vendredi 21 octobre 2011

Fidèle à la turcophilie du général de Gaulle, le gaulliste Paul-Marie Coûteaux salue l'"éclatante réussite de la Turquie"

MONde La percée diplomatique d’Ankara
Le jeu magistral de la Turquie

Paul-Marie Coûteaux le jeudi, 06/10/2011
dans

    Parlons Vrai

On ne sait qu’admirer dans l’éclatante réussite de la Turquie : ses performances économiques, son rayonnement culturel, son indépendance ou l’habileté de sa diplomatie. Comme toujours quand une nation est sûre d’elle-même et son État bien gouverné, chacun de ces aspects nourrit les autres, en sorte que la formidable montée en puissance turque en Asie centrale, en Méditerranée, en Europe et même en Afrique s’affirme comme l’une des données majeures du tableau géopolitique du XXIe siècle.
Riche de 78 millions d’habitants, dont plus du quart a moins de 15 ans ; forte d’un taux de croissance de 8,9 % en 2010 qui, comme ceux de l’Inde, de la Chine ou du Brésil, dément les trop fatalistes litanies sur la décrépitude de l’économie mondiale ; dotée d’un patronat jeune, ambitieux et fort nationaliste (lui) ; servie par des confréries et des syndicats actifs (notamment la Tüskson, vitrine de l’omniprésente confrérie de l’imam Fethullah Gülen) ; secondée par une diaspora importante et mobilisée ; maillée d’une mul­titude de PME très présentes dans les nombreux pays mu­sulmans qui entourent son long territoire (près de 800 000 kilomètres carrés s’étendant de la Thrace européenne à l’Azerbaïdjan) ; disposant de fleurons de l’industrie mondiale (notamment dans le BTP ou l’ameublement, tel Boydak), l’économie turque est l’une des plus solides du monde, au point que nombre d’investisseurs internationaux, délaissant nos marchés boursiers, misent sur la santé de ses entreprises et de ses banques – jusqu’à, paraît-il, certaines grandes fortunes grecques, promptes à expatrier leurs capitaux en lieu sûr…

Quiconque voyage autour de la Méditerranée est étonné par le rayonnement de l’ancien Empire ottoman – cela jusqu’au Maroc, qui n’en fit pourtant jamais partie, mais où les télévisions multiplient films et feuilletons tournés en Anatolie ou à Istanbul, tandis que s’implantent les unes après les autres les grandes chaînes de magasins turcs. On pourrait d’ailleurs dire de même de la pénétration des banques et industries turques en Afrique noire, et musulmane. Sans doute la solidarité religieuse joue-t-elle ici à plein face à une Europe qui, sous le prétexte de s’unir, donne fâcheusement l’impression de se regarder le nombril. Il n’est pas jusqu’à l’affaiblissement de la vieille rivale égyptienne qui ne serve l’hégémonie culturelle d’Istanbul, notamment par ses universités ; et le prétendu “printemps arabe” ne fait que préparer un terrain instable où la Turquie apparaît de nouveau comme le pôle le plus solide de la région.

Significative est la constante référence des partis islamistes de Rabat, Tunis ou Tripoli, du Caire, de Syrie et jusqu’à ceux de la péninsule arabique, au modèle du grand parti confessionnel qu’est l’AKP : celui-ci offre une synthèse de la tradition religieuse et de la modernité économique, les deux obsessions de ce monde musulman dont l’agitation vient en bonne part de sa difficulté à les conjuguer. Dans ce contexte, Erdogan joue, et fort bien, sur du velours. Après avoir pris ses distances (pas plus) avec Israël, il se présente en défenseur des libertés, voire des aspirations démocratiques arabes, et même de la charité islamique dont témoigna le spectaculaire cadeau offert en août à la Somalie. Comme l’écrivait fort bien Frédéric Pons dans ces colonnes (Valeurs actuelles du 22 septembre), Erdogan, accompagné de plus de deux cents chefs d’entreprise, réussit sans peine, en septembre, un périple triomphal en Afrique du Nord. Comme toujours quand l’Europe reflue, l’empire du Sud, qu’il fût arabe ou turc, est inscrit dans l’histoire comme la géographie, et surtout la démographie méditerranéennes – d’autant que ne s’aperçoit nul Caton pour répéter le vieux Delenda Carthago.

Frappante est aussi, face à l’agilité diplomatique d’An­kara, l’inertie d’une Europe empêtrée dans la recherche d’une impossible unité diplomatique, et de délicats principes “droits-de-l’hommistes” qui lui tiennent lieu de discours radoteurs plus que d’unité d’action ; une “Europe” qui en est réduite à ouvrir ses portes au nouvel empire, comme on se soumet. Pendant ce temps, l’AKP, au pouvoir depuis dix ans et plus hégémonique que jamais, écarte toutes les forces rivales, y compris l’armée laïque (que l’Europe ne soutient pas, car… elle était l’armée !), le vieil État turc manœuvre, libre de ses mouvements, impérial – ou, au choix, souverain.

