mercredi 18 décembre 2013

Accord anti-immigration clandestine entre la Turquie et l'UE

Bruxelles obtient de la Turquie un accord anti-immigration clandestine

Longtemps rétif, le gouvernement turc de Recep Tayyip Erdogan a signé avec l’Union européenne, lundi 16 décembre, un accord de « réadmission » de migrants clandestins.


17/12/13

En contrepartie, les Européens se sont engagés à négocier une levée des visas imposés aux Turcs d’ici à trois ans et demi, mais sans échéancier précis.

Que prévoit l’accord de réadmission ?

La politique du donnant-donnant a finalement fonctionné. En signant aux côtés de la commissaire européenne à la sécurité intérieure, Cecilia Malmström, un accord qualifié « d’historique » de 45 pages sur la « réadmission » de migrants clandestins – bouclé depuis juin 2012 –, le ministre de l’intérieur turc Muammer Güler a joué le jeu des Européens. « Autrement dit, décrypte une source diplomatique européenne, si l’on intercepte un migrant en situation irrégulière turc, ou non-turc mais passé par la Turquie pour rentrer dans l’Union européenne, alors la Turquie devra le reprendre. »


Cet accord n’est pas censé affecter le droit des migrants à demander l’asile et leur non-refoulement dans des pays où ils risqueraient leur vie. Mais il permet aux Européens d’accentuer leurs pressions sur la Turquie – déjà débordée par l’arrivée de réfugiés syriens – afin qu’elle renforce la lutte contre les passeurs, sachant que la frontière gréco-turque est devenue l’une des voies principales de l’immigration clandestine en Europe (37 531 clandestins interceptés en 2012 venaient de Turquie, et 7 032 personnes dans la première moitié de 2013).
Pourquoi la Turquie refusait-elle de signer jusqu’ici ?

Depuis 2010 au moins le gouvernement turc lie sa signature sur la réadmission à une libéralisation des visas, estimant que les citoyens turcs, dont le pays est associé à l’Europe depuis 1963 et membre de l’Union douanière depuis 1995, ont un droit légitime à circuler dans les 26 pays de l’Espace Schengen européen sans frontières.

En juin 2012, tout le monde a cru à une signature imminente de la Turquie après que les pays de l’UE ont accepté d’entamer un dialogue sur la libéralisation des visas. Mais, déçu et échaudé par de laborieuses négociations sur la candidature de son pays à l’Union, le gouvernement Erdogan s’est contenté de le parapher provisoirement.
Pourquoi la Turquie a-t-elle finalement signé ?

En général ces accords de réadmission – déjà signés avec 12 pays dont la Moldavie, l’Albanie, la Russie, la Serbie, le Cap Vert, l’Arménie ou encore récemment l’Azerbaïdjan – vont de pair avec des « facilitations de visas ». Mais le cas turc a longtemps suscité des réserves, en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas, et, surtout, à Chypre dont la partie grecque de l’île n’a pas de relations avec Ankara.

Cette fois-ci, même si une libéralisation effective des visas à l’horizon 2017 dépendra de négociations basées sur une proposition que fera la Commission européenne en temps voulu et de l’approbation finale des Vingt-huit et du Parlement européen, Ankara estime avoir gagné au change. Bruxelles lui a présenté une feuille de route avec quatre grands thèmes à négocier : la sécurité des documents de voyage, le contrôle de l’immigration et des frontières, l’ordre public et la sécurité, les droits fondamentaux.

« Aucun résultat négatif ne résultera de la libéralisation des visas, au contraire, les hommes d’affaires, les artistes, les sportifs, les membres de l’organisation de la société civile se rendront plus librement dans l’UE, et ce sera très bénéfique pour l’UE », s’est réjoui le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, fortement mis en cause en juin dernier par les classes moyennes souvent favorables à un rapprochement avec l’Europe. À Bruxelles, on argue que l’ouverture du « chapitre 22 » sur la politique régionale dans les négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE, confirmée début novembre, a réchauffé l’ambiance après 40 mois de gel.
Source : http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Bruxelles-obtient-de-la-Turquie-un-accord-anti-immigration-clandestine-2013-12-17-1077330

Voir également : La question des visas pour les citoyens turcs

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vendredi 6 décembre 2013

La question des visas pour les citoyens turcs




En bleu foncé : les Etats ayant aboli le régime des visas pour les citoyens turcs.

