mercredi 9 décembre 2015

Génération "Daech" : "chez les jeunes Européens d'origine turque, on observe très peu d'engagement au martyre"

"Enquête sur la "génération Daech"
 
Soraya Ghali, François Janne d'Othée

04/12/15 à 13:55 - Mise à jour à 13:54

Source : Le Vif/l'express

L'explication qui dominait jusqu'ici - misère sociale, rejet par la société occidentale - est de plus en plus contestée. La majorité des jeunes partis d'ici pour devenir djihadistes seraient plutôt animés par une soif de révolte. Aux accents nihilistes. (...)

Pourquoi pas les Turcs ?

Mais, par ricochet, le parcours de ces djihadistes a jeté des interrogations sur la communauté turque, qui représente un peu plus de 200 000 individus. Partout le constat est le même : en Belgique, aux Pays-Bas, en France et même en Allemagne : chez les jeunes Européens d'origine turque, on observe très peu d'engagement au martyre. Pourquoi ? Selon Coskun Beyazgül, directeur général de la Diyanet de Belgique, la très officielle "église" musulmane turque, un point essentiel se situe dans la frustration historique et postcoloniale, que les Turcs n'éprouveraient pas. Le djihadisme s'appuie en effet sur un "idéal islamique blessé". La notion recouvre une certaine réalité historique du monde musulman au début du XXe siècle : la fin du dernier empire (ottoman), l'abolition du principe de souveraineté du califat, le dépeçage des territoires par les puissances coloniales. Les musulmans passent de la position de maîtres à celle de subalternes chez eux. Ça ressemble à l'humiliation du traité de Versailles pour l'Allemagne. "Pour l'idéologie radicale, c'est là que résident les malheurs actuels des musulmans. D'où le but de Daech de reconstituer l'Etat islamique impérial", déclare Coskun Beyazgül. Il semble bien que la communauté marocaine se révèle plus poreuse à l'idée d'un islam blessé. "C'est la raison pour laquelle il ne faut pas exclure la dimension religieuse dans le radicalisme violent. Des familles entières sont parties pour réinstaurer un califat", rappelle Hassan Bousetta.

Si la communauté belgo-marocaine est durement touchée par les départs, ce serait aussi parce qu'elle serait devenue plus perméable au wahhabisme et au salafisme. Pour le ministre Rachid Madrane (PS), "le péché originel, en Belgique, a été de confier les clés de l'islam en 1973 à l'Arabie saoudite pour s'assurer un approvisionnement énergétique". Résultat : la pratique de l'islam apaisé qui était celle des personnes qu'on a fait venir du Maroc, a été infiltré par du wahhabisme, du salafisme. "C'est ça qu'on paie aujourd'hui." En Belgique, cette mouvance est soutenue par la présence d'imams et de conférenciers formés à Médine, en Arabie saoudite, par le développement Internet et par des chaînes satellitaires relayant le discours des prédicateurs salafistes, et depuis peu, l'ouverture par exemple de centres de formation aux sciences islamiques.

"Le Maroc a contribué à créer des mosquées en Belgique mais le contrôle y est moins important que dans celles gérées par la Turquie. Les imams y font un peu ce qu'ils veulent", ajoute Michaël Privot, converti à l'âge de 19 ans et islamologue.
La communauté belgo-turque, elle, est très organisée et structurée, surtout en Flandre. Chez les Belgo-Turcs l'islam s'enseigne encore sur un mode de transmission vertical, de maître à élève, et surtout de vive voix. Les mosquées sont fréquentées en famille et les jeunes y prient souvent avec leur père ou grand-père : une bonne façon de désamorcer l'extrémisme. Et en refusant de recruter les imams dans la communauté d'expatriation, la Diyanet s'assure une transmission religieuse (et comportementale) conforme au modèle original, à celui qui prévaut dans le pays d'origine des parents, en sous-estimant peut-être les évolutions en cours en Belgique. Cette stratégie implique que les agents de cette transmission doivent être fraîchement débarqués du pays d'origine, autrement dit, ils doivent être "authentiques" : les imams prêchent en turc (un prêche identique dans toutes les mosquées) et la grande majorité n'est pas francophone. "Il y a bien sûr une part de contrôle, mais cela favorise aussi la cohésion de la communauté, analyse le psychologue Altay Manço, directeur scientifique à l'Institut de recherche formation et action sur les migrations (Irfam). C'est ce qu'Erkan Toguslu, chercheur à la KULeuven, appelle une démarche de "première génération perpétuelle" : elle consiste à faire en sorte que les enfants nés sur le sol belge possèdent la même sorte d'islamité que leurs parents ; ce qui renforce également l'identité turque et un fort référentiel à la Turquie. "La religion des Turcs, c'est le nationalisme, alors que du côté marocain, c'est davantage la méfiance qui règne à l'égard du pouvoir en place à Rabat, complète Altay Manço. Du coup, le Turc se profile comme un "mitoyen", et le Marocain davantage comme un citoyen. Le premier va respecter les règles dans le sens "on ne vous embête pas mais ne nous embêtez pas non plus", tandis que le second se revendique davantage comme un habitant de la maison, avec les droits subséquents."

