mercredi 18 décembre 2013

Accord anti-immigration clandestine entre la Turquie et l'UE

Bruxelles obtient de la Turquie un accord anti-immigration clandestine

Longtemps rétif, le gouvernement turc de Recep Tayyip Erdogan a signé avec l’Union européenne, lundi 16 décembre, un accord de « réadmission » de migrants clandestins.


17/12/13

En contrepartie, les Européens se sont engagés à négocier une levée des visas imposés aux Turcs d’ici à trois ans et demi, mais sans échéancier précis.

Que prévoit l’accord de réadmission ?

La politique du donnant-donnant a finalement fonctionné. En signant aux côtés de la commissaire européenne à la sécurité intérieure, Cecilia Malmström, un accord qualifié « d’historique » de 45 pages sur la « réadmission » de migrants clandestins – bouclé depuis juin 2012 –, le ministre de l’intérieur turc Muammer Güler a joué le jeu des Européens. « Autrement dit, décrypte une source diplomatique européenne, si l’on intercepte un migrant en situation irrégulière turc, ou non-turc mais passé par la Turquie pour rentrer dans l’Union européenne, alors la Turquie devra le reprendre. »


Cet accord n’est pas censé affecter le droit des migrants à demander l’asile et leur non-refoulement dans des pays où ils risqueraient leur vie. Mais il permet aux Européens d’accentuer leurs pressions sur la Turquie – déjà débordée par l’arrivée de réfugiés syriens – afin qu’elle renforce la lutte contre les passeurs, sachant que la frontière gréco-turque est devenue l’une des voies principales de l’immigration clandestine en Europe (37 531 clandestins interceptés en 2012 venaient de Turquie, et 7 032 personnes dans la première moitié de 2013).
Pourquoi la Turquie refusait-elle de signer jusqu’ici ?

Depuis 2010 au moins le gouvernement turc lie sa signature sur la réadmission à une libéralisation des visas, estimant que les citoyens turcs, dont le pays est associé à l’Europe depuis 1963 et membre de l’Union douanière depuis 1995, ont un droit légitime à circuler dans les 26 pays de l’Espace Schengen européen sans frontières.

En juin 2012, tout le monde a cru à une signature imminente de la Turquie après que les pays de l’UE ont accepté d’entamer un dialogue sur la libéralisation des visas. Mais, déçu et échaudé par de laborieuses négociations sur la candidature de son pays à l’Union, le gouvernement Erdogan s’est contenté de le parapher provisoirement.
Pourquoi la Turquie a-t-elle finalement signé ?

En général ces accords de réadmission – déjà signés avec 12 pays dont la Moldavie, l’Albanie, la Russie, la Serbie, le Cap Vert, l’Arménie ou encore récemment l’Azerbaïdjan – vont de pair avec des « facilitations de visas ». Mais le cas turc a longtemps suscité des réserves, en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas, et, surtout, à Chypre dont la partie grecque de l’île n’a pas de relations avec Ankara.

Cette fois-ci, même si une libéralisation effective des visas à l’horizon 2017 dépendra de négociations basées sur une proposition que fera la Commission européenne en temps voulu et de l’approbation finale des Vingt-huit et du Parlement européen, Ankara estime avoir gagné au change. Bruxelles lui a présenté une feuille de route avec quatre grands thèmes à négocier : la sécurité des documents de voyage, le contrôle de l’immigration et des frontières, l’ordre public et la sécurité, les droits fondamentaux.

« Aucun résultat négatif ne résultera de la libéralisation des visas, au contraire, les hommes d’affaires, les artistes, les sportifs, les membres de l’organisation de la société civile se rendront plus librement dans l’UE, et ce sera très bénéfique pour l’UE », s’est réjoui le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, fortement mis en cause en juin dernier par les classes moyennes souvent favorables à un rapprochement avec l’Europe. À Bruxelles, on argue que l’ouverture du « chapitre 22 » sur la politique régionale dans les négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE, confirmée début novembre, a réchauffé l’ambiance après 40 mois de gel.
Source : http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Bruxelles-obtient-de-la-Turquie-un-accord-anti-immigration-clandestine-2013-12-17-1077330

Voir également : La question des visas pour les citoyens turcs

Accord entre l'UE et la Turquie sur la lutte contre l'immigration illégale

La Turquie est prête à coopérer davantage avec l'UE dans la lutte contre l'immigration clandestine

Le problème de l'immigration clandestine marocaine/algérienne/tunisienne en Turquie

Turquie : 11 opérations policières simultanées pour combattre l'immigration clandestine

Construction d'un mur à la frontière turco-syrienne, pour empêcher les intrusions et la contrebande

La Turquie, terre d'immigration

La Grèce inutile se fait taper sur les doigts par l'Allemagne et l'Autriche au sujet de l'immigration clandestine

Immigration clandestine : l'UE enfin prête à sanctionner la Grèce laxiste et décidément inutile en l'expulsant de l'espace Schengen

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Immigration croissante de Grecs... en Turquie

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vendredi 6 décembre 2013

La question des visas pour les citoyens turcs




En bleu foncé : les Etats ayant aboli le régime des visas pour les citoyens turcs.

En bleu clair et en vert : ceux délivrant des visas pour les détenteurs de passeports réguliers à leur arrivée.

Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Visa_requirements_for_Turkish_citizens

jeudi 5 décembre 2013

Immigrés turcs et marocains : deux populations radicalement différentes

Xavier Raufer, entretien à Eléments, n°137, octobre 2010 :

"N'étant ni sociologue ni ethnologue, je vous répondrai en criminologue, partant de ce que je sais et de ce que je vois. En sachant que dans notre pratique quotidienne, nous nous intéressons surtout à ce que font les gens — et moins à ce qu'ils sont. J'ai ainsi publié en 2007 un Atlas de l'islam radical dont il était si limpide qu'il s'intéressait à des activistes, voire à des terroristes, en tant que tels et non de par leur confession, que nulle instance communautaire musulmane, nul imam, nulle mosquée, n'a protesté. Les musulmans ont fort bien compris notre démarche. De même, les grandes catégories d'usage utilisées, comme « populations immigrées » ou « nouvelles générations issues de l'immigration », sont peu utiles pour comprendre et régler les affaires de terrain. Pour de telles populations, la criminalité résulte de manière flagrante d'un manque d'intégration (individuelle ou collective) au pays d'accueil, et l'empêche tout à la fois. C'est un problème circulaire, type « poule-et-oeuf ». Là, mille situations cohabitent en Europe — et encore, ne peut-on pas tout mesurer ! Car certains pays, dont la France, interdisent pour l'essentiel la statistique fondée sur l'origine nationale ou ethnique.

Mais entrons un peu dans le détail... En Belgique par exemple, ou aux Pays-Bas, deux populations émigrées, toutes deux musulmanes, la turque et la marocaine, ont des niveaux très différents d'intégration (les Marocains sont plutôt bien intégrés, les Turcs vivant par tradition entre eux) et (pour aller vite) des taux de délinquance et de criminalité constatées très divergents : élevé pour les Marocains, beaucoup moins pour les Turcs... Et encore, s'agissant des Marocains, la situation est-elle très contrastée entre Arabes et Berbères ! Je crois donc que les grandes tirades sur l'intégration (sans nuances) des immigrés (sans distinctions) sont politiciennes, de purs propos de campagnes électorales. En réalité, il faut, dans chaque aire considérée, effectuer un diagnostic de terrain précis, en tenant minutieusement compte de qui vit où, et fait quoi. Songez que dans la cité de La Villeneuve, évoquée plus haut, quarante nationalités se côtoient, selon la mairie. Dans ce diagnostic, le facteur criminel joue bien sûr un rôle (comment développer un quartier vivant entre émeutes, trafics et racket ?), mais c'est loin d’être le seul."

Voir également : Turcs et Marocains en Belgique

Les immigrés turcs : une criminalité faible

Délinquance et immigration turque (rappel)

Les jeunes Turcs moins impliqués dans la délinquance que les jeunes Maghrébins et Sahéliens

Aux Pays-Bas comme en Allemagne et ailleurs, les immigrés turcs ont un taux de criminalité significativement inférieur à celui des immigrés marocains

Pays-Bas : le regard critique des immigrés turcs sur les immigrés marocains

Turquie : 11 opérations policières simultanées pour combattre l'immigration clandestine

COUP DE FILET – 1.080 migrants clandestins arrêtés par les forces de police turques

Une opération visant à démanteler un réseau de trafic d’êtres humains a conduit à l’arrestation de 1.080 migrants clandestins sur la côte ouest du pays, a rapporté vendredi le quotidien turc anglophone Hurriyet Daily News. Onze opérations ont été menées simultanément par les forces de gendarmerie de la province d’Istanbul en coopération avec les garde-côtes et les services de renseignement turcs (MIT) dans les provinces de Tekirdağ et Kocaeli – non loin d’Istanbul – d’Antalya, de Muğla et d’Aydın.

La police turque, qui surveillait le réseau depuis près de sept mois, est passée à l’action vendredi tôt dans la matinée. Dix-sept suspects ont ainsi été arrêtés, neuf bateaux et trois bus utilisés pour le transport des clandestins ont également été saisis par la police. Selon les enquêteurs, un homme de nationalité irakienne, identifié comme “M.A”, serait à la tête du réseau. Il aurait organisé le passage de migrants en provenance d’Irak, d’Iran, de Syrie, du Pakistan, d’Afghanistan et du Bangladesh en direction de l’Europe. D’abord cachés dans les quartiers stambouliotes excentrés d’Arnavutköy et de Gaziosmanpaşa, ils étaient ensuite acheminés vers la Grèce, la Bulgarie et la Roumanie.

La Turquie fait de plus en plus office de zone de transit vers l’Europe pour les immigrés clandestins venus du Moyen-Orient, de l’Asie de l’ouest et tout particulièrement de Syrie, depuis le début du conflit. Ces derniers mois, de nombreux bateaux sur le point de chavirer ont été interceptés par les garde-côtes turcs. Vendredi, six migrants dont trois enfants ont d’ailleurs trouvé la mort dans le naufrage d’un bateau au large d’Ayvalık, dans le nord-ouest de la Turquie.

Laura Lavenne (http://lepetitjournal.com/istanbul) lundi 2 décembre 2013
Source : http://www.lepetitjournal.com/istanbul/accueil/la-turquie-en-bref/171027-coup-de-filet-1-080-migrants-clandestins-arretes-par-les-forces-de-police-turques

Voir également : Construction d'un mur à la frontière turco-syrienne, pour empêcher les intrusions et la contrebande

Le problème de l'immigration clandestine marocaine/algérienne/tunisienne en Turquie

La Turquie, terre d'immigration

La Grèce inutile se fait taper sur les doigts par l'Allemagne et l'Autriche au sujet de l'immigration clandestine

Immigration clandestine : l'UE enfin prête à sanctionner la Grèce laxiste et décidément inutile en l'expulsant de l'espace Schengen

Immigration clandestine en Autriche : 22 Grecs condamnés pour trafic d'êtres humains

Nicosie, capitale "européenne" des "mariages blancs"

Immigration croissante de Grecs... en Turquie

Poussés par la pauvreté, des Grecs émigrent en Turquie

Ces nombreux immigrés clandestins arméniens qui vont en... Turquie

mardi 3 décembre 2013

Délinquance et immigration turque (rappel)

L'impact des milieux sociaux d'origine sur les résultats scolaires des enfants d'immigrés turcs

"Mais « enfants d’immigrés » est une vaste catégorie qui cache de profondes différences d’origines. Un article récent de Mathieu Ichou dans la Revue française de sociologie prend cette hétérogénéité comme objet d’étude, en étudiant la réussite de groupes différents d’enfants d’immigrés selon le pays de naissance de leurs parents. Et il y a des différences scolaires fortes entre enfants d’immigrés eux-mêmes : ceux de Turquie et du Sahel ont des résultats plus faibles que les enfants de natifs de mêmes milieux sociaux. Ceux d’Asie du Sud-Est et de Chine, eux, ont des résultats supérieurs. Le cheminement de la recherche sociologique pousse alors à chercher l’origine des différences : Ichou montre ainsi que les immigrés turcs comparés avec les autres immigrés, à milieu social égal en France, proviennent beaucoup plus fréquemment de familles rurales et pauvres. L’arrivée en France ne remet pas les compteurs à zéro."

