vendredi 20 avril 2012

Le respect de Volker Kauder (CDU) pour les musulmans d'Allemagne

L'islam n'appartient pas à l'Allemagne selon un responsable de la CDU
Mis à jour le 19.04.12 à 13h12

Un responsable de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti de la chancelière Angela Merkel, a affirmé jeudi que l'islam ne faisait pas partie de la culture allemande, alors que s'ouvrait une réunion annuelle entre les responsables musulmans et des membres du gouvernement.

«L'islam ne fait pas partie de la tradition et de l'identité allemande et il n'appartient donc pas à l'Allemagne», a déclaré Volker Kauder, le chef du groupe parlementaire qui réunit au sein du Bundestag la CDU et son alliée bavaroise l'Union chrétienne-sociale (CSU).
Quatre millions de musulmans

Il a ajouté qu'il ne visait pas les musulmans qui, eux, «appartiennent à l'Allemagne», et dont certains sont des citoyens «de plein droit».
La moitié des quatre millions de musulmans qui vivent en Allemagne - soit 5% de la population - possèdent effectivement la nationalité allemande.

Ces propos s'inscrivent dans un débat qui a commencé la semaine dernière avec la promesse par une organisation salafiste radicale de distribuer gratuitement 25 millions d'exemplaires allemands du Coran à la population allemande, en particulier aux non-musulmans.

Selon la presse allemande, 300.000 ouvrages ont déjà été distribués malgré la désapprobation de plusieurs responsables de la CDU, parmi lesquels son vice-président et le ministre de l'Intérieur.
Reuters
Source : http://www.20minutes.fr/ledirect/919735/islam-appartient-allemagne-selon-responsable-cdu

Voir également : Pour le conservateur allemand Volker Kauder, la Grèce doit abandonner l'euro de son plein gré

Allemagne : Kenan Kolat et Serkan Tören contre l'islamisme radical

L'Allemagne se mobilise contre l'islamisme radical

Par Thierry Oberlé

Publié le 19/04/2012 à 18:25

La distribution massive et gratuite de corans par des extrémistes salafistes suscite l'émoi en Allemagne.

Rassemblés au sein de la Conférence allemande sur l'islam (DIK), représentants des instances du culte musulman, associations islamiques et responsables du gouvernement fédéral ont lancé, jeudi, un appel à combattre les extrémistes salafistes. La lutte contre l'extrémisme religieux s'est imposée comme thème dominant de la conférence après l'émoi provoqué ces dernières semaines par les distributions gratuites et massives de Corans dans les grandes villes allemandes, à l'initiative d'une organisation salafiste.

«Nous sommes tous unis pour affirmer que le salafisme radical est inacceptable et qu'il n'a pas sa place dans une société libre telle que nous l'avons en Allemagne», a déclaré la DIK, qui se réunit chaque année depuis 2006 pour favoriser l'intégration des quelque 4,3 millions de musulmans outre-Rhin à travers le dialogue. «La religion ne doit pas être détournée à des fins idéologiques ou pour une démonstration de force visant à imposer un point de vue politique», a souligné le ministre allemand de l'Intérieur, Hans-Peter Friedrich.
Protéger les jeunes musulmans

Les principaux partis politiques allemands ont salué cet appel. La promesse du prédicateur Ibrahim Abou Nagie - qui dirige la nébuleuse salafiste radicale, Die Wahre Religion (la vraie religion) - de distribuer gratuitement 25 millions d'exemplaires allemands du Coran à la population allemande, en particulier aux non-musulmans, a déclenché un tollé outre-Rhin. Selon la presse, 300.000 exemplaires du livre saint ont déjà été diffusés malgré la désapprobation de plusieurs responsables de la CDU, parmi lesquels son vice-président et le ministre de l'Intérieur.

Mardi, le Land de Basse-Saxe avait réclamé un «pacte contre le salafisme». «Je suis persuadé que nous devons nous positionner tous ensemble contre cette instrumentalisation extrémiste et ce détournement de l'islam», avait estimé Uwe Schünemann, ministre de l'Intérieur de Basse-Saxe. Avant de s'interroger sur le mode de financement de l'opération de distribution de corans et de réclamer une suspension des livraisons d'armes allemandes à l'Arabie saoudite s'il s'avérait que le royaume la subventionnait. La veille, la maison d'imprimerie Ebner & Spiegel avait annoncé avoir annulé son contrat pour l'impression de 50.000 Corans, pour participer à l'effort.