Reste une particularité de la communauté belgo-turque : on y réussit ensemble, en famille par exemple. On aide les autres, on s'y prête de l'argent. "En termes de création d'entreprises, la différence saute aux yeux : 20 % des Turcs sont indépendants, contre 8 à 10 % de Marocains, pointe Altay Manço. Et ces entrepreneurs travaillent aussi avec la Turquie, qui a connu une forte croissance. Au sein de la communauté belgo-marocaine, c'est par contre une solidarité intrafamiliale et bien moins communautaire qui joue, les Belgo-Marocains ayant davantage parié sur l'intégration via l'école et les études supérieures."

Source : http://www.levif.be/actualite/international/enquete-sur-la-generation-daech/article-normal-438493.html

Voir également : Olivier Roy : "on trouve beaucoup moins de Turcs que de Maghrébins dans les mouvements radicaux"

Olivier Roy sur le radicalisme islamique : "il y a très peu de Turcs parmi eux"

Peu de Turcs parmi les djihadistes en provenance d'Europe de l'Ouest

Allemagne : la remarquable sous-représentation des Turcs chez les djihadistes

Syrie : davantage de djihadistes en provenance de Russie et de France que de Turquie (pays majoritairement musulman et contigu)

Comment l'Etat allemand a favorisé sur son sol l'islam wahhabite au détriment de l'islam hanéfite turc

"Shariah Police" en Allemagne : le salafiste de souche allemande Sven Lau contre le musulman turc Ali Kizilkaya

Le salafisme à Solingen : une affaire non-turque ?

Allemagne : Kenan Kolat et Serkan Tören contre l'islamisme radical

Le mouvement Milli Görüş

Pays-Bas : le regard critique des immigrés turcs sur les immigrés marocains

Turcs et Marocains en Belgique

samedi 5 décembre 2015

Ahmet Davutoğlu : "Il n'y a plus d'ouvriers turcs clandestins en Europe"

"Davutoglu : “L’Europe voit la Turquie autrement”

Publié 01.12.2015 Mis à jour 01.12.2015

“Il n’y a plus d’ouvriers turcs clandestins en Europe. Les opportunités de travail, proposées en Turquie, n’existent pas en Europe”

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a affirmé que l’Europe changeait de point de vue sur la Turquie.

S’exprimant au sujet du Sommet UE-Turquie, tenu à Bruxelles, M. Davutoglu a indiqué que les leaders occidentaux étaient d’accord pour la première fois sur l’adhésion de la Turquie à l’UE.

“Les dirigeants de 28 pays ont pris part à ce sommet. Je n’avais pas l’impression d’être étranger lorsque je faisais une allocution. C’est le résultat de la politique étrangère multidimensionnelles de la Turquie” a noté M. Davutoglu qui a également abordé la levée de l’obligation de visas pour les ressortissants turcs.

“Il n’y a plus d’ouvriers turcs clandestins en Europe. Les opportunités de travail, proposées en Turquie, n’existent pas en Europe” Les visas seront levés en octobre 2016."