Source : http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/12/02/la-soif-du-sociologue-pour-l-irregularite-statistique_3523973_1650684.html

Voir également : Turcs et Marocains en Belgique
 
Les jeunes Turcs moins impliqués dans la délinquance que les jeunes Maghrébins et Sahéliens

L'immigration turque en France

lundi 2 décembre 2013

La Turquie a expulsé 1100 ressortissants de l'UE liés à al-Qaïda

La Turquie expulse 1100 citoyens européens liés à al-Qaïda en action en Syrie (presse)
Par : Laura |  Mots clés : news
French.china.org.cn | Mis à jour le 02-12-2013

La Turquie a expulsé vers leurs pays d'origine 1.100 citoyens européens qui sont venus en Turquie pour rejoindre des groupes d'al -Qaïda en action en Syrie, a rapporté dimanche le quotidien Haberturk.


Selon le journal, Ankara a envoyé un rapport sur cette affaire à l'Allemagne, la Belgique, la France et les Pays-Bas, quatres pays d'où sont venus la plupart de ces combattants.

La Turquie a arrêté ces citoyens européens avec l'aide de l'Organisation nationale de renseignement, les forces de gendarmerie et des unités de police dans 41 opérations en 2013, indique le quotidien, qui ajoute qu'il y a encore environ 1.500 citoyens européens qui tentent d'aller en Syrie et de combattre sur la ligne de front avec des groupes d'al -Qaïda.

La Turquie, actuellement en état d'alerte sur les djihadistes présumés, a partagé des renseignements avec les pays européens dans ce domaine par le biais d'Interpol, fait savoir le Haberturk.

Selon le journal, la Turquie a lancé 141 opérations contre Al-Qaïda et les groupes d'Al-Qaïda ces trois dernières années et réussi à arrêter 518 suspects dont 217 ont été emprisonnés. Fin

Source: Agence de presse Xinhua
Source : http://french.china.org.cn/foreign/txt/2013-12/02/content_30764477.htm

Voir également : Syrie : la lutte turco-belge contre les recruteurs salafistes

mercredi 27 novembre 2013

Le "retour" des diplômés belgo-turcs en Turquie

"Ces Belgo-turcs qui retournent tenter leur chance en Turquie

SOCIETE | mardi 26 novembre 2013 à 14h49

Ils sont jeunes et ils ont de bons diplômes mais ont décidé de quitter le pays pour retourner dans leur pays d’origine. Cette décision fait dire à des chercheurs de l'université d'Anvers qu'il s'agit là d'une véritable fuite des cerveaux, une véritable perte pour notre pays. Ces chercheurs n'ont interrogé que 27 personnes. Mais ils précisent que beaucoup d'autres étaient prêts à répondre à leurs questions et que par ailleurs, la même tendance a été mise en évidence aux Pays-Bas et en Allemagne. Pour eux, c'est clair, il s'agit d'un phénomène de fond.

Ils ont une vingtaine ou une trentaine d'années. Ils sont nés en Belgique et ils voient la Turquie comme un Eldorado. Beaucoup finissent par partir parce qu'ils se sentent discriminés ici.

Zeynep Balci, de l'université d'Anvers, a analysé ce phénomène : "Dans leurs réponses, ces jeunes parlent très souvent de discrimination. Discrimination dans l'enseignement, sur le marché du travail, dans la recherche d'un boulot, etc.".

Mais d'autres sont simplement attirés par le dynamisme de la Turquie. C'est le cas de Sinan Logie qui est architecte et qui a fait ses valises, il y a deux ans, direction Istanbul.

"J'ai été attiré par le dynamisme du secteur de la construction en Turquie sachant que le gouvernement suit un peu le modèle chinois. Le secteur de la construction et de l'immobilier sont un peu les moteurs de l'économie turque", raconte l’homme, âgé de 38 ans."

Source : http://www.rtbf.be/info/societe/detail_de-nombreux-belges-d-origine-turque-quittent-la-belgique-pour-tenter-leur-chance-en-turquie?id=8144061

Voir également : L'exode des diplômés turcs d'Allemagne

dimanche 24 novembre 2013

Le Grand-duc Henri de Luxembourg : "Le flux des immigrés turcs n'est plus un problème aujourd'hui pour l'Europe"

"«Un long chemin parcouru»

2013-11-22 23:09:00

De notre envoyée spéciale
à Istanbul, Geneviève Montaigu

Un développement fulgurant. C'est ce qui a d'abord sauté aux yeux du chef de l'État qui avait visité le pays en 1989, alors qu'il était encore Grand-Duc héritier. Hier matin, il a réitéré son souhait de voir la Turquie rejoindre le club européen.

Nous avons fait un voyage exceptionnel grâce à l'accueil des autorités et de la population.» C'est ainsi que le Grand-Duc s'est exprimé, vendredi matin, juste après le petit-déjeuner, face à la presse. Le souverain s'est tenu à la disposition des journalistes pour répondre à leurs questions à l'issue d'une visite d'État de quatre jours en Turquie.

Un séjour qui a permis au chef de l'État d'affirmer son soutien au gouvernement turc quant à ses aspirations à rejoindre l'Union européenne. Il avait déjà eu l'occasion d'effectuer un séjour officiel en 1989, «sous l'ancien régime», comme il le précise, en sa qualité de Grand-Duc héritier, et s'est dit «impressionné» par les changements que le pays a vécus.

«Il y a eu d'abord une explosion de la construction et ce pays s'est développé d'une manière fulgurante», a expliqué le Grand-Duc Henri. Il s'est dit très heureux d'avoir réalisé ce voyage aujourd'hui : «Le pays se développe d'une manière fulgurante et nous avons pu profiter de cette vague qui est en train de se faire d'un point de vue économique et politique, parce que la Turquie se trouve à un moment charnière et je crois que le timing de notre visite était parfait», a-t-il exprimé. (...)

Quant à son avis sur les Européens qui s'opposent farouchement à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, il est clair : «C'est un choix qui leur appartient. Ils craignent une pression de la Turquie et on peut les comprendre. Ils craignent également un afflux massif d'immigrés (...) J'ai eu l'occasion d'en discuter avec mes interlocuteurs ici, et ils me disent qu'ils ont au contraire besoin de leur population ici pour développer leur économie. Le flux des immigrés turcs n'est plus un problème aujourd'hui pour l'Europe», a conclu le chef de l'État."

Source : http://www.lequotidien.lu/politique-et-societe/50772.html

vendredi 15 novembre 2013

Montauban : procès en appel de violeurs kurdes (et non turcs)

Montauban. A la barre, les deux violeurs présumés de Julie, l'ado fugueuse, se disent innocents

Publié le 13/11/2013 à 03:52, Mis à jour le 13/11/2013 à 10:37 | 1
Justice : procès en appel des deux violeurs présumés

Le procès en appel de deux Kurdes de 23 et 26 ans, Ishak Guler et Selman Varkan, a débuté par un incident d’audience, hier matin. Les avocats de la défense, maîtres Nicolas Raynaud de Lage suivi par Alexandre Martin, ont considéré que la lecture du résumé de l’affaire, après la constitution du jury faite par la présidente Corinne Chassagne, était trop proche de l’ordonnance de mise en accusation en infraction avec la loi.

Rappelons que les deux hommes avaient été condamnés par la cour d’assises de la Haute-Garonne en mai 2012, à 15 et 13 ans de réclusion criminelle pour des viols commis sur la jeune Julie en août 2009 alors âgée de 14 ans et aujourd’hui majeure sous curatelle simple. La jeune fille avait quitté un camping de Perpignan pour se retrouver livrée à elle-même à Toulouse. Elle avait été prise en charge au hasard par l’un des accusés.

La cour délibérait pour dire que la loi avait été respectée, ce qui était l’avis de l’avocat général Jean-Jacques Sylvestre.

Le procès n’a pu débuter qu’en toute fin de matinée avec l’étude de personnalité des accusés. Le procès est public avec un semi huis-clos lorsque Julie s’exprimera, ainsi en ont décidé les avocates des parties civiles, maîtres Marie-Hélène Pibouleau dans l’intérêt de Julie et Charlotte Levi pour ceux des grands-parents de Julie.

Julie était absente hier mais devrait être présente aujourd’hui. Les deux jeunes Kurdes ont indiqué qu’ils avaient fait appel parce qu’ils «étaient innocents et que la peine était trop lourde», comme le précisait Ishak Guler. Selman Varkan, rajoutant : «Je ne suis pas un violeur.»
La défense insiste sur l'absence de preuves

Le directeur d’enquête toulousain est resté près deux heures à la barre, hier, en début d’après-midi. Il expliqua par le détail, les cinq jours vécus sur Toulouse en cette fin août 2009, par cette adolescente confiée à ses grands-parents suite au décès de son père et à un AVC de sa mère. C’est là que maître Alexandre Martin allait mettre en avant le caractère séducteur de Julie, son intérêt pour les garçons à travers des textos, ses déclarations variables. «Je ne nie pas que Julie ait eu des relations sexuelles, mais il n’y a pas de preuve que cela ait été avec mon client. Seule la fellation est reconnue par les deux», déclara le défenseur de Selman Varkan, alors que maître Nicolas Raynaud de Lage faisait dire à l’enquêteur que son client «avait joué un rôle de sécurisant».

Le directeur du camping d’Elne d’où avait fugué la jeune fille, tempérait d’une voix ferme : «Je ne l’ai jamais vu aguicher des garçons.» Quant au garçon qui l’avait conduite après une nuit à Narbonne sans relation sexuelle parce qu’il avait senti qu’elle ne pouvait pas devenir sa femme, il indiqua qu’arrivé à Toulouse, elle ne voulait pas descendre de sa voiture par crainte certainement. Elle était descendue en lui faisant croire que quelqu’un viendrait la chercher.

Ce quelqu’un ne vint jamais. Elle allait rencontrer Ishak Guler qui l’a conduite sur un parking. On reparlera de la suite, jusqu’à vendredi…
Rémi-Constant Belrepayre
Source : http://www.ladepeche.fr/article/2013/11/13/1751474-montauban-les-deux-accuses-se-disent-innocents.html

Pour rappel : Toulouse : trois Kurdes (et non Turcs) poursuivis pour viols sur mineure

Les violeurs kurdes de Toulouse sont des "réfugiés politiques" ou des fils de "réfugiés politiques" (apocu ?)

