéral. Le président de la Confédération pourrait ensuite s'exprimer au nom de gouvernement. D'après lui, le fait de proposer une modification de la norme antiraciste est une démarche légitime et ne viole pas la séparation des pouvoirs.
Pascal Couchepin plus critique

Pascal Couchepin juge inacceptable l'attitude de Christoph Blocher, qui a critiqué la norme pénale antiracisme lors de son voyage en Turquie. Le ministre de l'Intérieur attend cependant le retour de son collègue pour savoir si cela est vrai.



«Il me paraît inconcevable qu'un conseiller fédéral s'exprime comme le prétendent les journaux. Par conséquent, j'attends d'entendre les explications de Christoph Blocher», a déclaré le conseiller fédéral Pascal Couchepin jeudi à la Radio romande.



«Je ne peux pas m'imaginer que ce qu'écrivent les journaux correspond à ce qu'il a dit parce que ce serait choquant. Un ministre de la justice ne peut parler de normes pénales existantes en disant que ça lui donne des maux de ventre», a poursuivi le Valaisan.



Il ne peut pas non plus s'exprimer sur les lois de son pays à l'extérieur en prenant une position qui n'est pas consolidée, estime Pascal Couchepin. Dans un Etat de droit, le ministre de la justice protège les lois, éventuellement demande à les changer, a poursuivi le conseiller fédéral. Mais il ne le fait pas en parlant de maux de ventre, a conclu le conseiller fédéral.



ats/hof

Rappel des faits
Christoph Blocher a suscité un tollé en regrettant que l'article 261 bis du code pénal suisse, qui réprime notamment le négationnisme, ait conduit à une enquête en Suisse contre l'historien turc Yusuf Halacoglu pour ses propos sur le génocide arménien. Le ministre a ajouté qu'une révision de la loi était à l'étude.

Vives réactions
Eglises protestantes et LICRA indignées: la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) et la Licra se disent préoccupées par les propos de Christoph Blocher. Pour la FEPS, la validité de la loi pénale contre le racisme est incontestable, écrit-elle dans un jeudi. Le racisme sous toutes ses formes porte atteinte à la dignité humaine et ne se justifie d'aucune manière car il met en doute l'égalité fondamentale selon la foi chrétienne de tous les êtres humains.

La FEPS attend du ministre de la justice qu'il respecte les décisions législatives du peuple et du parlement, ainsi que la séparation des pouvoirs, et qu'il représente ces principes de l'Etat de droit en Suisse et à l'étranger. Les trois Eglises nationales se sont engagées en commun en décembre 2003 pour une reconnaissance sans équivoque du génocide perpétré contre les Arméniens en 1915, rappelle encore la FEPS.

La Licra suisse (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) trouve inacceptable les propos de Christoph Blocher. Elle trouve réconfortant qu'ils aient provoqué un tollé dans l'ensemble des milieux politiques.

Les jeunes UDC applaudissent: ils félicitent leur conseiller fédéral. La loi antiracisme est devenue une muselière, estiment-ils: beaucoup de Suisses n'osent plus exprimer aujourd'hui leur opinion. La norme pénale doit donc être réexaminée, voire abolie. Selon leurs propres dires, les jeunes UDC aux côtés de groupes et organisations amis étudient la possibilité de lancer une initiative en ce sens
Source : http://www.tsr.ch/info/suisse/1119931-loi-antiraciste-blocher-trouble-ses-collegues.html

Voir également : Suisse : David Gün, un musulman d'origine turque candidat sur une liste "Hors parti et UDC"

mercredi 22 juin 2011

Le mythe d'une Allemagne submergée d'immigrés (sous-entendu : de "méchants Turcs")

En Allemagne, ces dernières années, les Turcs sont plus nombreux à émigrer qu'à immigrer :

"L’an dernier, ils [les Turcs] étaient près de 40 000 à quitter l’Allemagne pour revenir au pays. 500 000 ces trente dernières années. Depuis 2005, les Turcs sont même plus nombreux à quitter l’Allemagne qu’à y entrer. Le nombre de personnes d’origine turque en Allemagne se situe aujourd’hui aux alentours de 2,7 millions, dont un tiers possède la nationalité allemande."