Source : http://www.trt.net.tr/francais/turquie/2015/12/01/davutoglu-l%E2%80%99europe-voit-la-turquie-autrement-408624

Voir également : Crise des migrants/réfugiés : la Hongrie d'Orbán soutient la Turquie

Selon Viktor Orban, l'UE ferait mieux d'aider financièrement la Turquie pour gérer la crise des migrants et réfugiés

Le régime des visas pour les Turcs : ce que ne vous dira pas Aymeric Chauprade

"Libre circulation des Turcs" : les approximations de Nicolas Dupont-Aignan

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Bachar al-Assad et l'immigration clandestine vers l'Europe

Question des réfugiés syriens : "La Turquie a épargné à l'Europe une catastrophe humanitaire"

La Turquie arrête 400 migrants illégaux

Mer Egée : la Turquie a capturé 12.872 migrants clandestins en 2014

Le rôle indispensable de la Turquie pour endiguer l'immigration irrégulière vers l'Europe

Accord anti-immigration clandestine entre la Turquie et l'UE

Accord entre l'UE et la Turquie sur la lutte contre l'immigration illégale

La Turquie est prête à coopérer davantage avec l'UE dans la lutte contre l'immigration clandestine

Le problème de l'immigration clandestine marocaine/algérienne/tunisienne en Turquie

Turquie : 11 opérations policières simultanées pour combattre l'immigration clandestine

La Turquie aide Israël à lutter contre l'immigration clandestine africaine

La Turquie, terre d'immigration

La Grèce inutile se fait taper sur les doigts par l'Allemagne et l'Autriche au sujet de l'immigration clandestine

Immigration clandestine : l'UE enfin prête à sanctionner la Grèce laxiste et décidément inutile en l'expulsant de l'espace Schengen

Immigration clandestine en Autriche : 22 Grecs condamnés pour trafic d'êtres humains

Nicosie, capitale "européenne" des "mariages blancs"

vendredi 27 novembre 2015

Agression raciste dans la Manche : "Ils s'entendaient très bien avec le propriétaire turc"

Manche : un an de prison ferme pour deux jeunes qui ont tiré sur un kebab
Les deux jeunes hommes de 22 ans et 23 ans voulaient «faire quelque chose» après les attentats du 13 novembre.


26 Nov. 2015, 10h57 | MAJ : 26 Nov. 2015, 12h17

Deux jeunes hommes proches de l'extrême droite ont été condamnés mercredi à deux ans de prison dont un ferme pour avoir tiré sur la vitrine d'un vendeur de kebab turc en Normandie. Survenue après les attentats du 13 novembre, cette dégradation est un acte islamophobe, selon le parquet.

«L'enquête l'a démontré. Ils s'entendaient très bien avec le propriétaire turc de ce kebab, mais ils voulaient s'en prendre à l'islam» après les attentats de Paris, a résumé ce jeudi le procureur de la République de Coutances (Manche), Renaud Gaudeul. Les prévenus âgés de 22 et 23 ans, l'un carrossier et l'autre conducteur d'engins, tous deux insérés socialement selon le parquet, ont expliqué durant l'enquête s'en être pris au kebab faute de mosquée à Avranches.

«On avait regardé les attentats de Paris sur BFMTV, on a voulu faire quelque chose»

Les faits se sont produits dans la nuit du 19 au 20 novembre à Avranches, une commune de la Manche d'environ 7 900 habitants proche du Mont Saint-Michel. «On avait regardé les attentats de Paris sur BFMTV, on a voulu faire quelque chose», a déclaré un des prévenus selon le quotidien «La Presse de la Manche».

Le parquet avait requis trois ans de prison, dont deux avec sursis. Sa demande de mandat de dépôt n'a pas été suivie par le tribunal, ce qui signifie que les deux individus n'ont pas été immédiatement incarcérés. «J'ai souligné qu'ils se faisaient les complices des terroristes qui cherchent à fractionner la société» par la multiplication d'actes racistes, a précisé le procureur.

L'un des prévenus avait un casier vierge, l'autre une condamnation pour blessure involontaire après avoir conduit en état d'ébriété. Les deux jeunes hommes, proches de l'extrême droite, ont aussi affirmé qu'ils avaient bu au moment de leur acte, selon le parquet. Mais ce n'est pas vérifiable car ils ont été interpellés plusieurs jours après les faits. Surtout «ils avaient caché les plaques d'immatriculation de leur véhicule. Ce n'était pas un coup de tête», a souligné Renaud Gaudeul.