Le violeur kurde Selcuk Ozcan est membre du PKK

Voir également : Thierry Deve-Oglou : l'improbable explication de ses crimes dans le prétendu génocide arménien

Le violeur et meurtrier Thierry Dève-Oglou est d'origine arménienne et non turque

mercredi 13 novembre 2013

Turcs et Marocains en Belgique

Altay Manço, publication : "Approche sociodémographique de l'immigration turque en Belgique dans ses rapports aux autres populations", IRFAM :

"‐ L'accès à l'université est rare chez les Turcs et représente à peine 10-11 % des jeunes adultes. Chez les Marocains ce taux est de 25-30 %.
‐ L'orientation politique générale remarquable au sein de la communauté turque est tournée vers le pays d'origine. Par exemple, 56 % des Turcs disent ne pas s'intéresser à la politique en Belgique. Ce taux n'est que de 33 % chez les Maghrébins ; ils orientent volontiers leur attention vers la vie politique locale en Belgique avec un grand nombre de candidats et d'élus sur les listes des partis politiques belges.
‐ On constate chez les Turcs le maintien de la langue d'origine : 95 % disent très bien parler cette langue et 66 % suivre les télévisions turques par satellite. Ces valeurs sont respectivement de 68 et 51 % chez les Belges d'origine marocaine.
‐ Les statistiques de criminalité montrent un comportement peu noté chez les Turcs, essentiellement composé d'actes délictueux et violents ayant cours à l'intérieur de la communauté turque. Chez les Marocains, la délinquance semble concerner des personnes plus jeunes, être tournée vers des formes acquisitives et être numériquement plus visible.
‐ Plus de 78 % des Turcs de Belgique se sentent avant tout « Turcs ». Le sentiment identitaire principal chez les Marocains est par contre : « Musulman » (60 %).

‐ Enfin, si 44 % des femmes d'origine turque sont actives sur le marché de l'emploi (malgré un très fort taux de chômage), les actives marocaines ne représentent en Belgique que 23 % du groupe de référence."

Source : http://irfam.org/assets/File/rechaction/Analyse%2012_2012_Approche_sociodemographique_de_l_immigration_turque_en_Belgique_dans_ses_rapports_aux_autres_populations-A_Manco_IRFAM.pdf

(p. 6)

Voir également : Belgique : discipline de la communauté turque

Belgique : les Turcs légèrement surreprésentés dans la délinquance

Aux Pays-Bas comme en Allemagne et ailleurs, les immigrés turcs ont un taux de criminalité significativement inférieur à celui des immigrés marocains

Etrange "déballage" de commentaires favorables aux immigrés turcs sur un article concernant l'immigration en Belgique

Les immigrés turcs : une criminalité faible

dimanche 10 novembre 2013

L'Allemagne en 2012 : la part des Turcs dans la délinquance étrangère

En 2012, l'Allemagne abritait une population étrangère totale au nombre de 7 millions 213.708 individus. Au sein de celle-ci, on comptabilisait : 1 million 575.717 ressortissants turcs (soit 21,8 % des étrangers), 532.375 polonais (7,4 %), 529.417 italiens (7,3 %), 205.026 roumains (2,8 %), 180.485 serbes (2,5 %), 157.051 kosovars (2,2 %), 118.759 bulgares (1,7 %), 63.584 marocains (0,9 %).

Source : http://regiotrends.de/media/2013/02/1361202722.4804.pdf

(données du Bureau fédéral des migrations et des réfugiés)

Selon un rapport du Ministère de l'Intérieur (p. 46), parmi les suspects d'infractions étrangers enregistrés en 2012, on comptait : 18,4 % de Turcs, 7,5 % de Polonais, 4,5 % d'Italiens, 6,5 % de Roumains, 4,4 % de Serbes, 2,2 % de Kosovars, 2,7 % de Bulgares, 1,4 % de Marocains.

Source : http://www.bmi.bund.de/SharedDocs/Downloads/DE/Broschueren/2013/PKS2012.pdf?__blob=publicationFile

Voir également : 2011 : la part des Turcs dans la délinquance étrangère à Berlin et dans toute l'Allemagne

2011 : la criminalité organisée étrangère en Allemagne

Berlin : la part des Turcs dans la délinquance étrangère

Allemagne : comparaison entre les immigrés turcs, italiens et polonais

Les immigrés turcs : une criminalité faible

vendredi 8 novembre 2013

Des nationalistes kurdes s'opposent à la politique de contrôle des flux migratoires à la frontière turco-syrienne

Manifestation kurde contre un mur entre Turquie et Syrie
Publié le 07-11-2013 à 17h20

NUSAYBIN, Turquie (Reuters) - La police turque a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des milliers de manifestants kurdes réunis jeudi pour protester contre les projets du gouvernement d'ériger un mur le long d'un tronçon de la frontière avec la Syrie.

Les manifestants, des hommes pour la plupart qui agitaient des drapeaux kurdes, protestaient contre le projet dans la ville de Nusaybin, séparée de la ville syrienne de Kamichli par un "no man's land" et des clôtures de barbelés.

Des responsables ont dit le mois dernier que la Turquie avait entamé la construction d'un mur de deux mètres de haut pour arrêter ceux qui tentaient de contourner les postes de contrôle frontaliers et prévenir la contrebande près de Kamichli, où combattants kurdes, rebelles syriens et tribus arabes s'affrontent régulièrement.


Selon des groupes kurdes, le gouvernement veut en fait empêcher les communautés kurdes présentes de chaque côté de la frontière turco-syrienne d'entretenir d'étroites relations.

Les Kurdes syriens disent avoir pris plusieurs localités ces dernières semaines dans le nord-est du pays, où ils sont soupçonnés de vouloir établir un gouvernement autonome.

Daren Butler; Clémence Apetogbor pour le service français, édité par Gilles Trequesser
Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20131107.REU6143/manifestation-kurde-contre-un-mur-entre-turquie-et-syrie.html

Voir également : Construction d'un mur à la frontière turco-syrienne, pour empêcher les intrusions et la contrebande

Immigration croissante de réfugiés syriens en Turquie

La Grèce inutile se fait taper sur les doigts par l'Allemagne et l'Autriche au sujet de l'immigration clandestine

Immigration clandestine : l'UE enfin prête à sanctionner la Grèce laxiste et décidément inutile en l'expulsant de l'espace Schengen

mardi 5 novembre 2013

La Hongrie de Viktor Orbán et la Turquie (rappel)

Turkey's success is an encouragement to Hungary
February 5, 2013 5:40 PM

Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdoğan visited Budapest today, where during the course of his meeting with Hungarian Prime Minister Viktor Orbán, the two heads of state reinforced the strong partnership between the two countries. Later today, both heads of government held speeches at a Hungarian-Turkish business forum, organised to coincide with Prime Minister Erdoğan's visit.

At the press conference following their meeting, Viktor Orbán declared that Hungary acknowledges Turkey's economic performance, which is the result of self-confidence, cooperation and the right political programmes. The Prime Minister also stressed that Turkey was able to achieve this economic success during one of the most difficult phases of the global economic crisis. This is a great encouragement to Hungary. In addition, he called the Turkish head of state one of the greatest political leaders of the decade, who has implemented extreme reforms with unparalleled success.

Mr. Orbán announced that he had accepted the Turkish Prime Minister's suggestion regarding the establishment of a high-level strategic council to facilitate permanent relations between the two countries, and had also accepted Mr. Erdoğan's proposal with relation to the setting up of an energy workgroup.

The parties also set as a goal the doubling of trade between Hungary and Turkey to USD 5 billion by 2015. Mr. Orbán acknowledged that this may be an ambitious target, in the interests of which “we shall remove all obstacles to trade relations”.  Recep Tayyip Erdoğan noted that the recent arrival of 125 Turkish businessmen in Hungary also served to intensify cooperation.

Mr. Erdoğan indicated that Hungary supports Turkey's efforts to join the European Union, for which the Turkish Prime Minister thanked Hungary in the name of his people. Last October, Prime Minister Orbán also received the Speaker of Turkey's Parliament, Cemil Çiçek, who also thanked Hungary for consistently supporting Turkey's goal of EU accession.

Prime Minister Erdoğan said that energy issues were priority areas of economic cooperation. The two countries are partners in the realisation of the Nabucco gas pipeline, he explained. Turkey is a transit country, he said, and is ready to provide any assistance necessary. The two heads of state would also be taking important measures to reinforce cooperation between the two countries with relation to the utilisation of nuclear energy, Mr. Erdoğan said.

With relation to increasing tourism, Mr. Orbán set as a goal that Hungarian citizens should be able to visit Turkey, their second most popular tourist destination, without the need for a visa.


The parties also view the promotion of cultural relations as important. Turkey will soon be opening a Turkish Cultural Institute in Budapest, and Prime Minister Orbán indicated that Hungary was planning to establish a similar institution in Turkey.


Mr. Orbán also stated that Turkey would like Turkish cultural monuments and artifacts in Hungary to be renovated and suitably preserved. The Prime Minister promised his Turkish counterpart that all such issues would be quickly resolved. Accordingly, President and CEO of the Hungarian Development Bank László Baranyay and President of the Turkish Development Agency Serdar Çam signed a letter of intent regarding the preservation of Turkish cultural heritage in Hungary.

Prime Minister Erdoğan and Viktor Orbán will be holding presentations at the Hungarian-Turkish business forum, after which Hungarian President János Áder will receive the Turkish Prime Minister at his Sándor Palace. Later, Mr. Erdoğan will hold a lecture on Turkish foreign policy at the Loránd Eötvös University.

Earlier this year, a session of the Hungarian-Turkish joint economic committee was held in Budapest, which focused on cooperation between the two countries within the fields of energy, industry and healthcare. The meeting was attended by State Secretary for Foreign Affairs and External Economic Relations Péter Szijjártó and Turkish Minister of Health Mehmet Müezzinoğlu, who highlighted a number of fields of cooperation and envisaged thriving economic cooperation. The main commitments of the meeting were reinforced today.

(Prime Minister’s Office)
Source : http://www.kormany.hu/en/prime-minister-s-office/news/turkey-s-success-is-an-encouragement-to-hungary

János Martonyi (ministre des Affaires étrangères du gouvernement Orbán), conférence de presse avec Egemen Bağış, Budapest, 27 octobre 2010 :

"La Hongrie soutient fermement la candidature turque à l’Union européenne et fera tout pour rapprocher la Turquie [des 27] pendant les six mois de notre présidence."

Visite de Gábor Vona en Turquie

Fri, 11/01/2013 - 11:20

Gábor Vona: The future of Eurasia will be based on traditions

Jobbik's president Gábor Vona held his first lecture in Turkey, at Sakarya University near Istambul.


Gábor Vona is presenting four lectures and conducting discussion forums at well-known Turkish universities: he was at Sakarya yesterday, today he's going to Istambul's Marmara University, tomorrow is for Bilecik near Bursa, then Istambul University on Saturday.
Last night around three hundred people attended his lecture on the common Turkish-Hungarian future at Sakarya, 200 kilometres from Istambul. Sakarya University has been conducting significant research activities in Turanic studies. In his lecture, Gábor Vona pointed out that he had come to Turkey in order to discuss the future of Turkish-Hungarian friendship and the opportunities lying therein.