Selon les services de renseignements allemands, la mouvance salafiste compte quelque 4.000 disciples outre-Rhin, dont un noyau dur actif de 2.500 fidèles. Les menaces terroristes potentielles liées à cette mouvance inquiètent de plus en plus les autorités allemandes. De leur côté, les représentants du culte musulman redoutent les amalgames et se disent particulièrement motivés pour contribuer à la lutte contre l'extrémisme. Cependant, ils avouent être désemparés, les distributions gratuites de Corans par les salafistes n'ayant rien d'illégal en soi. «Lorsqu'il y a des appels à la violence ou des atteintes contre les libertés démocratiques, les choses sont simples, car la police peut intervenir», explique Kenan Kolat, le représentant de la communauté turque en Allemagne. Kolat dit vouloir s'investir pour alerter et protéger les jeunes musulmans, cible privilégiée des salafistes, contre les dangers de l'islam radical.
Source : http://www.lefigaro.fr/international/2012/04/19/01003-20120419ARTFIG00648-l-allemagne-se-mobilise-contre-l-islamisme-radical.php

Les salafistes distribuent des corans en Allemagne

Par Patrick Saint-Paul

Mis à jour le 13/04/2012 à 22:37 | publié le 13/04/2012 à 16:42

L'organisation extrémiste «Die Ware Religion» veut distribuer 25 millions d'exemplaires du livre Saint en Allemagne, en Suisse et en Autriche.

De notre correspondant à Berlin

L'Allemagne s'inquiète de la distribution gratuite du Coran à travers tout le pays à l'initiative d'un groupe d'extrémistes musulmans salafistes. Depuis octobre 2011, l'organisation «Die Ware Religion» (la vraie religion) a déjà distribué quelques 300.000 corans traduits dans la langue de Goethe outre-Rhin et s'est fixée pour objectif d'en diffuser 25 millions en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Tous les partis politiques s'alarment alors qu'une nouvelle distribution de masse doit avoir lieu, ce samedi, dans 38 villes allemandes, dont Berlin, Hambourg, Kiel, Lübeck et Wiesbaden.

Le gouvernement et la classe politique dénoncent une exploitation du livre sacré à des fins extrémistes. Le chef du groupe parlementaire des Unions chrétiennes de la chancelière Angela Merkel, Volker Kauder, a «fermement condamné» cette initiative qui selon lui «exploite le Coran à des fins extrémistes» et a réclamé une enquête sur son mode de financement. Le parti libéral FDP, partenaire gouvernemental, juge «inexcusable» ces distributions qui «exploitent l'écriture sacrée comme moyen de propagande publicitaire au service de l'extrémisme». Serkan Tören, un porte parole du FDP, réclame l'extradition des «salafistes non-Allemands, qui violent la loi fondamentale».
recruter de nouveaux militants

Dans l'opposition, le Parti social-démocrate SPD a appelé à poursuivre la surveillance des salafistes. «Si les autorités relèvent qu'il y a violation du droit et de la loi, il s'agirait alors de réfléchir à une interdiction», a déclaré un porte-parole des sociaux-démocrates, Michael Hartmann. Il écarte cependant l'idée qu'«une simple action de distribution puisse transformer des hommes en terroristes». Des menaces proférées contre plusieurs journalistes dans une vidéo publiée sur Youtube ont déclenché l'émoi de la classe politique, qui y voit une atteinte à la liberté de la presse. Dans cette vidéo, retirée depuis, les journalistes sont qualifiés de «cochons» et de «singes». Une voix dit: «Nous savons où tu habites, nous connaissons ton club de football, nous avons ton numéro de téléphone mobile», selon le quotidien Die Welt.

L'auteur de cette action, Ibrahim Abou Nagie, un prédicateur et chef d'entreprise d'origine palestinienne de 47 ans installé à Cologne, explique vouloir «apporter la vérité dans le coeur des gens». Abou Nagie fait lui même l'objet d'une surveillance des autorités. Les services de renseignements allemands s'inquiètent de la montée du courant salafiste outre-Rhin. Ils estiment à 2500 le nombre de salafistes vivant en Allemagne. «La distribution d'exemplaires du Coran est couverte par la liberté religieuse, mais le mouvement qui se cache derrière continue de faire l'objet d'une surveillance», rappellent les autorités. Les services de renseignements jugent que la distribution du Coran n'est qu'un moyen détourné de recruter de nouveaux militants islamistes extrémistes. Pour Bodo Becker, un porte parole du ministère de l'Intérieur, les salafistes représentent une menace pour les libertés démocratiques fondamentales et cultivent un rapport ambigu à la violence.
Source : http://www.lefigaro.fr/international/2012/04/13/01003-20120413ARTFIG00504-les-salafistes-distribuent-des-corans-en-allemagne.php

Voir également : Le salafisme à Solingen : une affaire non-turque ?

dimanche 15 avril 2012

A quoi pensait Recep Tayyip Erdoğan quand il déclara que l'assimilation était un "crime contre l'humanité" ?