Par ailleurs, les deux jeunes hommes ont aussi été condamnés à deux ans de privation de leurs droits civiques, civils et familiaux.
Source : http://www.leparisien.fr/faits-divers/manche-un-an-de-prison-ferme-pour-deux-jeunes-qui-ont-tire-sur-un-kebab-26-11-2015-5314751.php

mercredi 25 novembre 2015

Olivier Roy : "on trouve beaucoup moins de Turcs que de Maghrébins dans les mouvements radicaux"

"Le djihadisme : une révolte générationnelle et nihiliste

LE MONDE | 24.11.2015 à 06h44 • Mis à jour le 24.11.2015 à 07h52

Par Olivier Roy, politologue spécialiste de l’islam

La France en guerre ! Peut-être. Mais contre qui ou contre quoi ? Daech n’envoie pas des Syriens commettre des attentats en France pour dissuader le gouvernement français de le bombarder. Daech puise dans un réservoir de jeunes Français radicalisés qui, quoi qu’il arrive au Moyen-Orient, sont déjà entrés en dissidence et cherchent une cause, un label, un grand récit pour y apposer la signature sanglante de leur révolte personnelle. L’écrasement de Daech ne changera rien à cette révolte. (...)

La clé de la révolte, c’est d’abord l’absence de transmission d’une religion insérée culturellement. C’est un problème qui ne concerne ni les « première génération », porteurs de l’islam culturel du pays d’origine, mais qui n’ont pas su le transmettre, ni les « troisième génération », qui parlent français avec leurs parents et ont grâce à eux une familiarité avec les modes d’expression de l’islam dans la société française : même si cela peut être conflictuel, c’est « dicible ». Si on trouve beaucoup moins de Turcs que de Maghrébins dans les mouvements radicaux, c’est sans doute que, pour les Turcs, la transition a pu être assurée, car l’Etat turc a pris en charge la transmission en envoyant instituteurs et imams (ce qui pose d’autres problèmes, mais permet d’esquiver l’adhésion au salafisme et à la violence)."

Source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/24/le-djihadisme-une-revolte-generationnelle-et-nihiliste_4815992_3232.html

La Diyanet (Direction des affaires religieuses en Turquie) s'efforce de contrôler et d'encadrer l'islam des communautés turques de France et d'Europe de l'Ouest. En septembre dernier, elle a publié un rapport qui condamnait non seulement l'idéologie de l'EI, mais également le salafisme en général (courant éloigné de l'islam hanéfite turc).

Aucun imam dépendant de la Diyanet n'a rallié l'EI, alors que c'est le cas de plusieurs mollah kurdes employés par le ministère des Affaires religieuses d'Erbil (Kurdistan irakien).

Du même auteur : Olivier Roy : "Les Kurdes, qu’ils soient syriens ou irakiens, ne cherchent pas à écraser Daech"

Olivier Roy : "Au lieu de faire la morale à la Turquie, il faut prendre en considération sa vision de l’environnement régional"

Voir également : Peu de Turcs parmi les djihadistes en provenance d'Europe de l'Ouest

Allemagne : la remarquable sous-représentation des Turcs chez les djihadistes

Syrie : davantage de djihadistes en provenance de Russie et de France que de Turquie (pays majoritairement musulman et contigu)

Comment l'Etat allemand a favorisé sur son sol l'islam wahhabite au détriment de l'islam hanéfite turc

"Shariah Police" en Allemagne : le salafiste de souche allemande Sven Lau contre le musulman turc Ali Kizilkaya

Le salafisme à Solingen : une affaire non-turque ?

Allemagne : Kenan Kolat et Serkan Tören contre l'islamisme radical

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Pays-Bas : le regard critique des immigrés turcs sur les immigrés marocains

Turcs et Marocains en Belgique

dimanche 15 novembre 2015

Des Turcs parmi les victimes des attentats de Paris

Le meilleur ami de la jeune liégeoise tuée à Paris se confie: "Je devais les rejoindre"

M.B. Publié le samedi 14 novembre 2015 à 21h30 - Mis à jour le samedi 14 novembre 2015 à 21h53

Faits divers Sébastien Bovy est le dernier à avoir discuté avec Elif… il était même prévu qu’il les rejoigne ce vendredi.

D’origine turque, Elif Dogan, 26 ans, était une jeune femme particulièrement appréciée à Liège. Il y a peu, les parents de cette jeune Liégeoise d’adoption étaient repartis en Turquie avec la jeune sœur d’Elif, après avoir tenu durant plusieurs années un magasin d’alimentation à Herstal (Dogan), face à l’Ipes… Ce samedi, Sébastien Bovy, le meilleur ami d’Elif a eu la force de nous livrer son témoignage édifiant… lui qui devait rejoindre le couple !