Vona also mentioned that "some European countries and especially the nations of Asia still preserve a lot of the universal human traditions. This universal value base must be adjusted to and harmonized with the challenges of our age so that the power of the past and the challenges of the future create synergies instead of tensions.
In order to build up such a value system and strategy we need to be able to integrate the essence of the European as well as the Asian mentality. The practical European and the profound Eastern approach need to shape us together. I can see three nations, countries that may be able to do so. The two great powers of Eurasia, Russia and Turkey, and my own homeland, Hungary. These three nations are European and Asian at the same time, due to their history, fate and disposition. These nations are destined to present the Eurasian alternative."

Regarding Turkish-Hungarian relations, Jobbik's president pointed out that we were brotherly nations and neither religious nor earlier historical oppositions can dissuade any of us from this idea.  In the future, Turkey must be the country with which we need to have more than just closer diplomatic or business relations:


‘I did not come here to improve temporal diplomatic and business relations, other people will do so; I came here to meet my brothers and sisters, to offer a brotherly alliance and to bring you the message: Hungarians are awakening! This is our common mission and the universal task of Turanism: to build a bridge between East and West, Muslim and Christian and struggle together for a better world.
We must show that Christians and Muslims are not enemies but brothers. Perhaps none else than us Hungarians and Turks are able to do that; but we are, because we are connected by our common blood.’
Source : http://www.jobbik.com/g%C3%A1bor_vona_future_eurasia_will_be_based_traditions

Pour rappel : Hongrie : le parti Jobbik et l'amitié turco-hongroise

Hongrie : le parti Jobbik refuse la turcophobie primaire

Hongrie : le parti Jobbik soutient la République Turque de Chypre du Nord (RTCN)

dimanche 3 novembre 2013

La "White Australia policy" et les immigrés turcs

Xavier Pons, Les mots de l'Australie, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2005, p. 62-63 :

"Le désir de conserver à l'Australie son caractère « racialement » britannique a longtemps constitué le fondement de la politique d'immigration qui, jusqu'aux années 1970, rejetait les immigrants de couleur, et particulièrement les Asiatiques. Cette politique raciste a fini par céder aux pressions de la réalité.

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l'Australie, qui redoutait une résurgence de la menace japonaise, comprit qu'il lui fallait accroître la taille de sa population (qui était alors de 7 millions), tant pour défendre le pays plus efficacement que pour assurer son développement économique. Elle se lança donc dans une politique d'immigration massive ; mais, de façon significative, alors que les autorités, qui souhaitaient obtenir une croissance démographique de 2 % par an, pensaient que le taux de natalité fournirait la moitié de cette croissance, l'autre moitié provenant de l'immigration, ce fut cette dernière qui joua le rôle essentiel. D'autre part, les autorités australiennes espéraient que les neuf-dixièmes des immigrants viendraient de Grande-Bretagne. Mais celle-ci ne pouvait offrir de contingents assez importants, et l'Australie dut se tourner vers d'autres sources : Europe du Nord d'abord (par souci de « compatibilité raciale ») puis Europe du Sud. Comme cela ne suffisait toujours pas, la Turquie, naguère classée pays asiatique (et donc impropre à fournir des immigrants) fut reclassée en pays européen...

Le démantèlement de la Politique de l'Australie Blanche et l'arrivée de « boat-people » en provenance du Vietnam dans les années 1970 ont ouvert la voie à une immigration asiatique qui a aujourd'hui pris une importance considérable : 38,7 % des 89 000 immigrants accueillis en 2001-2002 venaient d'un pays asiatique, et les Asiatiques représentent près de 22 % des résidents ou citoyens australiens nés à l'étranger (6 % de l'ensemble de la population australienne)."

Claudio Bolzman et Kate Golebiowska, "Modes de catégorisation, statuts administratifs, assignations sociales et géographiques", in Chedly Belkhodja et Michèle Vatz Laaroussi (dir.), Immigration hors des grands centres. Enjeux, politique et pratiques dans cinq états fédéraux, Paris, L'Harmattan, 2012, p. 128-129 :

"En Australie jusqu'aux années 1970, le pays avait clairement une « politique britannique et blanche » de recrutement. Ainsi, l'immigration asiatique, en particulier de Chine, mais aussi des îles du Pacifique était exclue sur la base de l'Immigration Restriction Act de 1901. Cette politique fut un peu assouplie suite à la fin de la Deuxième Guerre mondiale qui a amené le pays à accueillir des personnes déplacées en tant que colons (Kunz, 1988). Petit à petit le pays s'est ouvert à la multiethnicité : dans les années 1950s-1970s, l'Australie a signé des accords bilatéraux de recrutement avec l'Italie, la Grèce, les Pays-Bas, Malte, l'Allemagne, la Yougoslavie et la Turquie qui ont permis la préservation du caractère blanc du pays, mais avec une ouverture à des non-britanniques. Malgré tout ces nouveaux venus ont été longtemps perçus comme « autres » (Jupp, 2007a). Ce n'est qu'en 1972 que le gouvernement mit fin à la politique de l'Australie blanche en déclarant que la race, la couleur de peau ou la religion ne constituaient plus un critère central pour être admis en Australie (Jupp, 2007, p. 11)."

Ahmet Ataullah Efendi, un musulman ottoman en Afrique du Sud




Eric Germain, "L'Afrique du Sud dans la politique « panislamique » de l'empire ottoman", Turcica, volume 31, 1999, p. 122-123 :

"A la fin du XIXe siècle, le formidable essor économique de l'Afrique australe entraîna le développement de nouveaux centres urbains où s'établirent des communautés musulmanes qui, à leur tour, sollicitèrent l'Empire ottoman afin de les aider à pratiquer leur religion. Ainsi, les musulmans de Kimberley (capitale de la région diamantifère découverte en 1867) envoyèrent une pétition à Son Excellence Rustem pacha, ambassadeur de la Sublime Porte à Londres, demandant une aide pour la création d'une école coranique. Au début de 1888, l'administration du sultan Abdul Hamid répondit favorablement en nommant l'un des fils d'Abubakr Effendi, Ahmed Effendi diplômé de l'université cairote d'Al-Azhar, professeur de la nouvelle Ecole ottomane de Kimberley avec un traitement de trois cents livres turques par an. Dès 1886, Ahmed Ataullah Effendi jouait déjà un rôle important au sein de la communauté musulmane du Cap, comme l'atteste sa présence parmi les membres fondateurs du Moslem cemetery Board ; son influence culminera avec sa candidature aux élections parlementaires du Cap de 1893. Selon un article paru pendant la campagne électorale, Ahmed Effendi se présenta non seulement comme le représentant légitime de la communauté musulmane du Cap, mais également comme un homme pouvant jouer un rôle de médiateur en Egypte et au Soudan pour contrer l'influence du Mahdi en devenant « The Man who Squared the Mahdi ». Il fut aidé dans sa campagne par son beau-frère, le jeune docteur Abdullah Abdurahman qui commençait là une longue et brillante carrière politique. Ahmed Effendi eût probablement été élu grâce au poids du « vote malais » s'il n'avait commis l'erreur tactique d'annoncer trop tôt sa candidature. Les parlementaires, qui ne supportaient guère la perspective de voir un homme de couleur (musulman de surcroît) siéger à égalité avec des Européens, firent passer au dernier moment une loi électorale très défavorable pour Ahmed Effendi et qui provoqua son échec aux élections. Il rentra alors à Kimberley où il édita le Mohammedan Journal destiné à l'éducation religieuse de la communauté et à la défense du sultan ottoman. En 1901, il fut nommé consul général de l'Empire ottoman à Singapour où il décéda le 11 novembre 1903 dans un accident de la circulation. Ce poste diplomatique n'était pas anodin, car il était demeuré vacant depuis 1865 du fait des pressions exercées par les autorités hollandaises soupçonnant le consul ottoman de Singapour d'encourager l'agitation musulmane dans l'archipel indonésien."

L'islam en Allemagne : une présence ancienne mais méconnue

Claire de Galembert, "Allemagne. L'islam des années 70 à aujourd'hui : entre marginalisation et reconnaissance", in Ural Manço (dir.), Reconnaissance et discrimination. Présence de l'islam en Europe occidentale et en Amérique du Nord, Paris, L'Harmattan, 2004, p. 37-38 :

"La transplantation de l'islam en Allemagne résulte principalement de l'immigration de travail qui a suivi la seconde guerre mondiale. Bien que le fait soit souvent ignoré ou refoulé, l'histoire de l'islam en Allemagne ne débute pourtant pas avec l'immigration de travail des populations musulmanes qui a eu lieu dans les années 1960. (...)

Il importe en effet de rappeler ici que la présence de l'islam, aussi sporadique et minime soit-elle, fut une réalité sur le sol allemand bien avant l'immigration. Parmi les vestiges les plus  remarquables de cette présence, figurent les inscriptions funéraires relatives aux Beutetürken, des prisonniers turcs ramenés dans le butin de guerre et que l'on convertissait plus ou moins de force au christianisme ou encore celle de quelques mercenaires entrés au service des armées allemandes.

Des travaux d'ethnologues et d'historiens allemands (Höpp et Jonker, 1996), parvenus grâce à de minutieuses recherches à relater certains de ces destins, viennent à cet égard témoigner, à l'instar du livre de L. et B. Benassar, qu'en dépit de la frontière politique et religieuse séparant les mondes chrétien et islamique, il arriva à ces deux mondes de s'interpénétrer (Benassar, 1989). Enfin, on ne saurait évoquer le passé allemand de l'islam sans rappeler la quasi-continuité d'une présence musulmane dans les armées allemandes à partir du 18e siècle, qu'il s'agisse de quelques poignées de mercenaires de l'armée prussienne ou des unités musulmanes de la Wehrmacht et des SS.

Dans un cas comme dans l'autre, cette fraternité d'armes fut le résultat d'une stratégie d'alliance diplomatique avec l'Empire Ottoman, qui ne fut pas sans conséquence sur le plan religieux. Frédéric II (1712-1786) ordonna l'aménagement d'un cimetière musulman sur les bords de la Spree pour accueillir les dépouilles des soldats musulmans morts au service de l'armée prussienne. Le régime nazi s'employa à former des « mollahs » dans la faculté d'islamologie de Göttingen, destinés aux corps de volontaires. C'est de cette fraternité d'armes au profit du régime nazi que découle la première transplantation de l'islam en Allemagne. Environ 6 000 musulmans originaires des Balkans et du Caucase ayant servi dans la Wehrmacht, s'implantèrent dans le Sud de l'Allemagne et bénéficièrent des efforts financiers faits en faveur des réfugiés allemands.

C'est également des circonstances guerrières qui présidèrent à l'attention particulière réservée à la liberté de culte islamique des soldats musulmans emprisonnés lors de la première guerre mondiale. Rassemblés pour la plupart dans le « camp de prisonniers mahométans », situé non loin de Berlin, les détenus musulmans issus des Empires coloniaux français et britannique y étaient soumis à une forte propagande islamique, celle-ci ayant pour but d'exalter leur appartenance à l'islam contre le colonisateur chrétien et d'encourager le passage à l'ennemi."

