dimanche 8 janvier 2012

Le problème de l'immigration clandestine marocaine/algérienne/tunisienne en Turquie

"Déployée pendant quatre mois face la ville turque d'Edirne, la mission de Frontex a certes eu un effet dissuasif sur le point le plus vulnérable de l'espace Schengen, mais elle a aussi déplacé le problème plus au Sud. Reportage. (...)

La Commission européenne a présenté mardi 24 mai un projet de mesures restrictives pour répondre aux critiques grandissantes des Etats les plus exposés. En 2010, l'afflux de clandestins à la frontière a déjà provoqué "une crise humanitaire sans précédent", selon Apostolos Veizis, chef de la mission grecque de Médecins sans frontières. Les migrants s'engouffraient par une brèche bien connue, au sud de la ville turque d'Edirne : une portion de frontière terrestre de 12 km de long, aisément franchissable en passant de nuit, à travers champs. (...)

Du côté des autorités turques, rien n'indique une baisse des tentatives de passages clandestins, ni une amélioration des conditions de traitement des migrants. Au Sud, l'armée qui contrôle la frontière a renforcé ses patrouilles. Au poste de douane de Pazarkule, les militaires scrutent les environs à l'aide de caméras thermiques. "Nous avons encore intercepté 25 Algériens cette nuit", affirme le commandant de la garnison. Une fois arrêtés, les migrants sont envoyés dans l'un des camps de la région. Celui d'Edirne a accepté d'ouvrir ses portes à une mission conduite par la députée européenne Hélène Flautre, présidente de la commission UE-Turquie. Pour la visite, le centre de rétention a été vidé aux trois quarts et nettoyé de fond en comble. (...)

Dans ce bâtiment décrépi, les voyageurs échoués sont entassés au mépris de toutes les règles. Des mineurs afghans âgés de 14 ans sont enfermés avec les adultes. La durée de détention est arbitraire. Un Tunisien qui tentait de rallier la France explique être enfermé depuis plus de quatre mois. Avec lui des Marocains, des Birmans et des Nigérians. "Ils nous battent, nous sommes parqués comme des animaux", s'insurge Mohammed, un Algérien. La cellule s'emplit soudain des hurlements d'un homme. Un déserteur de l'armée russe, atteint de troubles psychiatriques. "Ne vous inquiétez pas, il sera bientôt renvoyé chez lui", lance le directeur du centre. (...)

Frontex continue de mener des opérations dans la zone. Mais la frontière gréco-turque reste difficilement contrôlable, avec des dizaines d'îles à portée de bateau et des clandestins toujours plus nombreux à tenter de s'infiltrer dans ces failles."

Source : http://www.presseurop.eu/fr/content/article/676811-l-incontrolable-frontiere-greco-turque