Thierry Mudry, Histoire de la Bosnie-Herzégovine : faits et controverses, Paris, Ellipses, 1999, p. 315 :

"La Bulgarie, évoquée dans le texte cité plus haut de Kemal H. Karpat, a, pour sa part, pratiqué, à l'initiative de Todor Jivkov, une politique d'assimilation forcée à l'égard de ses citoyens musulmans, obligeant entre 1971 et 1973 les Pomaques à désislamiser leurs noms et à choisir des patronymes bulgares (à consonance orthodoxe), puis imposant, à partir de décembre 1984, à l'importante minorité turque qui comptait près d'un million de personnes de faire de même. Ces mesures, combinées à d'autres destinées à restreindre la liberté de culte, à interdire l'usage de la langue turque dans les lieux publics ou le port de costumes traditionnels turcs, provoquèrent l'exode de 1989 au cours duquel plus de 300 000 musulmans quittèrent la Bulgarie pour la Turquie, après qu'en mai le gouvernement bulgare leur eut permis d'émigrer. Cet exode prit fin en septembre lorsque la Turquie, débordée par cet afflux de réfugiés, ferma sa frontière avec la Bulgarie. L'éviction du leader communiste Todor Jivkov, en novembre 1989, et la libéralisation du régime qui s'en suivit, avec l'annulation des mesures édictées contre les musulmans, turcs et pomaques, et la possibilité à eux offerte de restaurer leurs noms d'origine, convainquirent une grande partie de ceux qui avaient quitté la Bulgarie d'y revenir : ils étaient déjà 130 000 dans ce cas en janvier 1990."

vendredi 13 avril 2012

Sarkozy : non à la Turquie, oui au Qatar

"Nicolas Sarkozy était, mardi 10 avril à Drancy, et au lendemain de la tournée de deux jours de François Hollande dans les banlieues. Même s'il se défend d'organiser cette visite en réponse à son principal adversaire, le candidat-président ne manque pas de tacler à plusieurs reprises la tournée socialiste. "Il y a ceux qui exploitent et ceux qui font". Et de citer le plan de rénovation urbaine initié par Jean-Louis Borloo et le second qu'il promet en cas de réélection.

Le déplacement est annoncé par communiqué 20 minutes avant le départ du QG de Nicolas Sarkozy, les organisateurs pris de vitesse par cette visite surprise n'ont même pas eu le temps d'imprimer les badges presse. Le bus part au trois quart vide. On se doute que cette précipitation ne doit rien au hasard. Peu populaire dans les banlieues, Nicolas Sarkozy n'a pas pris le risque d'alerter les habitants trop longtemps à l'avance de son arrivée. Mieux vaut éviter les comités d'accueil non homologués. Mais, et c'est bien l'objectif de ce saut de puce à Drancy, il ne sera pas dit que le président sortant ne peut plus y mettre les pieds.

"D'abord, parlez-moi franchement", demande Nicolas Sarkozy aux responsables religieux qu'il rencontre salle Jean Jaurès. L'imam de Drancy est le premier à parler. "L'islam de France, c'est notre rêve", lance Hassen Chalgoumi, lui-même auteur d'un ouvrage sur le sujet. "Vous êtes celui qui en parle le plus", ajoute-t-il. Il regrette l'importation du conflit israélo palestinien en France et souhaite que les imams y soient formés. Sarkozy acquiesce et rappelle qu'il a insisté pour que les Palestiniens entrent à l'Unesco. ET d'ajouter : "Sur la formation des imams, nous sommes prêts à aller assez loin". Le candidat UMP souligne que la laïcité est positive, que c'est un droit. "Tous ensemble on doit lutter contre ceux qui veulent dévoyer les religieux". (...)

Interrogé sur les liens du Qatar avec les prédicateurs récemment interdits de territoire, le candidat rétorque, un peu embarrassé, que le pays des émirats incarne "la modernité de l'islam"… Avant de sous-entendre qu'en raison de ses ressources pétrolières, il n'est pas évident de s'y opposer…
"

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120410.OBS5876/le-saut-de-puce-de-sarkozy-en-banlieue.html

lundi 9 avril 2012

La Turquie est prête à coopérer davantage avec l'UE dans la lutte contre l'immigration clandestine

"L'Union européenne doit trouver rapidement un accord sur les facilités de visas demandées par la Turquie pour obtenir en échange un renforcement de la lutte contre l'immigration clandestine à la frontière avec la Grèce, ont déclaré lundi la Commission européenne et Athènes.

La commissaire chargée de la sécurité et de l'imigration, Cécilia Malmström, a insisté sur ce point au cours d'une conférence de presse à Bruxelles avec le ministre grec responsable de la protection des citoyens, Michalis Chrisochoidis.