Voir également : La turcophilie allemande

Un immigré turc dans l'Allemagne wilhelmienne : Enver Paşa (Enver Pacha) alias İsmail Enver

L'immigration turque en Allemagne

vendredi 25 octobre 2013

Construction d'un mur à la frontière turco-syrienne, pour empêcher les intrusions et la contrebande

Un mur à la frontière turco-syrienne

    Home ACTUALITE Flash Actu
        Par Le Figaro.fr avec Reuters
        Mis à jour le 07/10/2013 à 14:17
        Publié le 07/10/2013 à 14:11

La Turquie érige un mur de deux mètres de haut le long d'un tronçon de sa frontière avec la Syrie, dans un secteur où ont lieu fréquemment des affrontements, afin d'empêcher les passages clandestins et la contrebande, ont rapporté aujourd'hui les autorités turques.


Des ouvriers ont entrepris de creuser des fondations au niveau du district de Nusaybin, à une dizaine de kilomètres au nord de la ville syrienne de Kamichli, où se produisent régulièrement des heurts entre Kurdes, unités rebelles et tribus arabes.

«Nous n'avons pas eu de problème de sécurité sur la frontière au niveau de Nusaybin, jusqu'à présent ; mais il est extrêmement facile de franchir la frontière clandestinement dans ce secteur», a expliqué un responsable gouvernemental à Ankara.

Ce mur-là doit s'étendre sur une petite partie - dont la longueur n'a pas été précisée - des 900 km de frontière commune, et il est question d'en construire un autre dans un autre secteur de la frontière.
Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/10/07/97001-20131007FILWWW00305-un-mur-a-la-frontiere-turco-syrienne.php

Turkey builds wall along Syria border

MARDİN

The Turkish military has started to build a wall alongside the Nusaybin district, bordering Syria, to prevent illegal passing and smugglers, according to Doğan News Agency.


Construction vehicles are currently continuing the work at the border by Nusaybin, which is located right across from Syria’s Qamishli. The wall is set to be two-meters high, and will have barbed wire fencing over it, the report said.

Officials have also been working on lights in the area, trying to provide a better lit environment for patrols, working to check the borders, Anadolu Agency reported.

Cilvegözü gate

Turkey has previously announced the construction of a 2.5-kilometer-long wall along the Cilvegözü border gate with Syria to prevent illegal crossing.
The Trade and Customs Minister Hayati Yazıcı said protocol with the Turkish Armed Forces has been signed for the construction of the wall.

Turkey has been waging a tough battle against illegal immigration across the borders, as well as increased cases of smuggling, both have been intensified since the conflict broke out in Syria.


October/06/2013
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/turkey-builds-wall-along-syria-border.aspx?pageID=238&nID=55801&NewsCatID=341

jeudi 17 octobre 2013

Comment l'Etat allemand a favorisé sur son sol l'islam wahhabite au détriment de l'islam hanéfite turc

Bernard Lewis, Faith and Power : Religion and Politics in the Middle East, Oxford-New York, Oxford University Press, 2010, p. 163-164 :

"(...) l'Allemagne a la séparation constitutionnelle de l'Eglise et de l'Etat, mais dans le système scolaire allemand, du temps est réservé à l'instruction religieuse. L'Etat, cependant, ne fournit pas les enseignants ou les manuels scolaires. Ils accordent du temps dans le programme scolaire aux différentes églises et autres communautés religieuses, si elles souhaitent dispenser un enseignement religieux à leurs enfants, ce qui est tout à fait optionnel. Les musulmans en Allemagne sont pour la plupart des Turcs. Quand ils atteignirent un nombre suffisant, ils demandèrent au gouvernement allemand la permission d'enseigner l'islam dans les écoles allemandes. Les autorités allemandes acceptèrent, mais déclarèrent qu'ils (les musulmans) devraient fournir les enseignants et les manuels scolaires. Les Turcs dirent qu'ils avaient d'excellents manuels, qui sont utilisés en Turquie et dans les écoles turques, mais les autorités allemandes répondirent non, ce sont des manuels produits par le gouvernement ; en vertu du principe de séparation de l'Eglise et de l'Etat, ces musulmans devaient produire leurs propres manuels. En conséquence, alors que dans les écoles turques de Turquie, les élèves reçoivent une version moderne, modérée de l'islam, dans les écoles allemandes, en général, ils reçoivent de plein fouet le wahhabisme. La dernière fois que j'ai vérifié, douze Turcs ont été arrêtés comme membres d'Al-Qaïda (tous les douze nés et éduqués en Allemagne)."

Voir également : Allemagne : Kenan Kolat et Serkan Tören contre l'islamisme radical

Le salafisme à Solingen : une affaire non-turque ?

mardi 1 octobre 2013

Les jeunes Turcs moins impliqués dans la délinquance que les jeunes Maghrébins et Sahéliens

Hugues Lagrange, Le déni des cultures, Paris, Le Seuil, 2010 :

"Les jeunes issus des migrations du Sud sont aussi très impliqués dans la délinquance ordinaire, qui est un indice précis des blocages, frustrations et ressentiments qui affectent nos sociétés. Aux Pays-Bas, un rapport remis au ministre de la Justice en 1997 souligne la forte implication dans la délinquance des adolescents appartenant aux minorités ethniques : entre 2 et 3 fois plus que les jeunes d'ascendance néerlandaise des mêmes milieux sociaux. Cette sur-implication est le fait des jeunes originaires du Maroc plus que de Turquie." (p. 70)

"On a rarement fait, à ma connaissance, en France, une lecture de ces performances [scolaires] et inconduites au regard des origines culturelles : les données manquaient, et pour cause... D'après l'enquête multi-sites, les différences de réussite scolaire des adolescents selon l'origine culturelle de la famille sont d'une amplitude comparable à celles que l'on enregistre selon les milieux professionnels. En sixième comme à la fin du collège, l'ampleur des écarts de réussite associés à l'origine culturelle est élevée. S'agissant de la délinquance, les différences brutes sont aussi marquées : les adolescents éduqués dans des familles du Sahel sont 3 à 4 fois plus souvent impliqués comme auteurs de délits que les adolescents élevés dans des familles autochtones ; et ceux qui sont éduqués dans des familles maghrébines, deux fois plus.

Les modalités du statut socioprofessionnel et de l'origine culturelle les plus discriminantes définissent schématiquement deux oppositions : actifs versus inactifs, ascendance européenne versus sahélienne et turque2. (...)

2. Avec toujours une moindre implication dans la délinquance des adolescents de familles turques." (p. 144)

Voir également : Pays-Bas : le niveau de criminalité relatif des jeunes Turcs

Pays-Bas : le taux de détention pénitentiaire relativement bas de la population turque

Pays-Bas : le regard critique des immigrés turcs sur les immigrés marocains

Aux Pays-Bas comme en Allemagne et ailleurs, les immigrés turcs ont un taux de criminalité significativement inférieur à celui des immigrés marocains

Les immigrés turcs : une criminalité faible

lundi 5 août 2013

Allemagne : la question des Aussiedler et des Übersiedler

Nora Räthzel, "Nation et nationalité en Allemagne au regard des nouveaux processus migratoires", in Catherine Neveu (dir.), Nations, frontières et immigration en Europe, Paris, CIEMI/L'Harmattan, 1995, p. 162 :

"Au tout début, la stratégie d'intégration des Aussiedler fonctionna. Elle était soutenue par la presse qui décrivait les nouveaux arrivants comme jeunes, qualifiés, sains, capables et prêts à travailler, cotisant au régime allemand de retraite, etc. Mais en l'espace de quelques mois, les perceptions évoluèrent. Là encore, cette évolution fut soutenue par la presse, qui, de la droite à la gauche, découvrit soudain que les Aussiedler, mais surtout les Übersiedler, c'est-à-dire les gens venant de la République démocratique allemande, étaient paresseux, avaient des problèmes sociaux, n'avaient pas l'habitude de travailler, ne montraient aucun sens de responsabilité à l'égard du travail ou des outils, étaient anti-sociaux, et en fait alcooliques.

L'argumentation contre la politique du gouvernement, formulée en partie par Oskar Lafontaine, alors chancelier fantôme des sociaux-démocrates, et qui reproduisait les sondages d'opinion, était que les Aussiedler n'étaient pas de « vrais Allemands ». Sur quelles bases s'appuyait cette affirmation ? Et bien précisément en prenant au sérieux les définitions données de leur appartenance à la nation : ils ne parlaient pas allemand, avaient des manières de vivre différentes, n'étaient pas adaptés à l'économie de marché, croyaient en des valeurs traditionnelles, etc.

La définition racialisée de la nation, qui incluait les Aussiedler à raison de leurs origines (Abstammung) fut alors l'objet d'une remise en cause par la base qui s'appuyait sur les définitions sociales de la nation, comme la langue, la culture et la conduite."

Bakyt Alicheva-Himy, Les Allemands des steppes. Histoire d'une minorité de l'Empire russe à la CEI, Berne, Peter Lang, 2005, p. 321 :

"Le parti social-démocrate exige de maîtriser l'arrivée des étrangers par une nouvelle loi d'immigration [en 1994]. Dans un document rédigé par Otto Schily et Fritz Rudolf Körper, représentants sociaux-démocrates de la politique intérieure, il était dit que cette loi devrait prendre en compte la capacité sociale du pays d'accueillir les Aussiedler et les besoins sur le marché du travail. Selon les déclarations d'Oskar Lafontaine, « personne ne doit être indifférent au fait qu'un Aussiedler trouve chez nous un travail en ôtant à un chômeur la possibilité de travailler. » Le gouvernement dénonce le « populisme » de Lafontaine et l'accuse d'exploiter politiquement les ressentiments envers ces immigrants à quelques semaines d'importantes élections régionales dans trois Länder. Dans les rangs même du parti chrétien-démocrate, certaines voix réalisent pourtant aussi que « le droit du sang », toujours à la base de la nationalité allemande, est d'autant moins défendable que la disponibilité à accueillir les Allemands de souche a nettement diminué : selon un sondage publié par l'hebdomadaire Die Woche, 70 % des Allemands se prononcent aujourd'hui pour limiter le rapatriement de leurs parents de l'Est.

En 1996, Bonn fut obligée de restreindre l'entrée dans le pays au motif que les nouveaux arrivants revenaient trop cher à l'Etat."

Voir également : Allemagne : le problème des Aussiedler ou "Russes allemands"

L'hostilité anti-provinciale à Berlin

Les Allemands de la Volga en provenance d'Anatolie orientale

mercredi 26 juin 2013

Escroquerie à Strasbourg : interpellation d'un clan kurde (et non turc)

par AFP, publiée le 06/06/2013 à 17:45

Strasbourg
Escroquerie dans le bâtiment: les membres d’un clan kurde interpellés


Quinze membres d’un clan turc d’origine kurde ont été interpellés en France et en Allemagne, soupçonnés d’avoir mis en place un vaste système d’escroqueries et fraudes aux prestations sociales dans le secteur du bâtiment en Alsace pour un préjudice de plusieurs millions d’euros, a-t-on appris jeudi de sources proches de l’enquête.


L’enquête, entamée il y a plusieurs mois, a permis d’identifier une société basée dans la périphérie de Strasbourg, dirigée par «un gérant de paille», et qui employait les membres du clan.