"Elif était quelqu’un de très proche, depuis très longtemps. C’est ma meilleure amie et hier soir, elle tenait absolument à ce que je les rejoigne", nous explique-t-il, bouleversé. "Je revenais par Paris de Madagascar mais j’étais très fatigué, j’ai hésité puis j’ai finalement dit que je préférais passer un autre jour, très vite de toute façon. J’ai eu Elif au téléphone, le dernier contact était vers 19 h 30. Dans le TGV au retour, nous avons reçu les premières nouvelles alors j’ai immédiatement envoyé un SMS pour leur dire de faire attention. Je suis arrivé chez moi vers 1 h 30 du matin, je n’avais toujours pas de réponse. Le lendemain matin non plus, ça devenait vraiment inquiétant. J’ai alors eu un contact avec Didier Reynders. Puis cette terrible nouvelle. J’aurais pu être mort en ce moment".

"Je n’ai qu’une chose à dire aujourd’hui, ils étaient des personnes brillantes, d’une grande générosité".
Source : http://www.dhnet.be/actu/faits/le-meilleur-ami-de-la-jeune-liegeoise-tuee-a-paris-se-confie-je-devais-les-rejoindre-564799f33570ca6ff8e30540

"Un journaliste de Libération a également recueilli le témoignage de Fahmi B., jeune Turc de 23 ans, pour la première fois à Paris. Le jeune homme n’a plus de chaussures, juste des bouts de tissus médical autour des pieds. «J’étais dans la fosse, quand soudain j’ai entendu du bruit, comme des pétards. Sur le moment j’ai pensé que ça faisait partie du show, puis je suis retourné et j’ai vu une personne qui venait de prendre une balle dans l’œil. Elle se tenait la tête et s’est effondrée. Là, tout le monde s’est mis à terre, on entendait des tirs. Les tireurs shootaient au hasard sur les gens allongés, tout le monde faisait le mort mais ça ne faisait aucune différence pour eux. J’étais couché en position fœtale mais mes pieds étaient bloqués par le corps de quelqu’un. J’ai réussi à glisser mes pieds hors de mes chaussures et j’ai couru backstage, parce qu’une porte de sortie était juste à côté, avec trois autres personnes, qui étaient blessées.» "

Source : http://www.liberation.fr/france/2015/11/14/au-bataclan-j-ai-entendu-comme-des-petards-je-pensais-que-ca-faisait-partie-du-show_1413357

Si la majorité des Turcs de Turquie et de l'étranger ont observé une attitude pleine de compassion et de dignité face au massacre monstrueux de Paris, il n'en fut malheureusement pas de même pour le journaliste turc Can Dündar (rédacteur en chef de Cumhuriyet). Connu pour son opposition primaire à l'AKP, celui-ci avait été mis sur un piédestal par les médias français, pour avoir colporté des rumeurs infondées sur un pseudo-soutien du gouvernement turc aux djihadistes de l'EI. Pour information, ces ragots ont été en partie démolis par les services de renseignement allemands.

Or, ce même Can Dündar a blâmé, sans vergogne, le gouvernement français pour les attentats de Paris, l'accusant d'avoir armé les djihadistes en Syrie !

Cf. ses propos tenus sur Twitter :



Source : https://twitter.com/candundaradasi/status/665429980378243072

C'est un constat amer : la haine conspirationniste et irraisonnée qui s'est propagée chez une partie de l'opposition turque (et qui a été complaisamment cautionnée par les médias occidentaux), peut très bien se retourner contre des Etats étrangers, parmi lesquels la France.

Par ailleurs, ce week-end, la police et l'armée turques ont lutté activement contre des éléments de l'EI dans le Sud-Est (Gaziantep) : http://www.dailysabah.com/nation/2015/11/14/explosion-during-police-raid-on-isis-cell-injures-police-officers-in-southeast-turkey

http://www.hurriyetdailynews.com/turkish-soldiers-fire-back-kill-4-isil-militants-on-syrian-border.aspx?pageID=238&nID=91155&NewsCatID=509

Voir également : RAPPEL : la Turquie a déjà bombardé à plusieurs reprises les positions de l’Etat islamique (EIIL)

Juillet-août 2015 : la vague de terrorisme en Turquie (PKK, EI, DHKP-C)