Source : http://www.cafebabel.fr/article/37711/turquie-allemagne-billet-aller-retour.html

"D’un côté, Seehofer se met à clamer sa volonté de contrôler l’immigration. Or celle-ci est déjà tellement limitée que, depuis longtemps, les Turcs sont plus nombreux à quitter l’Allemagne qu’à venir s’y installer."

Source : http://www.courrierinternational.com/article/2010/10/20/les-petites-visees-d-angela-merkel

Les conditions d'obtention de la nationalité allemande (pas de droit du sol au sens plein du terme) :

"La nationalité allemande ne peut être demandée qu'au bout d'un certain temps de résidence en Allemagne. Pour devenir allemand vous devez en général avoir résidé pour au moins 8 ans et remplir certaines conditions.

Dans la plupart des cas, vous devez remplir les conditions suivantes :

    Posséder un Aufenthaltserlaubnis ou Aufenthaltsberechtigung.
    Etre résident légalement en Allemagne depuis au moins 8ans
    Ne pas avoir vécu uniquement sur les allocations de l'état ou sur les assurances chômage (il y a des exceptions pour les moins de 23ans)
    Connaissance correcte de la langue allemande
    Jurer devant le constitutionein Schwur auf die freiheitlichen und demokratischen Werte des Grundgesetzes der Bundesrepublik Deutschland
    Renoncer a votre nationalité précédente (il existe des exceptions)"

Source : http://www.justlanded.com/francais/Allemagne/Guide-Allemagne/Visas-Permis/Nationalite

Pour comparaison, les chiffres de l'immigration nette annuelle en Allemagne (80 millions d'habitants), Italie (60 millions) et Espagne (40 millions) :



Source : http://clausvistesen.squarespace.com/alphasources-blog/2007/6/17/net-migration-in-the-eurozone-spain-italy-and-germany.html

Voir également : Allemagne : 22 % des détenus étaient étrangers en 2006

Allemagne : le problème des Aussiedler ou "Russes allemands" 

Berlin : la part des Turcs dans la délinquance étrangère

Allemagne : comparaison entre les immigrés turcs, italiens et polonais

Les immigrés turcs : une criminalité faible

mardi 21 juin 2011

Les difficultés d'intégration des immigrés allemands en Suisse

Suisse
Immigrés allemands, adaptez-vous!

26 octobre 2009 Die Tageszeitung Berlin

Près de 3 000 Allemands viennent s’installer chaque année en Suisse, attirés par les offres de travail et des salaires généreux. Mais entre voisins germaniques, l’entente est parfois difficile. Au point qu’à Zurich, on propose des cours d’intégration aux nouveaux arrivants.
Marco Lauer

Les Allemands arrivent. Ils parlent à voix basse en entrant dans la pièce. Légèrement intimidés, souriants. Il ne faut surtout pas confirmer les préjugés, par exemple, parler bruyamment. La réputation est suffisamment atteinte. Et on veut vivre ici, apparaître agréable, car on est étranger, migrant.

Il est presque sept heures du soir, à Zurich. Ceci est une "soirée d’intégration pour les Allemands vivant en Suisse". Sur la table, il y a de la lecture. "Salut les Gummihälse [cou en caoutchouc]. Pourquoi les Allemands nous tapent parfois sur le système". Cou en caoutchouc ? L'expression fait référence aux Allemands, internes en médecine que l’on voit si vigoureusement hocher de la tête lorsqu’ils s’entretiennent avec des supérieurs. Au sens large, cette expression sert à pointer du doigt le caractère opportuniste des Allemands, ou du moins ce qui passe pour tel aux yeux des Suisses.

Christiana Baldauf accueille ses hôtes. Ce cours du soir était devenu indispensable, nous explique la patronne du Bureau d'intégration de Zurich. En juin dernier, le quotidien suisse Blick a décerné à Peer Steinbrück le titre de "personne la plus détestée en Suisse". Le ministre des Finances allemand, ce voisin du nord à la puissance inquiétante, menaçait de s’en prendre aux paradis fiscaux, autrement dit à la Suisse. Il alla jusqu’à comparer la Confédération helvétique à une République bananière. Un député suisse de seconde zone, chrétien-démocrate, répliqua que "Steinbrück me rappelle cette génération d’Allemands qui arpentaient nos rues en manteau et bottes de cuir, un brassard autour du bras, il y a soixante ans".