La Turquie a signé il y a deux ans avec l'Union européenne un accord pour la réadmission des personnes entrées illégalement dans l'UE depuis son territoire, mais Ankara pose comme condition pour sa mise en oeuvre des facilités d'octroi de visas aux ressortissants turcs dans l'UE, un dossier actuellement bloqué.

Les deux questions sont liées, a souligné Mme Malmström. Nous devrions être en mesure de lancer très rapidement un dialogue sur les facilités de visas, a-t-elle estimé.

Nous soutenons totalement la Commission, a assuré M. Chrisochoidis."

Source : http://www.romandie.com/news/n/_Immigration_illegale_Bruxelles_appelle_a_un_geste_en_faveur_de_la_Turquie51020420121556.asp

"La Belgique et la Turquie organiseront en novembre prochain à Bruxelles une réunion interministérielle "trilatérale" pour discuter de coopération concrète entre les deux pays, notamment en matière d'immigration, dans la perspective d'une possible adhésion à l'Union européenne, a annoncé jeudi le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders."

Source : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1419548/2012/04/05/Belgique-et-Turquie-vont-tenter-de-progresser-sur-des-questions-bilaterales.dhtml

Voir également : Le problème de l'immigration clandestine marocaine/algérienne/tunisienne en Turquie

mercredi 4 avril 2012

La "mosquée" de Moudon

MOUDON
De la mosquée à l’église, ils ont bravé l’inconnu

Par SARAH BOURQUENOUD le 09.11.2009 à 00:02

Les lieux de culte ont révélé leurs secrets, hier, à l’occasion de la Semaine des religions. Musulmans, protestants ou catholiques ont pu prendre le thé chez les uns et les autres.

La mosquée de Moudon est discrète. Tellement discrète, d’ailleurs, que ce n’est pas vraiment une mosquée. «Le terme est un peu audacieux, vu le bâtiment! C’est plutôt un lieu de prière», indique David Gun. Membre du groupe Suisse-étrangers de Moudon, il a conduit dimanche matin une cinquantaine de personnes à la découverte des lieux de prière de la ville. Les participants sont d’origines diverses: Albanais, Turcs, Portugais, Somaliens, et bon nombre de Suisses. L’occasion pour beaucoup de se glisser «chez les autres» pour la première fois.

Première halte, donc, la mosquée. A deux pas de la gare, dans un bâtiment anonyme, il suffit d’enlever ses souliers et de franchir le seuil pour un dépaysement total. Ou presque: pas besoin de maîtriser la langue du Coran pour fréquenter les lieux. «Je ne parle pas l’arabe, je récite les prières un peu comme des poèmes. C’est la même chose que le latin pour les catholiques!» explique Bisim Imeri, président de la communauté albanaise de Moudon.

Pas de prière pour le groupe ce matin-là, elle a déjà eu lieu avant le lever du jour. «La salle est surtout pleine le vendredi, où une cinquantaine de personnes viennent de loin pour prier», indique l’imam des lieux, Haci Kacin. Après la visite, le groupe est invité à partager le café. «J’étais curieuse de venir voir la mosquée», souffle Clémence, 10?ans, attablée avec son papa.

La suite du voyage se fera à deux pas de là, à l’église évangélique. Chant, batterie et guitare: non, ce n’est pas un concert de rock qui accueille les curieux, mais la louange du jour. Quelques cafés plus tard, changement de décor pour l’église allemande. «Est-ce que Dieu est plus important que Jésus dans votre religion?» demande une participante musulmane. Discussion un brin confuse sur la trinité. On évoque Saint-Gall, dont l’église accueille des prières chrétiennes et musulmanes communes. Un projet envisageable à Moudon? Moues dubitatives… «Inch’allah, comme on dit», lance David Gun.

«Matinée enrichissante»
Vitraux et pierres majestueuses, c’est l’église Saint-Etienne qui incarne ensuite la paroisse réformée. Puis le groupe se rend à l’ancienne caserne, dans laquelle la paroisse catholique tient son repas de soutien. Au fil de la matinée, les participants ont rapidement fraternisé, et l’ambiance est bon enfant. «Quand on connaît les gens, il y a des a priori qui tombent», constate la municipale Magadis Richardet. Etonnant, la présence de l’élue UDC dans la mosquée de Moudon? «Pas du tout, pourquoi ça? Etre UDC ne veut pas dire qu’on est fermés! Cette matinée était très enrichissante», sourit-elle.
Source : http://archives.24heures.ch/vaud-regions/actu/mosquee-eglise-brave-inconnu-2009-11-08

Voir également : Suisse : David Gün, un musulman d'origine turque candidat sur une liste "Hors parti et UDC"