Israël et la Turquie enregistrent un succès dans la coopération anti-djihadiste

"Cafouillage" dans la coopération anti-terroriste : un suspect djihadiste (ressortissant français) est renvoyé en France par la Turquie, il revient et est arrêté une deuxième fois par la Turquie

Antiterrorisme : le gouvernement turc a interdit à environ 7.000 étrangers d'entrer en Turquie

La lutte de l'Etat turc contre l'afflux de djihadistes étrangers : environ 3.600 interdictions d'entrée et 1.000 expulsions

La Turquie a expulsé 1100 ressortissants de l'UE liés à al-Qaïda

Syrie : la lutte turco-belge contre les recruteurs salafistes

La collaboration entre les services turcs et occidentaux pour intercepter les djihadistes

Syrie : davantage de djihadistes en provenance de Russie et de France que de Turquie (pays majoritairement musulman et contigu)

Allemagne : la remarquable sous-représentation des Turcs chez les djihadistes

Peu de Turcs parmi les djihadistes en provenance d'Europe de l'Ouest

vendredi 30 octobre 2015

Crise des migrants/réfugiés : la Hongrie d'Orbán soutient la Turquie

Hungarian FM supports Turkey's EU membership bid

'We are arguing in favor of a quick agreement for the EU-Turkey action plan,' says Hungarian Foreign Minister Szijjarto

ANKARA

Hungary supports the "quick implementation" of the EU-Turkey action plan, the Hungarian foreign minister said during his one-day visit to Ankara.


The EU plan foresees closer cooperation between Brussels and Ankara in halting migrants and fighting smugglers, as well as visa free travel in Europe for Turkish nationals in return.

"We are arguing in favor of a quick agreement for the EU-Turkey action plan," Peter Szijjarto told
Anadolu Agency on Tuesday.

Turkey's integration into the EU and its 28-year bid to become a member have once again come to the forefront because of the refugee crisis facing Europe and the EU’s need to enlist Turkish help to stem the inflow of migrants.

As EU leaders discuss deals to provide Turkey with financial support for the roughly 2.2 million refugees it hosts, Ankara is hoping for a speeding up of the accession process initiated in 1987 as well as visa-free travel in Europe for its citizens.

"Our position is that the EU should enlarge because if the EU is too introverted with its own problems then we will be even weaker in the future. So, our position is that enlargement is necessary and we should have a much tighter cooperation with Turkey," Szijjarto said.

Szijjarto also added that the visa liberalization process with Turkey should be accelerated, which will lead to many advantages.


Refugee issue

"You know from the European perspective, it is not a refugee issue. This is mass migration," said Szijjarto.

He said the migrants who want to reach Europe, have an "economic motivation".

"Turkey is a safe country. Turkey takes care of these refugees in a proper and very correct way. That is why we proposed to the EU to provide financial support to Turkey," said Szijjarto.

Ankara estimates that about $8 billion have been spent so far on refugees while support from other countries only amounted to $417 million.

"Turkey is bearing the majority of the burden," said the minister. "I think that the fair approach should be that the EU would take over the finances of the refugee camps here and if new refugee camps should be built, then we should take over the finances as well," the minister said.
Source : http://www.aa.com.tr/en/turkey/hungarian-fm-supports-turkeys-eu-membership-bid/449120

"L’Union Européenne ne veut pas des leaders forts tels Erdogan"

Publié 26.10.2015 Mis à jour 26.10.2015

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban affirme que la crise des réfugiés ne peut être résolue sans s’asseoir avec la Turquie autour d’une même table

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban affirme que la crise des réfugiés ne peut être résolue sans s’asseoir avec la Turquie autour d’une même table.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban a déclaré: « Les dirigeants forts ne sont pas les bienvenus au sein de l'Union Européenne, (en référence au président turc Recep Tayyip Erdogan), bien au contraire, ils sont considérés comme une menace. Les faibles sont mieux acceptés ».

Orban a affirmé, au sujet de l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne, dans un entretien diffusé par la chaîne espagnole «ABC» : « Je respecte le président Erdogan, malgré l'image qui en est présentée par les médias internationaux. Je souhaite à la Turquie d’avancer, et elle a besoin d'un leader fort ».

Le Premier ministre hongrois a souligné que la crise des réfugiés ne peut être résolue sans s’asseoir avec la Turquie autour d’une même table.