Ces derniers négociaient des contrats de démolition de structures métalliques auprès de grands groupes, qu’ils sous-traitaient ensuite à des structures éphémères.

Ces sociétés sous-traitantes s’abstenaient de régler les charges et cotisations sociales, puis étaient vidées de leurs actifs et mises en liquidation judiciaire, selon un enquêteur. Comme les salariés avaient bénéficié, juste avant la liquidation, d’importantes hausses de salaire, ils pouvaient ensuite bénéficier d’indemnités conséquentes de l’AGS, une agence liée à l’Unédic chargée de garantir les rémunérations des employés en cas de défaillance de l’entreprise.

Selon un enquêteur, «le préjudice global pour les divers organismes dépasse les dix millions d’euros», tandis que d’autres sources évoquent seulement «plusieurs millions d’euros».


Grâce aux informations collectées par les brigades financières de la sûreté départementale et de la police judiciaire, plus d’une centaine de policiers ont, sous l’égide du Groupement d’intervention régionale, interpellé lundi 14 membres du clan. Un quinzième a été arrêté par la police allemande à Kehl (ville allemande limitrophe de Strasbourg).

Soupçonné d’être le «patriarche» du clan, ce dernier, un entrepreneur turc de 56 ans qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt européen, est actuellement écroué en Allemagne en attendant son extradition, a précisé un porte-parole du parquet d’Offenbourg (sud de l’Allemagne).

Trois suspects devaient être présentés jeudi à la Juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Nancy, et plusieurs autres devaient être déférés vendredi.

Plus de 60.000 euros, 5.000 francs suisses, des bijoux et des véhicules ont été saisis, ainsi que des comptes bancaires bloqués en Allemagne.
Source : http://www.dna.fr/actualite/2013/06/06/escroquerie-dans-le-batiment-les-membres-d-un-clan-kurde-interpelles

mardi 11 juin 2013

Marine Le Pen : "ça n'est pas la Turquie qui est censée régler les problèmes de l'immigration de l'Union européenne"

Marine Le Pen, interview à BFM-RMC, 9 juin 2013 :

"Mais c'est une porte géographique [la Turquie]. C'est pas des gens [les immigrés clandestins] qui viennent de la Turquie, ce sont des gens qui viennent via la Turquie. Mais enfin, pourquoi est-ce que je reprocherais à la Turquie d'être une passoire ? Est-ce que vous ne croyez pas que la logique et la justice voudraient que je condamne d'abord l'Union européenne d'être une passoire ? Car ça n'est pas la Turquie qui est censée régler les problèmes de l'immigration de l'Union européenne, au départ ça devait être l'Union européenne. Moyennant quoi, je dis que l'Union européenne est incapable de protéger nos frontières et que donc je suis pour la suspension totale de Schengen. Et que la France protège ses propres frontières car personne d'autre ne le fera mieux qu'elle."

Voir également : Le problème de l'immigration clandestine marocaine/algérienne/tunisienne en Turquie

La Grèce inutile se fait taper sur les doigts par l'Allemagne et l'Autriche au sujet de l'immigration clandestine

Immigration clandestine : l'UE enfin prête à sanctionner la Grèce laxiste et décidément inutile en l'expulsant de l'espace Schengen

Immigration clandestine en Autriche : 22 Grecs condamnés pour trafic d'êtres humains

Nicosie, capitale "européenne" des "mariages blancs"

La Turquie, terre d'immigration

Immigration croissante de Grecs... en Turquie
 
Poussés par la pauvreté, des Grecs émigrent en Turquie

Ces nombreux immigrés clandestins arméniens qui vont en... Turquie
 
De plus en plus de chrétiens irakiens se réfugient en Turquie, pays soi-disant "oppresseur"

Marine Le Pen (sur France Inter) : "La Turquie a eu raison"

jeudi 30 mai 2013

L'intégration des immigrés en Europe : le cas du modèle allemand

Craintes
Publié le 30 mai 2013

Tensions sur les différents modèles d’intégration européens : le cas allemand


L’Allemagne n’a pas connu d’émeutes semblables à celles de 2005 en France, de 2011 en Angleterre, ou plus récemment de Stockholm et sa banlieue.
La crainte d'une contagion s'est pourtant manifestée.

Yvonne Bollmann

Yvonne Bollmann est ancien maître de conférences à l'université Paris XII, auteur de La Bataille des langues en Europe et de Ce que veut l'Allemagne, publiés tous deux chez Bartillat

En Suède, Stockholm et sa banlieue ont connu plusieurs nuits de violences entre mercredi et jeudi. Les incendies de voitures, dégradations et jets de pierre, d'abord confinés à Husby, un des quartiers pauvres de Stockholm, se sont étendus aux autres quartiers défavorisés et abritant la plus forte concentration d'immigrés. La France et l’Angleterre ont également connu des émeutes urbaines. La situation semble plus apaisée en Allemagne. Est-ce vraiment le cas ?

L’Allemagne n’a pas connu d’émeutes semblables à celles de 2005 en France et de 2011 en Angleterre. La crainte de la contagion s’y est pourtant manifestée, car en Allemagne aussi il y a « la pauvreté, l’absence de perspectives, la haine de l’Etat », mais c’est le langage de l’apaisement préventif qui a dominé. Le ministre fédéral de l’Intérieur a rappelé les progrès de l’intégration sociale. Il a parlé du consensus quant à l’inutilité de la violence en la matière, et a invité les parents, les enseignants et les associations à transmettre cet état d’esprit aux jeunes. Des commentateurs ont déclaré que le terrain n’est pas favorable à de tels excès : « les structures de l’Etat social tiennent encore, l’administration a les quartiers bien en main, la police exerce son contrôle, il n’y a pas de zones de non-droit ». Le maire de Berlin-Neukölln a donc pu dire que de telles émeutes sont possibles en Allemagne, mais pas probables. Ainsi que l’a résumé un titre de journal : « Berlin n’est pas Londres ».

C’est comme si on avait oublié les émeutes racistes de 1991 et 1993, à Hoyerswerda, à Rostock, où elles furent dirigées contre un centre de demandeurs d'asile et un foyer de travailleurs vietnamiens, à Mölln et à Solingen, où huit personnes turques périrent dans des incendies criminels. Chaque fois, les immigrants et leurs enfants ont été non pas les émeutiers, mais les victimes. En novembre 2011, une fondation a annoncé que la violence raciste/d’extrême-droite avait provoqué depuis la réunification la mort de 182 immigrés.
Existe-t-il, malgré tout, des tensions liées à l’immigration ? Les Turcs, arrivés en Allemagne plus récemment, sont-ils bien intégrés ?

Ces tensions se sont également manifestées à plusieurs reprises avec un immense écho par des paroles et des écrits : quand la Chancelière a déclaré en octobre 2010, devant le congrès des jeunes de la CDU, que « la société multiculturelle a échoué », comme le montre l’existence de « sociétés parallèles ». Puis avec la parution, en décembre 2010, du livre de Thilo Sarrazin, membre du SPD, L'Allemagne court à sa perte, où il critique les effets négatifs de l’immigration, notamment musulmane, et met en cause la volonté d’intégration des musulmans. Au même moment, le Président de la République Christian Wulff avait déclaré dans un discours que « l'islam appartient également à l'Allemagne », tout comme le christianisme et le judaïsme, « notre histoire judéo-chrétienne ».

L’accord germano-turc de recrutement de main-d’œuvre a été signé en 1961. Le plafonnement initial de la durée de séjour à deux ans fut abrogé dès 1964, à la demande du patronat qui appréciait cette main-d’œuvre « efficace, travailleuse et docile », non syndiquée[1]. Le recrutement a pris fin en 1973. D’abord interdit, le regroupement familial est facilité dans les années 1970. Les Turcs semblaient bien intégrés, avec leurs 80 000 entreprises qui réalisent 35 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploient plus de 400 000 personnes. Mais l’apparence est trompeuse. Ce sont six d’entre eux, et deux Allemands d’origine turque, ainsi qu’un Grec, qui ont été assassinés entre 2000 et 2006, quoique commerçants et chefs d’entreprise, par la cellule Clandestinité nationale-socialiste (NSU), soutenue par des collectifs néonazis, et jamais, ces années durant,  inquiétée par la police ou la justice. Ce sont les victimes et leurs familles qui ont été soupçonnées, car « dans l’esprit des enquêteurs, l’assassinat d’un immigré ne pouvait être commis que par un autre immigré ». Un avocat explique en partie les ratés de l’enquête par un « racisme latent ». Les gens du voyage ont eux aussi été soupçonnés d’être derrière ces crimes « pour la simple raison qu’ils ont eu lieu dans différentes régions du pays ». Le procès s’est enfin ouvert le 17 avril 2013, à Munich.

Il y avait en Allemagne, en 2011, un dirigeant de parti, cinq députés du Bundestag, deux ministres régionaux et 27 députés régionaux d’origine turque.
A l’école et sur le marché du travail, d’importantes « lacunes » demeurent néanmoins, et les discriminations sont encore importantes dans de nombreux domaines de la vie quotidienne. Après l’incendie meurtrier de Solingen, beaucoup de Turcs se sont repliés sur leur communauté, ce qui a renforcé l’influence du gouvernement d’Ankara et des médias turcs, et nui à l’idée d’intégration.
Quelles sont les spécificités du modèle d’intégration allemand ?

L’Allemagne a mis du temps à se reconnaître comme un « pays d’immigration ». La politique d’intégration volontariste qu’elle a promue est fondée sur l’idée de réciprocité, exigeant « des efforts de la part des immigrés, mais également une capacité d’accueil de la part de la société allemande ». En réalité, et même si la référence aux droits de l’Homme en la matière est proclamée haut et fort, il s’agit pour l’essentiel de remédier à la pénurie de plus en plus lancinante de main d’œuvre, de rendre réellement « partie prenante de la société », notamment au sein de la « deuxième génération », les plus de quinze millions de personnes issues de l’immigration, et d’en attirer d’autres, tout aussi nécessaires à l’économie allemande.

Markus Löning, membre de la FDP, et délégué du gouvernement fédéral aux questions des droits de l’homme, s’est exprimé sur le droit de la nationalité allemande dans un entretien publié par la Süddeutsche Zeitung le 18/02/2013. Il parle entre autres de l’obligation faite aux enfants nés en Allemagne de parents étrangers, et qui peuvent désormais garder les deux nationalités jusqu'à leur majorité, d’opter pour l’une d’elles entre 18 et 25 ans.

Le problème, selon lui, « réside avant tout dans l’inégalité de traitement des personnes de différentes origines ». Ainsi, « pour les enfants de couples binationaux, les personnes originaires de l’UE ou encore les rapatriés tardifs, la double nationalité est possible en Allemagne sans autre condition. D’autres, en revanche, se la voient refuser alors qu’ils sont nés et ont grandi ici ». Il appelle cela « de la discrimination », l’illustre par l’exemple des « arrière-petits-enfants d’immigrés allemands en Argentine n’ayant plus aucun autre lien avec l’Allemagne que leur arrière-grand-père allemand », et qui «  ont un passeport argentin et un passeport allemand, et peuvent voter aux élections législatives allemandes, tandis que des immigrés turcs et leurs enfants ne peuvent voter en Allemagne alors qu’ils y vivent, y paient leurs impôts et participent à la vie de la société allemande, et ce pour le seul motif qu’ils refusent de renoncer à leur passeport turc ». Il trouve cela « difficilement soutenable », mais aurait pu signaler aussi que depuis les années 1990, l’Allemagne distribue des passeports allemands à des citoyens d’Etats voisins « de souche allemande », dont 300 000 en Pologne.