La conclusion de tout ceci, comme il se doit toujours, répond à la seule question qui vaille : où est l’intérêt de la France ? N’oublions pas que les deux principales puis­sances riveraines de la Méditerranée sont d’abord la France, ensuite la Turquie, et que, face à la prétention des puissances extérieures anglo-saxonnes qui en ont fait, deux siècles durant, leur mare nostrum militaire et commerciale, la construction d’un couple franco-turc dégagerait des complémentarités ô combien fructueuses. Mais où ai-je la tête ? Pour envisager une telle audace, il faudrait à tout le moins que la France ait encore l’idée d’une politique qui soit la sienne, et celle de son avenir.   Paul-Marie Coûteaux, essayiste
Source : http://www.valeursactuelles.com/parlons-vrai/parlons-vrai/jeu-magistral-de-turquie20111006.html

Voir également : La turcophilie de Charles de Gaulle

Charles de Gaulle était partisan de la position turque sur Chypre : la partition (taksim)

L'amitié franco-turque

Claude Imbert : "La Turquie épanouie, la Grèce défoncée"

mercredi 19 octobre 2011

Les droites européennes deviennent plus eurosceptiques et anti-grecques que turcophobes

OPINION

• SEMİH İDİZ

‘Globalists’ vs ‘localists’
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Monday, September 26, 2011

During my recent visit to Helsinki, Alexander Stubb, the Finnish minister for European affairs and foreign trade, said something about the rise of the ultra-right wing in Finland and other parts of Europe that is easy to agree with.

Stubb said there is no longer a clear divide between “leftists” and “rightists” in Europe today since the two opposing wings of the political spectrum agree on some key topics such as immigration and EU enlargement.

“What we have instead are ‘localists’ and ‘globalists,’” Stubb said, indicating that his government was on the side of the “globalists” even though the “True Finns” party, which is clearly “localist,” garnered a strong vote in the last election.

It was clear from Stubbs’ remarks that the importance of Turkish EU membership was based on strategic considerations when looked at from a “globalist” perspective. During a separate conversation with Finland’s Foreign Minister Erkki Tuomioja, I questioned whether the suggestion that “Turkey is vital for Europe” is more of a rhetorical statement than a statement of fact.

“It is not a question of rhetoric, it is a question of arithmetic,” Tuomioja said, pointing to the critical mass that Turkey has gained economically and politically in a region that is also vital for Europe.

But such remarks are water off a duck’s back for “localists.” Members of this group in the European Parliament whom I talked with in Brussels last week are certain Turkey will never be a member of the EU and question why the current membership talks are still going on.

Turkish officials see no reason, of course, why Turkey should stop the talks unilaterally when there are EU member states that support its EU bid. But given Europe’s current woes, and the fact that it will take years to fully sort out the current financial mess, it would be naive to assume that Turkey’s bid is going to mature any time soon, if at all.

Like Turkey’s membership talks, the EU itself appears as an “open-ended project” from today’s perspective. But there is more to it than just the “Turkish issue.” The immediate problem for Europe’s “localists” is not Turkey per se. It is the EU itself.
“Localists” in Europe do not like the EU. They believe the union is totally undemocratic, with appointed “Eurocrats” in the commission trying to whittle away at their nations’ sovereign rights.

Talking to a prominent member of the “localist” Danish Peoples Party in Brussels last week, I could not help but joke that the kind of relationship with the EU he was describing as being desirable for Denmark appeared at first glance to be the kind of “privileged partnership” Germany and France are offering Turkey.

At any rate the European right wing today is talking much more about Greece than it is about Turkey. I was told by quite a number of analysts in Helsinki that the Finns simply “do not understand why they should have to bail out a lazy and cheating country like Greece” without getting any guarantees that their hard-earned money is not being thrown away.

I was told that the True Finns won 19 percent of the vote in the last elections because of this issue, not because of Turkey’s EU bid. The fact is that the ultra-right in Europe opposes the EU project itself, let alone Turkish membership, and the current crisis has strengthened its hand.

Given this fact, there seems little point in trying to scare off Ankara by pointing to the rise of the right wing in Europe. The equation here is a simple one: The European ultra-right is getting stronger because the number of people in EU member states who do not believe in the European project as it is today is rising.

This however is not Ankara’s problem but the problem of those who believe in the EU’s future with or without Turkey as a member.
Monday, September 26, 2011
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/n.php?n=8216globalists8217-vs-8216localists8217-2011-09-26

lundi 17 octobre 2011

Les "Turcs" d'Algérie au service de la France

Jean Monneret, La guerre d'Algérie en trente-cinq questions, Paris, L'Harmattan, 2008, p. 39 :

"L'arrivée des Français [en Algérie] fut, suivie d'une phase de dix-sept années de conflit correspondant à la conquête du territoire. Elle entraîna, hélas, de lourdes pertes humaines. La longueur des opérations militaires doit d'ailleurs plus aux atermoiements du conquérant qu'à la force de la résistance indigène. Celle-ci fut néanmoins réelle, particulièrement sous l'impulsion de l'Emir Abd-el-kader. Dès le tout début, des groupes importants de Turcs et d'Arabo-berbères choisirent de combattre contre leurs coreligionnaires aux côtés de l'Armée française. Les contingents turcs, les spahis, les zouaves (kabyles) fournirent à celle-ci les formations indigènes dont elle avait besoin dans ce pays inconnu. Les zouaves formaient même un corps d'élite. On utilisa les tirailleurs algériens durant la guerre de Crimée. Appelés à l'époque les turcos, ils s'y illustrèrent."

