lundi 2 juin 2014

La collaboration entre les services turcs et occidentaux pour intercepter les djihadistes

Tuerie de Bruxelles: "une ressemblance très frappante avec le profil de Merah"
Le politologue Gilles Kepel était l'invité de BFMTV-RMC, lundi matin. Spécialiste de l'islam, il répondra aux questions de jean-Jacques Bourdin, après l'arrestation d'un Français dans l'enquête sur la fusillade au Musée juif de Bruxelles.

S. C.
Le 02/06/2014 à 8:58
Mis à jour le 02/06/2014 à 9:02

L'arrestation d'un Français arès la tuerie de Bruxelles relance le débat sur la montée d'un islam radical en France. Et dans ce contexte, les prisons françaises sont accusées d'être un lieu de radicalisation.

Une réalité selon Gilles Kepel, politologue et spécialiste de l'islam. "La prison est devenu l'incubateur principal", a-t-il souligné lundi matin sur BFMTV-RMC. Faut-il alors mettre plus d'imams en prison? "Avoir une gestion de la religion avec des gens fiables, oui. Actuellement, le Conseil français du culte musulman a perdu du terrain et on observe une course à la radicalisation, notamment sur internet. Après, il faut être sûr des gens avec qui on traite."
Les prisons françaises, un lieu de radicalisation?

# Nemmouche, Merah, même combat?

Le parcours de Mehdi Nemmouche n'est pas sans rappeler un certain Mohammed Merah. "Il y a une ressemblance très frappante avec le profil de Merah, a confirmé Gilles Kepel. La seul différence, c'est la Syrie", où Nemmouche était parti en décembre 2012, après sa sortie de prison.

"Dans l'affaire de Toulouse comme celle de Bruxelles, ce sont des communautés juives qui ont été visées. C'est relativement facile à atteindre, ça ne coûte pas cher et le "retour sur investissement" si j'ose dire, est énorme", a expliqué le spécialiste.

Pour ce spécialiste des mouvements radicaux, le numéro vert mis à disposition des familles par le gouvernement pour signaler des profils suspects est une bonne chose car cela permet de refaire le lien avec les familles. Car la lutte contre la radicalisation des jeunes passe avant tout par la perception qu'on en a en France. Ainsi pour Gilles Kepel, il faut d'abord casser le processus d'isolation, pour éviter que les jeunes ne se replient sur eux-mêmes et soient récupérés.
# Le rôle de la Turquie

Quant à la Turquie, porte d'entrée privilégiée des apprentis jihadistes souhaitant rejoindre la Syrie, le pays a aussi son rôle à jouer. "Il y a une forme de collaboration entre les services turcs et occidentaux. Un certains nombre de gens arrêtés récemment l'ont été par les services turcs", a rappelé Gilles Kepel.
Source : http://www.bfmtv.com/societe/tuerie-bruxelles-on-observe-une-course-a-radicalisation-estime-gilles-kepel-785493.html

Voir également : La Turquie a expulsé 1100 ressortissants de l'UE liés à al-Qaïda
 
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