En bleu clair et en vert : ceux délivrant des visas pour les détenteurs de passeports réguliers à leur arrivée.

Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Visa_requirements_for_Turkish_citizens

jeudi 5 décembre 2013

Immigrés turcs et marocains : deux populations radicalement différentes

Xavier Raufer, entretien à Eléments, n°137, octobre 2010 :

"N'étant ni sociologue ni ethnologue, je vous répondrai en criminologue, partant de ce que je sais et de ce que je vois. En sachant que dans notre pratique quotidienne, nous nous intéressons surtout à ce que font les gens — et moins à ce qu'ils sont. J'ai ainsi publié en 2007 un Atlas de l'islam radical dont il était si limpide qu'il s'intéressait à des activistes, voire à des terroristes, en tant que tels et non de par leur confession, que nulle instance communautaire musulmane, nul imam, nulle mosquée, n'a protesté. Les musulmans ont fort bien compris notre démarche. De même, les grandes catégories d'usage utilisées, comme « populations immigrées » ou « nouvelles générations issues de l'immigration », sont peu utiles pour comprendre et régler les affaires de terrain. Pour de telles populations, la criminalité résulte de manière flagrante d'un manque d'intégration (individuelle ou collective) au pays d'accueil, et l'empêche tout à la fois. C'est un problème circulaire, type « poule-et-oeuf ». Là, mille situations cohabitent en Europe — et encore, ne peut-on pas tout mesurer ! Car certains pays, dont la France, interdisent pour l'essentiel la statistique fondée sur l'origine nationale ou ethnique.

Mais entrons un peu dans le détail... En Belgique par exemple, ou aux Pays-Bas, deux populations émigrées, toutes deux musulmanes, la turque et la marocaine, ont des niveaux très différents d'intégration (les Marocains sont plutôt bien intégrés, les Turcs vivant par tradition entre eux) et (pour aller vite) des taux de délinquance et de criminalité constatées très divergents : élevé pour les Marocains, beaucoup moins pour les Turcs... Et encore, s'agissant des Marocains, la situation est-elle très contrastée entre Arabes et Berbères ! Je crois donc que les grandes tirades sur l'intégration (sans nuances) des immigrés (sans distinctions) sont politiciennes, de purs propos de campagnes électorales. En réalité, il faut, dans chaque aire considérée, effectuer un diagnostic de terrain précis, en tenant minutieusement compte de qui vit où, et fait quoi. Songez que dans la cité de La Villeneuve, évoquée plus haut, quarante nationalités se côtoient, selon la mairie. Dans ce diagnostic, le facteur criminel joue bien sûr un rôle (comment développer un quartier vivant entre émeutes, trafics et racket ?), mais c'est loin d’être le seul."

Voir également : Turcs et Marocains en Belgique

Les immigrés turcs : une criminalité faible

Délinquance et immigration turque (rappel)

Les jeunes Turcs moins impliqués dans la délinquance que les jeunes Maghrébins et Sahéliens

Aux Pays-Bas comme en Allemagne et ailleurs, les immigrés turcs ont un taux de criminalité significativement inférieur à celui des immigrés marocains

Pays-Bas : le regard critique des immigrés turcs sur les immigrés marocains

Turquie : 11 opérations policières simultanées pour combattre l'immigration clandestine

COUP DE FILET – 1.080 migrants clandestins arrêtés par les forces de police turques

Une opération visant à démanteler un réseau de trafic d’êtres humains a conduit à l’arrestation de 1.080 migrants clandestins sur la côte ouest du pays, a rapporté vendredi le quotidien turc anglophone Hurriyet Daily News. Onze opérations ont été menées simultanément par les forces de gendarmerie de la province d’Istanbul en coopération avec les garde-côtes et les services de renseignement turcs (MIT) dans les provinces de Tekirdağ et Kocaeli – non loin d’Istanbul – d’Antalya, de Muğla et d’Aydın.

La police turque, qui surveillait le réseau depuis près de sept mois, est passée à l’action vendredi tôt dans la matinée. Dix-sept suspects ont ainsi été arrêtés, neuf bateaux et trois bus utilisés pour le transport des clandestins ont également été saisis par la police. Selon les enquêteurs, un homme de nationalité irakienne, identifié comme “M.A”, serait à la tête du réseau. Il aurait organisé le passage de migrants en provenance d’Irak, d’Iran, de Syrie, du Pakistan, d’Afghanistan et du Bangladesh en direction de l’Europe. D’abord cachés dans les quartiers stambouliotes excentrés d’Arnavutköy et de Gaziosmanpaşa, ils étaient ensuite acheminés vers la Grèce, la Bulgarie et la Roumanie.