Voir également : Le soutien de la Turquie d'Adnan Menderes et Celal Bayar (Demokrat Parti) à la France pendant la guerre d'Algérie

samedi 1 octobre 2011

Pays-Bas : le regard critique des immigrés turcs sur les immigrés marocains

Citations de figures de la communauté turque des Pays-Bas, interrogées par Kerem Öktem pour son rapport : "How Turks in the Netherlands see Moroccans" (30 juin 2010), dans le cadre du Economic and Social Research Council (ESRC) :

"When you look at commerce, this is where the inward-looking structure also helps. Turks buy from Turks. They go to Turkish supermarkets and butchers and green grocers. Moroccans buy from Turks, but Turks only buy from Turks. You can observe how the Turkish shops started off as small corner shops and turned into full-blown supermarkets and then into chain stores.

For a long time, they have been put in the same category. Turkeys were not pleased by this conflation, they always insisted that they are not the same. You can tell a Moroccan by the way he or she dresses, especially in the first generation. Even though most Turks who came to Holland were are also of rural origin, they looked down at the Moroccans as uncouth. And even today, the general assumption is that you cannot trust Moroccans, you can’t do business with Moroccans, because they are not trustworthy. You also have to take into consideration that many Turks have this traditional anti-Arab bias. …. You will find hardly any cases of intermarriage. … But on the other level, there is a sense of solidarity. Moroccans will always use a few Turkish words and say abi or kardes (elder brother, or brother), they will say Salam-u aleykum, so there is also one level of a natural coalition (AA – IOT)." (Ahmet Azvural, du Conseil consultatif des Turcs des Pays-Bas, p. 20)

"The general idea was, I think, that Moroccans were considered dirty. As a child, our parents told us not to play with Moroccans. … What I found most striking is that in the Netherlands, you will find quite a number of Alevis and Sunnis intermarrying. Given that people here are more religious and conservative than in Turkey, this is rather impressive. Turks and Kurds intermarry also rather freely. But at least in my family and among my friends, I have never heard about a Turkish – Moroccan marriage. There are probably more Dutch-Turkish marriages (UU)." (Ugur Ungor, historien, p. 20-21)

"But they have a serious problem with their youth, because the social control mechanisms do not work. With the Turks, family control curbs the greatest excesses, there is more social control, there is also more economic solidarity. But with the Moroccans, the families have become dysfunctional. They let their young ones out on the streets, and there is a lot of violence and crime. That is probably the worst thing, which is happening to the Moroccans (CB – DV)." (Cevdet Bey, de la Diyanet, le département des Affaires religieuses de Turquie, p. 21)

"By all means, Moroccan society is very different … Above all, the profile of imams is very different. They lack any modern theological training. They have studied in old fashioned medreses, which have very ossified conceptions of the world. Khalil el-Moumni, the Moroccan imam who spoke so aggressively against gays, is a typical case of someone who studied in this type of medrese. His arguments and suggestions for punishment –to throw down gay people from the highest building in Amsterdam- have no grounds whatsoever in Islamic jurisprudence. But with his educational background, this is what happens.

Generally, the Moroccan imams have no sound religious education and unlike the Diyanet imams, they are not state employees. Often, they will have learnt the Qur’an by heart and maybe a bit of Arabic on top of their Berber language –especially if they have been educated here- and that’s enough to impress the congregation. This is probably why many of the Moroccans support education in the Netherlands. And this is why there are serious problems with the imams. There is quite a strong Arab Salafi influence among them (CD – DV)." (idem, p. 22)

"And this lack of community is a good breeding ground for radicalisation. There is no organised attempt to contain radical youth. Salafism is a serious issue among Moroccan youth. Among Turks, it is more or less non-existent.

But even more important than radicalisation is the problem of high crime rates. They are very high among Moroccan young men. This has to stop. But it won’t, because there is no organisation to take care of them, and the state has failed to deal with them. This is far from ideal (AD – MG)." (Ahmet Duran, du Milli Görüş, l'association islamique fondée par feu Necmettin Erbakan, p. 17)

Source : http://www.keremoktem.com/papers/REPORT-NL-WEB.pdf

Voir également : Aux Pays-Bas comme en Allemagne et ailleurs, les immigrés turcs ont un taux de criminalité significativement inférieur à celui des immigrés marocains

Etrange "déballage" de commentaires favorables aux immigrés turcs sur un article concernant l'immigration en Belgique

Les immigrés turcs : une criminalité faible