M. Löning a déclaré : « Nous n’avons rien contre le fait que quelqu’un ait un deuxième passeport et se sente attaché au pays de ses parents. Ce qui compte, c’est qu’il jouisse chez nous des pleins droits de citoyenneté. » Il propose ainsi d’entériner, à côté d’une citoyenneté d’Etat (Staatsangehörigkeit), la notion d’appartenance familiale, et donc ethnique (Volkszugehörigkeit). Le vice-chancelier et ministre fédéral de l’Economie Philipp Rösler plaide lui aussi en faveur de la double nationalité, pour attirer de la main d’oeuvre qualifiée. On ferait par là d’une pierre deux coups, pour le plus grand bénéfice de l’économie, et de la conception allemande de la « nation ».
Un grand groupe d’immigrants est constitué par les rapatriés de souche allemande qui ont vécu pendant de nombreuses générations dans l’ancienne Union soviétique, en Roumanie et en Pologne, et qui reviennent en Allemagne depuis l’effondrement des régimes communistes. Comment cette « immigration » très spécifique a-t-elle été gérée ?

Deux auteurs d’un institut de démographie de Berlin (Berlin-Institut für Bevölkerung und Entwicklung) ont rappelé que, dans le cadre de sa Ostpolitik, Willy Brandt a permis à des membres de minorités allemandes défavorisées de pays d’Europe centrale et orientale d’émigrer en Allemagne de l’Ouest. Il était au demeurant partisan d’un droit européen pour les « minorités ethniques » (Volksgruppenrecht).

La plupart des 1,4 millions d’entre eux arrivés avant 1987 étaient originaires de Pologne. Dénommés « rapatriés tardifs » à partir de 1993, quand la plupart ne venaient plus que de l’ancienne Union soviétique, et que leur flux s’est tari, ces immigrants ont bénéficié de nombreux droits, uniquement dus à leur origine ethnique, qui les différenciaient des autres immigrants, et les mettaient sur un plan d’égalité avec les Allemands d’Allemagne : naturalisation, aides financières diverses, logement privé, cours de reconversion professionnelle. Sans compter les cours de langue – preuve que  cette origine était bien avant tout celle du sang, pas celle liée à la langue allemande, qu’ils étaient loin de maîtriser parfaitement. Ce seraient même « la barrière linguistique et des problèmes d’ordre culturel » qui auraient rendu plus difficile leur intégration, en particulier pour les enfants, dont 20% seulement savaient bien l’allemand.

En quoi le Plan national d’intégration (2007) consiste-t-il ? Est-il efficace ?

Le Plan national pour l’intégration lancé en 2007 repose « sur une vaste mobilisation de toute la société civile. Et sur une idée centrale : l’intégration est un processus qui demande à la fois des efforts de la part des immigrés et une capacité d’accueil de la part de la société allemande ». Il compte 400 mesures, dont 150 prises en charge par le gouvernement lui-même. Ces engagements « sont axés sur la maîtrise de la langue allemande, considérée comme le nœud des difficultés d'intégration, mais ils concernent aussi l'égalité des chances à l'école, la formation et l'insertion professionnelle des jeunes issus de l'immigration ». Des acteurs de la société civile se sont eux aussi mobilisés dans le cadre de ce Plan national pour l'intégration, en particulier les chaînes de télévision publiques ARD et ZDF, le comité olympique allemand et la ligue allemande de football, les associations, ainsi que les entreprises, qui ont engagé des apprentis.

Le 6e Sommet sur l’intégration vient, de se tenir à Berlin. Le site de l’ambassade d’Allemagne en France permet de voir que le bilan du Plan pour l’intégration de 2007 est certes positif, que la proportion de migrants sans emploi a été divisée par deux depuis 2005, notamment grâce à une meilleure formation, et que le nombre de jeunes ayant décroché s’est réduit. Mais « les chiffres sont encore trop élevés. Par exemple, les personnes issues de l’immigration représentent 35 % des demandeurs d’emploi en Allemagne, mais seulement 20 % de la population ». La chancelière a déclaré lors de ce sommet que «  pour une nation exportatrice et un pays confronté à un grand défi démographique, les compétences interculturelles sont importantes. Les personnes qualifiées du monde entier sont importantes ».

La provenance européenne de main d’œuvre qualifiée est néanmoins à l’ordre du jour. Paris et Berlin ont annoncé une initiative contre le chômage des jeunes en Europe, basée sur l’alternance, la mobilité, les crédits aux PME. Ursula von der Leyen, ministre fédéral du Travail, a évoqué « un cri de la jeune génération, qui ne trouve ni apprentissage, ni formation ». Il se trouve qu’il y a aussi un cri parallèle de toute l’économie allemande en pénurie de main d’œuvre, et que tout cela est donc cousu de fil blanc.

[1] http://www.allemagne.diplo.de/Vertretung/frankreich/fr/03-cidal/09-dossiers/immigration/03-recrutement-ger-turc-seite.html
Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/tensions-differents-modeles-integration-europeens-cas-allemand-yvonne-bollmann-740691.html

Voir également : L'immigration turque en Allemagne

Allemagne : le problème des Aussiedler ou "Russes allemands"

L'exode des diplômés turcs d'Allemagne

L'Allemagne en quête d'une immigration haut de gamme

Par Patrick Saint-Paul
Mis à jour le 29/05/2013 à 08:23
Publié le 28/05/2013 à 19:57

Le pays est prêt à faire des efforts d'intégration pour attirer les emplois qualifiés dont son économie a besoin.

Correspondant à Berlin

L'Allemagne veut enrayer la fatalité: le déclin démographique du pays ne doit pas entraîner dans sa chute la prospérité économique. Pour y parvenir, la première économie européenne veut devenir plus attractive pour les immigrés qualifiés, censés compenser les pénuries de main-d'œuvre dans l'industrie et les services outre-Rhin. À l'ouverture du sommet pour l'intégration organisé à la Chancellerie, mardi à Berlin, le ministre allemand de l'Économie, le libéral Philipp Rösler, a ainsi brisé un tabou en réclamant l'attribution de la double nationalité aux immigrés. «Trouver de la main-d'œuvre est l'un des plus grands défis pour l'économie allemande, a souligné Philipp Rösler. Les ressortissants nationaux ne suffiront pas à couvrir les besoins. Je suis persuadé qu'il nous faudra plus de main-d'œuvre qualifiée venant de l'étranger. Et la double nationalité est une incitation supplémentaire, pour attirer cette main-d'œuvre. Cela créerait une véritable culture de l'accueil.»

Le ministre de l'Économie et vice-chancelier, issu du FDP, contredit ainsi les positions du camp conservateur - auquel appartient la chancelière. Cependant, les sociaux-démocrates et les Verts sont favorables à l'attribution de la double nationalité, dont l'octroi est réservé à certains ressortissants européens mais fermé aux immigrés turcs. Le thème devrait donc s'inscrire au cœur de la campagne électorale pour les législatives du 22 septembre.

Le nombre d'actifs en Allemagne venant d'Espagne, d'Italie, de Grèce et du Portugal et attirés par le «miracle économique» a grimpé de 8% en 2012, soit 34.000 personnes. «Cela laisse encore de la marge. Dans nos recherches dans ces pays, nous nous concentrons surtout sur les ingénieurs, les médecins et les professionnels de la santé. Nous devons devenir encore plus attractifs pour les étrangers», plaide Frank-Jürgen Weise, chef de l'Agence allemande pour l'emploi. L'Allemagne a besoin d'un apport annuel de 200.000 immigrés qualifiés par an pour assouvir ses besoins de main-d'œuvre. Frank-Jürgen Weise a lancé récemment un appel aux médecins et ingénieurs d'Europe du Sud à venir tenter leur chance en Allemagne. Le taux de chômage est de 6,9% tandis qu'une personne sur quatre est au chômage en Grèce ou en Espagne. La croissance économique devrait être de 0,5% pour 2013 outre-Rhin et de 1,6% en 2014, selon les prévisions du gouvernement.
Intégrer la minorité turque

Pour réussir son défi, l'Allemagne doit aussi mieux intégrer les immigrés turcs, qui sont trop nombreux à entrer dans l'âge adulte sans formation professionnelle. Parmi les diplômés turcs les plus brillants, nombreux sont ceux à choisir de retourner en Turquie, eldorado de la croissance où de bonnes opportunités d'emplois s'offrent à eux. L'un des facteurs les poussant au départ est le renoncement obligatoire à leur nationalité turque entre 18 et 23 ans, s'ils veulent conserver leur passeport allemand. Lors du sommet pour l'intégration, organisé pour la sixième année consécutive, Angela Merkel a réclamé «plus d'ouverture d'esprit» pour favoriser l'intégration. Et elle a affirmé que l'Allemagne souhaite devenir «un pays d'intégration»…

De leur côté, les représentants de la communauté turque réclament une plus grande ouverture de la fonction publique aux 20 % de la population allemande issus de l'immigration. Kenan Kolat, représentant de la communauté turque d'Allemagne, dénonce «le racisme structurel et institutionnel que personne ne veut voir». Il réclame davantage de fonctionnaires d'origine étrangère, notamment dans la police et l'enseignement.
Source : http://www.lefigaro.fr/international/2013/05/28/01003-20130528ARTFIG00630-l-allemagne-en-quete-d-une-immigration-haut-de-gamme.php

Voir également : Le mythe d'une Allemagne submergée d'immigrés (sous-entendu : de "méchants Turcs")

Allemagne : Kenan Kolat et Serkan Tören contre l'islamisme radical

dimanche 5 mai 2013

Les Allemands de la Volga en provenance d'Anatolie orientale

Stéphane de Tapia, "Etude de cas : l'émigration turque", in Jacques Dupâquier et Yves-Marie Laulan (dir.), Ces migrants qui changent la face de l'Europe, Paris, L'Harmattan, 2004, p. 110-111 :

"Dans l'actualité européenne, on a longuement parlé des Balkans (du Kosovo, de la Macédoine, de la Bosnie...) et, plus récemment dans l'actualité mondiale, de l'Irak ou de l'Afghanistan. Tous ces territoires (sauf l'Afghanistan) ont appartenu au monde ottoman, mais qui sait que dans les environs du lac de Van, vit une petite communauté kirghize originaire du Pamir afghan, « rapatriée » après l'intervention soviétique ? Cette importante dimension historique, sociale, culturelle, imprime une marque d'appartenance collective à la plupart des flux migratoires entrant en Turquie. Elle est très proche de la logique allemande des Aussiedler (populations de souche allemande ayant vocation à rentrer dans la communauté nationale, venant des Balkans, de la Volga, d'Asie centrale, de Sibérie... et même, pour quelques rares cas, de Turquie)1. (...)

1. Il s'agissait d'Allemands de la Volga. Invités à coloniser les rives de la Volga par Catherine la Grande, quelques-uns de leurs descendants ont été transférés en Anatolie orientale (province de Kars), annexée par la Russie après 1878, reprise par la Turquie en 1918-1919."