250 000 ressortissants allemands en Suisse

Au milieu de ces tirs croisés, les Allemands de Suisse. Jamais ils n’ont été aussi nombreux. Avec 250 000 ressortissants, cette communauté arrive juste après les Italiens, et devant les Portugais et les Serbes. Depuis la signature de l’accord sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’Union européenne, en 2004, le nombre de citoyens allemands vivant en Suisse a plus que doublé. Chaque mois, près de 3 000 nouveaux arrivants franchissent les montagnes avec des contrats de travail à temps plein et des salaires généreux.
Cette tendance avait déjà de quoi inquiéter certains, explique Baldauf en sortant un numéro plastifié de Blick titrant en Une: "Combien d’Allemands la Suisse supporte-t-elle ?". Les Allemands sont les nouveaux boucs émissaires de la Suisse, où ils ont désormais pris la place des Albanais, qui avaient remplacé les Italiens depuis quelques années.

Comment commander une bière sans se faire remarquer

Pendant cette soirée. On insistera beaucoup sur la capacité à faire des compromis. "Il est mal vu de jouer les durs devant ses collègues de travail". Voilà qui n’est déjà pas si facile pour bon nombre d’expatriés occupant des postes à responsabilité car en Allemagne, on passera peut-être plus facilement pour un faible. Ici, leur air de Monsieur-je-sais-tout est choquant. Pour exprimer un avis critique, on préfèrera les formules du genre : "Alors quoi, je comprrends bien c’que tu dis. Mais p’t-être que..." Et le conditionnel – si important en Suisse ! Au restaurant par exemple, il est beaucoup plus approprié de dire : "Serait-il possible, s’il vous plaît, de peut-être avoir une bière ?"

S’il continue de parler l’allemand classique, le ressortissant germanique passera pour un arrogant. Mais s’il essaie de parler "le Grüezi" ["bonjour" en suisse-allemand], on le soupçonnera de vouloir se moquer de l’accent suisse. La solution à ce problème semble survenir au cours du dernier chapitre abordé dans cette soirée : les affaires de cœur. Les Allemands ne devraient pas s’attendre à de grands débordements d’émotion. Pourtant : près de 20 000 sont marié(e)s avec un ou une Suisse. Comme quoi, les différences ne sont pas insurmontable.
Source : http://www.presseurop.eu/fr/content/article/124051-immigres-allemands-adaptez-vous

lundi 20 juin 2011

Partiellement issu de l'immigration turque, le maire de Londres Boris Johnson s'insurge à juste titre contre le parasitisme grec




"Des doutes qui ne viennent pas seulement d’Allemagne, puisque les partisans d’un lâchage des Grecs par l’Europe se font entendre en Grande-Bretagne également.
C’est à voir avec une tribune du maire conservateur de Londres, Boris Johnson, qui écrit ce matin dans The Telegraph que «le meilleur cadeau à faire aux Grecs est de les laisser se débrouiller tout seuls».
Les plans d’aide et les mesures d’austérité ne font qu’alourdir leur fardeau, selon lui;
«il faut laisser la Grèce faire faillite» écrit-il en substance, avec des attaques extrêmement violentes, notamment sur la «nécessité pour les Grecs de changer leur «caractère national», de se convertir à la foi scandinave dans le gouvernement, au savoir-faire allemand en matière d’industrie et d’épargne», «les seules conditions qui permettront au Grecs d’échapper à la catastrophe»."

Source : http://www.france24.com/fr/20110620-2011-revue-presse-inter-grece-faillite-union-europeenne-merkel-plan-sauvetage-rio-drogue#

Pour information, l'arrière-grand-père de M. Johnson est Ali Kemal Bey, un journaliste et politicien libéral turc-ottoman : http://en.wikipedia.org/wiki/Ali_Kemal_Bey

Immigration croissante de réfugiés syriens en Turquie

Turquie
Près de 10 000 Syriens se sont réfugiés en Turquie
Immigration vendredi 17 juin 2011

Les Syriens sont toujours aussi nombreux à fuir la répression dans leur pays. La Turquie a recensé 9 700 réfugiés ce vendredi, dont, durant ces 24 dernières heures, de plus d’un millier d’entre eux, a indiqué une source.