La Turquie fait de plus en plus office de zone de transit vers l’Europe pour les immigrés clandestins venus du Moyen-Orient, de l’Asie de l’ouest et tout particulièrement de Syrie, depuis le début du conflit. Ces derniers mois, de nombreux bateaux sur le point de chavirer ont été interceptés par les garde-côtes turcs. Vendredi, six migrants dont trois enfants ont d’ailleurs trouvé la mort dans le naufrage d’un bateau au large d’Ayvalık, dans le nord-ouest de la Turquie.

Laura Lavenne (http://lepetitjournal.com/istanbul) lundi 2 décembre 2013
Source : http://www.lepetitjournal.com/istanbul/accueil/la-turquie-en-bref/171027-coup-de-filet-1-080-migrants-clandestins-arretes-par-les-forces-de-police-turques

Voir également : Construction d'un mur à la frontière turco-syrienne, pour empêcher les intrusions et la contrebande

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mardi 3 décembre 2013

Délinquance et immigration turque (rappel)

L'impact des milieux sociaux d'origine sur les résultats scolaires des enfants d'immigrés turcs

"Mais « enfants d’immigrés » est une vaste catégorie qui cache de profondes différences d’origines. Un article récent de Mathieu Ichou dans la Revue française de sociologie prend cette hétérogénéité comme objet d’étude, en étudiant la réussite de groupes différents d’enfants d’immigrés selon le pays de naissance de leurs parents. Et il y a des différences scolaires fortes entre enfants d’immigrés eux-mêmes : ceux de Turquie et du Sahel ont des résultats plus faibles que les enfants de natifs de mêmes milieux sociaux. Ceux d’Asie du Sud-Est et de Chine, eux, ont des résultats supérieurs. Le cheminement de la recherche sociologique pousse alors à chercher l’origine des différences : Ichou montre ainsi que les immigrés turcs comparés avec les autres immigrés, à milieu social égal en France, proviennent beaucoup plus fréquemment de familles rurales et pauvres. L’arrivée en France ne remet pas les compteurs à zéro."

Source : http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/12/02/la-soif-du-sociologue-pour-l-irregularite-statistique_3523973_1650684.html

Voir également : Turcs et Marocains en Belgique
 
Les jeunes Turcs moins impliqués dans la délinquance que les jeunes Maghrébins et Sahéliens

L'immigration turque en France

lundi 2 décembre 2013

La Turquie a expulsé 1100 ressortissants de l'UE liés à al-Qaïda

La Turquie expulse 1100 citoyens européens liés à al-Qaïda en action en Syrie (presse)
Par : Laura |  Mots clés : news
French.china.org.cn | Mis à jour le 02-12-2013

La Turquie a expulsé vers leurs pays d'origine 1.100 citoyens européens qui sont venus en Turquie pour rejoindre des groupes d'al -Qaïda en action en Syrie, a rapporté dimanche le quotidien Haberturk.


Selon le journal, Ankara a envoyé un rapport sur cette affaire à l'Allemagne, la Belgique, la France et les Pays-Bas, quatres pays d'où sont venus la plupart de ces combattants.

La Turquie a arrêté ces citoyens européens avec l'aide de l'Organisation nationale de renseignement, les forces de gendarmerie et des unités de police dans 41 opérations en 2013, indique le quotidien, qui ajoute qu'il y a encore environ 1.500 citoyens européens qui tentent d'aller en Syrie et de combattre sur la ligne de front avec des groupes d'al -Qaïda.

La Turquie, actuellement en état d'alerte sur les djihadistes présumés, a partagé des renseignements avec les pays européens dans ce domaine par le biais d'Interpol, fait savoir le Haberturk.

Selon le journal, la Turquie a lancé 141 opérations contre Al-Qaïda et les groupes d'Al-Qaïda ces trois dernières années et réussi à arrêter 518 suspects dont 217 ont été emprisonnés. Fin

Source: Agence de presse Xinhua
Source : http://french.china.org.cn/foreign/txt/2013-12/02/content_30764477.htm

Voir également : Syrie : la lutte turco-belge contre les recruteurs salafistes