Orban a, par ailleurs, relevé la réussite du plan mis en œuvre par son pays, en élevant une clôture de barbelés, afin de limiter le flux de réfugiés, soulignant que la véritable solution réside dans la protection, par la Grèce, de ses propres frontières.

AA
Source : http://www.trt.net.tr/francais/europe/2015/10/26/l%E2%80%99union-europ%C3%A9enne-ne-veut-pas-des-leaders-forts-tels-erdogan-374507

Voir également : Selon Viktor Orban, l'UE ferait mieux d'aider financièrement la Turquie pour gérer la crise des migrants et réfugiés

La Hongrie de Viktor Orbán et la Turquie (rappel)

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mercredi 30 septembre 2015

La Russie : une porte d'entrée vers la Norvège pour les migrants

Des Syriens rejoignent l'Europe via l'Arctique
Par RFI Publié le 01-09-2015 Modifié le 04-09-2015 à 17:37

AFP PHOTO / Cornelius Poppe

Les Syriens qui fuient les violences dans leur pays apparaissent même là où on ne s’attend vraiment pas à les rencontrer. Selon la police norvégienne, ils sont de plus en plus nombreux à passer en Europe via l’Arctique, donc à plus de 4 000 kilomètres à vol d’oiseau de Damas.

A Kirkenes, près d’un poste-frontière dans le Grand Nord norvégien, environ cent cinquante Syriens ont traversé la frontière cette année. L’année dernière, ils n’étaient qu’une douzaine. Selon la police locale, une partie des migrants syriens vivait en Russie depuis des années, et d’autres ont pris l’avion depuis le Moyen-Orient jusqu’à Moscou, pour se rendre ensuite au grand port du Nord-Ouest de la Russie, Mourmansk.

Mourmansk est le point de départ de la dernière étape du périple des migrants, menant à Kirkenes en Norvège, d’où ils sont immédiatement transportés à Oslo, où les autorités enregistrent leurs demandes d’asile.

Le passage de la frontière étant interdit aux piétons, certains migrants la franchissent à vélo. La police norvégienne a saisi une vingtaine de bicyclettes. D’autres migrants paient pour passer la frontière dans des véhicules russes ou norvégiens. Les conducteurs qui l’acceptent risquent une amende de près de six cent cinquante euros, mais la police ne l’inflige qu’aux multirécidivistes.
Source : http://www.rfi.fr/europe/20150901-migrants-syriens-rejoignent-europe-arctique-norvege-frontiere-russie

Vidéo d'un reportage de France 2, où il est dit que les garde-frontières russes les laissent passer à la frontière russo-norvégienne, et que les vendeurs de vélos de la ville de Nikel font de bonnes affaires : http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/video-la-longue-route-du-grand-nord-russe-empruntee-par-les-refugies-syriens-pour-la-norvege_1076845.html

Voir également : Bachar al-Assad et l'immigration clandestine vers l'Europe

Des nationalistes kurdes s'opposent à la politique de contrôle des flux migratoires à la frontière turco-syrienne

Edirne (Turquie) : 1.500 réfugiés, bloqués à la frontière par les autorités turques, sont renvoyés dans les provinces anatoliennes

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La Turquie arrête 400 migrants illégaux

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Le rôle indispensable de la Turquie pour endiguer l'immigration irrégulière vers l'Europe

Accord anti-immigration clandestine entre la Turquie et l'UE

Accord entre l'UE et la Turquie sur la lutte contre l'immigration illégale

La Turquie est prête à coopérer davantage avec l'UE dans la lutte contre l'immigration clandestine

Le problème de l'immigration clandestine marocaine/algérienne/tunisienne en Turquie

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Nicosie, capitale "européenne" des "mariages blancs"

Edirne (Turquie) : 1.500 réfugiés, bloqués à la frontière par les autorités turques, sont renvoyés dans les provinces anatoliennes

Refugees blocked near Turkey-Greece border disperse

EDİRNE, Turkey - Agence France-Presse

Hundreds of mostly Syrian migrants who had been blocked for days by police in the northwestern Turkish city of Edirne while trying to reach the nearby Greek border have agreed to abandon their roadside protest.
   
A group of around 500 people, who had been engaged in a standoff with riot police on the road leading into the city since Sept.15, lifted their makeshift camp at night on Sept.19 and left the area in buses provided by local authorities, an AFP photographer witnessed.
   