Les réfugiés sont hébergés dans cinq villages de tentes de Hatay, province du sud de la Turquie, installés par le Croissant-Rouge turc, où était attendue vendredi l’actrice américaine Angelina Jolie, ambassadrice de bonne volonté du Haut-commissariat des Nations unies pour les Réfugiés. Des villages de tentes dont l’accès par des tiers est interdit par les autorités turques.

Les autorités ont annoncé qu’ils bénéficient de trois repas par jour, de l’eau chaude 24 heures sur 24, et d’installations telles que machines à laver et télévisions. Des animateurs sont chargés de distraire les enfants, et des psychologues arabophones et imams sont à pied d’œuvre, selon la même source. Un petit hôpital de campagne prend en charge les blessés légers.

1 200 morts et 10 000 emprisonnements

La répression en Syrie a coûté la vie à 1 200 personnes et dix mille personnes ont été détenues depuis le début du mouvement pro-démocratie en mars, selon des ONG et l’ONU.

Désireuses de poursuivre la voix diplomatique, les autorités turques ont accueilli jeudi un représentant spécial du président syrien Bachar al-Assad. En parallèle, elles ont rappelé leurs ambassadeurs dans la région pour une réunion exceptionnelle.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que son pays ne fermerait pas ses portes aux réfugiés Syriens. Jeudi, son ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a déclaré que la Turquie fournirait une assistance humanitaire aux Syriens, pas seulement dans les camps de réfugiés, mais également de l’autre côté de la frontière, où sont massées des milliers de personnes.
Source : http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Pres-de-10-000-Syriens-se-sont-refugies-en-Turquie_6346-1837487-fils-tous_filDMA.Htm

lundi 6 juin 2011

Hongrie : le parti Jobbik soutient la République Turque de Chypre du Nord (RTCN)

Hungarian Jobbik Party Against Economic and Political Isolation of Northern-Cyprus

16/05/2011 10:49:00

The third largest political party of the Hungarian National Assembly, the opposition Jobbik party (Movement for a Better Hungary) submitted a draft resolution to Parliament on 12 May on resolving the political and economic isolation of Northern-Cyprus.
The document was signed by Gábor Vona president and parliamentary fraction-leader, Tamás Hegedűs deputy-leader of the fraction and chairman of the Turkish-Hungarian friendship group of the Parliament and Márton Gyöngyösi, vice-chairman of the Parliament’s foreign affairs committee and leader of Jobbik’s foreign affairs committee.

The draft resolution recalls a line of discriminatory measures and historical episodes that resulted in full political and economic isolation of the Turkish Republic of Northern Cyprus (TRNC). It refers to the decisions made by the European Union in 2004 aimed at bringing a solution to this isolation.

The implementation of the proposed plan-of-action was practically prevented by Cyprus – that joined the EU in that year but the government of which de facto represents only the Southern, Greek-inhibited part of the island – and Greece. As referred to by the document, the peaceful unification of the island was blocked by the Greek population when it rejected the Annan-Plan, however it is the Turkish side seeking and supporting a peaceful resolution that is bearing the negative consequences.

The resolution invokes the Hungarian government to use its political weight derived from the EU presidency to initiate that the EU implements earlier decisions and commitments aimed at re-integrating Northern-Cyprus into the international economic flow, which endeavours have been effectively countered by politically opposing sides since 2004. It also calls upon the Hungarian government to establish connections with the government of TRNC and open a commercial consulate in Northern-Cyprus in order to advance bilateral economic ties.

Jobbik recently submitted another draft resolution to the Hungarian Parliament on the condemnation of the Armenian aggression against Azerbaijan, the cessation of the Armenian occupation and the return of the Azerbaijani refugees and internally displaced persons to their homes. The Foreign Affairs Committee of Parliament will soon discuss and vote on both draft resolutions.

Budapest – 12 May, 2011
Source : http://www.jobbik.com/jobbik-announcements/3200.html

Voir également : Hongrie : le parti Jobbik et l'amitié turco-hongroise

Hongrie : le parti Jobbik refuse la turcophobie primaire