samedi 18 février 2012

Les populistes hollandais prennent les immigrés slaves et roumains pour cibles

14/02 | 07:00 | Les Echos
Après les musulmans, les populistes néerlandais changent de cible

A l'instar des relations venimeuses entre Paris et Ankara, La Haye entretient des relations à couteaux tirés avec ses partenaires d'Europe de l'Est. Sous l'emprise du syndrome du « plombier polonais », les Pays-Bas font preuve depuis des mois d'une intolérance patente à l'égard des travailleurs immigrés bulgares, polonais et roumains, devenus les « têtes de turc » à tous les échelons du pouvoir.

Outre le maintien par le gouvernement des restrictions d'accès à certains secteurs de l'économie pour ces ressortissants et le veto néerlandais d'ouvrir l'espace Schengen à des Etats membres, le ministre des Affaires sociales a récemment été épinglé pour ses propos sujets à caution invitant les employeurs à embaucher d'abord des Néerlandais plutôt que des travailleurs en provenance d'Europe de l'Est. Le point d'orgue de cette polarisation antislave revient au parti populiste mené par Geert Wilders, allié de la coalition minoritaire au pouvoir dirigée par le libéral Mark Rutte.
Rattrapant la balle au bond alors qu'il est en perte de vitesse dans les sondages, Geert Wilders, dont les propos islamophobes ne font plus mouche dans l'électorat, a désormais pour cible les Polonais, les Bulgares et les Roumains. Depuis la semaine dernière, le site Internet de son parti invite ses compatriotes à dénoncer anonymement les troubles attribués à ces migrants. Inondé par des plaintes, le site a également été assailli par des messages de détracteurs dénonçant l'incitation à la haine contre ces communautés. Interpellé au Parlement à propos des agissements intempestifs de son partenaire politique, le Premier ministre a botté en touche, estimant que, au nom de la démocratie, il ne pouvait rien faire contre ce parti, précisant que, de toute façon, l'ensemble des questions regardant de près ou de loin l'Union européenne ont été exclues de son accord avec Geert Wilders.

Au final, Bulgares, Polonais et Roumains sont victimes des erreurs de calcul de la politique d'immigration néerlandaise, qui, au moment de l'entrée de ces Etats dans l'Union européenne, a sous-estimé l'arrivée massive de ces ressortissants, dont la main-d'oeuvre bon marché est vue d'un mauvais oeil.
CORRESPONDANT À AMSTERDAM
Source : http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201896109976-apres-les-musulmans-les-populistes-neerlandais-changent-de-cible-288880.php