Voir également : Allemagne : le problème des Aussiedler ou "Russes allemands"

L'immigration des Russes blancs à Istanbul

L'immigration des réfugiés politiques hongrois et polonais dans l'Empire ottoman

La Turquie, terre d'immigration

mercredi 17 avril 2013

Syrie : la lutte turco-belge contre les recruteurs salafistes

Monde
Belgique: offensive contre les recruteurs de combattants pour la Syrie
16 avril 2013 à 21:02

Par AFP

La Belgique est passée mardi à l’offensive contre les filières de recrutement de combattants pour la Syrie en procédant à plusieurs dizaines de perquisitions et à des interpellations dans les milieux islamistes, alors que les cas de jeunes Belges rejoignant les rebelles se multiplient.


Quarante-huit perquisitions ont été menées à l’aube, principalement dans les régions d’Anvers et de Bruxelles, a indiqué le parquet fédéral. Six personnes ont été interpellées et présentées à un juge d’instruction, qui doit décider de les placer ou non en détention préventive. Le parquet a requis leur inculpation pour «participation à un groupe terroriste», punissable de 10 années de prison, a précisé un magistrat du parquet, Eric Van der Sypt.

Les enquêteurs ont aussi saisi des ordinateurs, des téléphones portables et plus de 30.000 euros, mais n’ont découvert ni arme, ni explosif.

Une enquête centrée sur Sharia4Belgium

Ce coup de filet est le fruit de plus d’une année d’enquête visant Sharia4Belgium, un groupuscule radical qui prône l’instauration de la loi islamique en Belgique et le djihad armé international.

Sa figure de proue, Fouad Belkacem, qui purgeait une peine à domicile avec surveillance électronique après avoir été condamné pour «incitation à la haine raciale», fait partie des six suspects interpellés, tout comme un homme rentré blessé de Syrie. Fouad Belkacem a été mis en examen dès mardi et placé en détention provisoire. Son avocat a affirmé que son client contestait toute implication dans des activités terroristes et avoir enrôlé des jeunes pour les envoyer en Syrie.

Le petit groupe salafiste s’est illustré en fomentant des troubles à Anvers, où ils est basé, et à Bruxelles, notamment lors de la sortie du film l'«Innocence des musulmans».

Les enquêteurs ont acquis la conviction que ces salafistes, qui avaient pourtant annoncé la dissolution de leur groupe en octobre, ont organisé le recrutement et l’envoi en Syrie de 33 combattants, a dit mardi un responsable de la Police judiciaire d’Anvers, Stanny De Vlieger.

«L’instruction montre que les membres de Sharia4Belgium auraient rejoint en Syrie des groupes de combattants aux idées salafistes djihadistes inspirées par Al-Qaïda et qu’ils participeraient à des combats et même à l’enlèvement et à l’exécution de ce qu’ils appellent des +mécréants+», a indiqué le parquet fédéral.

Partis sans crier gare

Cette vague d’arrestations intervient alors que le départ de volontaires pour la Syrie, qui touche aussi d’autres pays comme la France et les Pays-Bas, suscite une forte émotion en Belgique.

Les médias ont largement fait écho aux parcours de deux jeunes Anversois, Brian De Mulder (19 ans) et Jejoen Bontinck (18 ans), partis à l’insu de leurs proches au début de l’année. Le père de Jejoen Bontinck s’est même rendu en Syrie la semaine dernière pour tenter de le rapatrier, en vain.

L’émotion est d’autant plus vive que des volontaires partis de Belgique ont déjà trouvé la mort en Syrie. Le dernier en date, un Français de 38 ans proche des milieux islamistes bruxellois, Raphaël Gendron, y a perdu la vie dimanche.

Les cas les plus préoccupants concernent des mineurs. Pendant les vacances de Pâques, début avril, deux jeunes de 16 ans scolarisés à Bruxelles auraient réussi à rejoindre la Syrie en passant par l’aéroport de Bruxelles sans être inquiétés. Ces deux jeunes avaient «une scolarité exemplaire» et «personne n’avait repéré de signe avant-coureur», a affirmé mardi la direction de leur école.

Depuis plusieurs semaines, les autorités multiplient les initiatives pour endiguer les départs. Une adresse mail a été créée pour les familles concernées, et une «task force» rassemblant les services de sécurité du pays et les autorités locales a été mise sur pied en mars.

Le gouvernement veut renforcer le volet préventif en luttant contre la radicalisation avec l’aide des intervenants de terrain, dans les écoles et dans les mosquées. Mais il doit aussi examiner cette semaine la possibilité de renforcer les contrôles aux frontières et il souhaite intensifier la collaboration avec la Turquie, principal pays de transit.
Source : http://www.liberation.fr/monde/2013/04/16/la-belgique-a-l-offensive-contre-les-recruteurs-de-combattants-pour-la-syrie_896669

Moyen Orient et Monde
La Belgique et la Turquie en guerre contre les recruteurs de salafistes


17/04/2013

La Belgique est passée hier à l’offensive contre les filières de recrutement de combattants pour la Syrie en procédant à plusieurs dizaines de perquisitions et à des interpellations dans les milieux islamistes, alors que les cas de jeunes Belges rejoignant les rebelles se multiplient.
Quarante-huit perquisitions ont ainsi été menées à l’aube, principalement dans les régions d’Anvers et de Bruxelles, a indiqué le parquet fédéral. Six personnes ont été interpellées et présentées à un juge d’instruction, qui doit décider de les placer ou non en détention préventive. Le parquet a requis leur inculpation pour « participation à un groupe terroriste », punissable de dix années de prison, a précisé un magistrat du parquet, Éric Van der Sypt. Les enquêteurs ont aussi saisi des ordinateurs, des téléphones portables et plus de 30 000 euros, mais n’ont découvert ni arme ni explosif. Ce coup de filet est le fruit de plus d’une année d’enquête visant Sharia4Belgium, un groupuscule radical qui prône l’instauration de la loi islamique en Belgique et le jihad armé international.

(Pour mémoire : Armes, jihadistes, chaos : l’infernale équation syrienne)

Dans le même temps en Turquie, la police a arrêté dix personnes soupçonnées d’être liées au réseau el-Qaëda et de recruter, d’entraîner et d’armer des combattants pour la rébellion hostile au président syrien Bachar el-Assad. Ce coup de filet a été réalisé dans la province de Konya, ont précisé les quotidiens Hürriyet et Radikal sur leurs sites Internet, ajoutant que les suspects avaient nié les accusations portées contre eux.

Doha
Par ailleurs, le Qatar a rejeté les accusations de Bachar el-Assad selon lequel le soutien de Doha aux rebelles syriens et plus largement aux Frères musulmans serait un facteur de déstabilisation régionale. « M. Assad n’a pas totalement raison », a répondu le Premier ministre qatari, cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, lors d’une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin. Le Qatar a essayé de convaincre le régime de Damas d’adopter des réformes politiques au début du soulèvement, a déclaré le cheikh, mais il s’est heurté à « l’obstruction d’Assad et à sa conviction qu’il ne pouvait y avoir d’autre solution que militaire. Notre but est d’aider le peuple syrien à réaliser ses vœux et ses aspirations ». « Nous cherchons tous une solution et espérons des pourparlers politiques. Nous avons discuté de la façon dont nous pourrions réunir les conditions nécessaires. Ces questions sont tout sauf simples », a jugé de son côté la chancelière allemande, soulignant que « l’éventualité d’une déstabilisation de toute la région est réelle ».

« Manœuvre dilatoire »
Par ailleurs, le président syrien a occupé le devant de la scène en annonçant une amnistie partielle avant d’intervenir aujourd’hui à la télévision. À la veille de l’anniversaire de l’indépendance de la Syrie, le 17 avril 1946, le chef de l’État a ainsi décrété une amnistie pour certains crimes et des réductions de peine, a annoncé l’agence officielle SANA. « Le président Assad a promulgué le décret 23, accordant une amnistie générale pour des crimes commis avant le 16 avril 2013 », a ainsi affirmé l’agence, mais en fait, il s’agit d’une amnistie sélective car seuls ceux qui ont eu vent « d’actes terroristes » et n’ont pas informé les autorités sont totalement amnistiés. « À la peine de mort seront substitués les travaux forcés à perpétuité pour les crimes de sang (n’ayant pas un caractère terroriste), mais ceux qui ont financé des groupes terroristes ou commis des actes terroristes ayant entraîné mort et destruction ne sont pas graciés » et risquent la peine capitale. En revanche, « ceux qui ont comploté pour mener un acte terroriste sans toutefois l’accomplir voient leur peine réduite d’un quart », précise le décret.

(Lire aussi : Frontières : Mansour défend l’armée syrienne et accuse la Ligue arabe...)

« Les déserteurs de l’armée, se trouvant à l’intérieur du pays, peuvent bénéficier d’une grâce totale s’ils se rendent aux autorités dans un délai de 30 jours, et de 90 jours s’ils sont à l’extérieur, mais ceux qui ont volé des armes dans les armureries ne bénéficient d’aucune indulgence. » Selon la télévision, ce décret devrait conduire à la libération de 7 000 détenus, mais le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) s’est montré sceptique sur son ampleur. « Ce n’est pas la première fois que Bachar décrète une amnistie, et cela ne conduira pas à la libération des dizaines de milliers de prisonniers. Une véritable amnistie, c’est la libération de tous les prisonniers d’opinion, de conscience, et des révolutionnaires », a martelé Rami Abdel Rahmane.
L’amnistie « n’exonère pas » M. Assad de faire cesser les violences, a indiqué de son côté le ministère français des Affaires étrangères qui craint une nouvelle « manœuvre dilatoire » du régime syrien. « Tant que Bachar el-Assad n’aura pas écouté ce que demande la communauté internationale et ce que dit son peuple, il sera difficile de se réjouir », a réagi Philippe Lalliot, porte-parole du Quai d’Orsay.

Voiture piégée
Sur le terrain, plusieurs passants ont été blessés hier par l’explosion d’une voiture piégée à Baramké, dans le centre de Damas, a affirmé l’OSDH tandis que l’agence officielle SANA a fait état uniquement de dégâts matériels. Par ailleurs, des bombardements ont visé Jobar, un quartier de l’est de la capitale, et des raids aériens ont frappé Zamalka. Pour sa part, SANA a indiqué que l’armée avait mené des opérations à Otaybé et Atra, deux localités stratégiques qui contrôlent l’entrée de la région située à l’est de Damas.
Au sud de la ville d’Alep, des combats ont par ailleurs eu lieu à Nairab et autour de deux barrages sur la route entre Ariha et Saraqeb. Des combats ont également eu lieu à Babouline, où l’armée a réussi à prendre deux collines et approvisionner ainsi deux camps militaires assiégés depuis six mois.
À Alep même, 31 corps ont été découverts sur l’axe reliant Sahour et Midane, une ligne de démarcation entre l’armée et les rebelles. La majorité des victimes ont péri sous les balles des tireurs embusqués, selon l’OSDH.
La violence a fait hier, selon un bilan provisoire, 49 tués.
Source : http://www.lorientlejour.com/article/810380/la-belgique-et-la-turquie-en-guerre-contre-les-recruteurs-de-salafistes.html