Some joined a larger group of around 1,500 migrants still waiting inside the city for the chance to continue their journey over land to Greece, a mere 10 kilometres (six miles) away, or Bulgaria, which is about twice that distance.
   
Others took buses back to Istanbul, about 250 kilometres to the east.
   
At a meeting with a delegation of refugees on Sept.19 evening Prime Minister Ahmet Davutoğlu had appealed to the refugees to "end their protest by Monday [Sept.21]", he wrote on Twitter.
   
"The voices of our Syrian brothers have been heard by the entire world. They must now return to a normal life," Davutoğlu wrote, promising more aid to the more than two million Syrian refugees living in Turkey to prevent them trying to illegally cross into Europe.
   
"We are ready to send people to countries who open their doors to them, but unfortunately no country has given a favourable response so far," he added.
   
The refugees gathered in Edirne, who included a large number of children, has been demanding to be allowed travel to Europe by land instead of risking their lives in overcrowded migrant boats in the Aegean Sea.
   
On Sept.19 evening, police used batons to repel a group of around people, who tried to storm police lines, chanting "open the doors".
   
Many of the Syrians pouring into Europe have been living in Turkey for months, sometimes years. They complain that Turkey's failure to grant them full refugee status has made it a struggle to access basic services and jobs.

September/20/2015 
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/refugees-blocked-near-turkey-greece-border-disperse-.aspx?pageID=238&nID=88736&NewsCatID=341

1,500 refugees sent from Edirne to other Turkish cities

EDİRNE – Anadolu Agency

Syrian refugees, who have waited over 10 days near Turkey’s border with Greece in an attempt to reach Europe, were sent back to different provinces in Turkey, the governor of the northwestern Edirne province said.


Around 1,500 refugees were sent from the northwestern Edirne province, which borders Greece and Bulgaria, since late Sept. 21, Governor Ali Şahin told Anadolu Agency.


They left the city in buses provided by the governor’s office for the refugees to head to the provinces they wished, including western province of İzmir, Bursa, Kütahya and southeastern province of Gaziantep, said the governor. The refugees had headed to the Greek border in northwestern Turkey in an attempt to avoid deadly sea travel from Aegean towns to Europe.

“There are also some others [refugees], who also want to leave [Edirne to go to Turkey’s other provinces].

We are registering them and sending them by buses coming from Istanbul,” Şahin said.

Meanwhile, both Greece and Bulgaria have sent additional forces in order to prevent refugees from crossing their borders with Turkey, according to the governor.

However, around 1,000 refugees are still waiting in Edirne, hoping to be able to cross into Europe.

Meanwhile, five people, including a German and a French national, were detained Sept. 21 in Istanbul for allegedly encouraging Syrian refugees to head for Turkey’s border with the EU, police said.

The suspects are accused of aiding and abetting refugees in circumventing police restrictions on migrants heading for Edirne.

Around 3,000 refugees were waiting at Istanbul’s main bus station to travel to the province, where thousands are already seeking to enter the EU.

The suspects – identified as German national N.S., French national C.L. and Syrians A.S., A.F., and M.F. – were said to have incited refugees against the Turkish police and persuaded them against cooperating with the authorities.

They are accused of encouraging groups of refugees to set off on foot for Edirne.


Earlier Sept. 21, police intercepted a 500-strong group of Syrian refugees walking along a highway near Istanbul toward the province.

September/22/2015
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/1500-refugees-sent-from-edirne-to-other-turkish-cities.aspx?pageID=238&nID=88873&NewsCatID=341

Voir également : Selon Viktor Orban, l'UE ferait mieux d'aider financièrement la Turquie pour gérer la crise des migrants et réfugiés

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dimanche 27 septembre 2015

Le séjour de Mehmet Akif Ersoy en Allemagne pendant la Première Guerre mondiale

Dorothée Guillemarre-Acet, Impérialisme et nationalisme. L'Allemagne, l'Empire ottoman et la Turquie (1908-1933), Würzburg, Ergon Verlag, 2009, p. 180 :

"A l'occasion de la mission organisée pour l'inspection des prisonniers musulmans, Mehmed Akif, qui reste quelques mois en Allemagne, écrit un long poème intitulé « Berlin Hatıraları » [Souvenirs de Berlin]. A la différence du style caractéristique des écrits de propagande, l'écrivain fait usage d'une langue populaire, ironique, vivante. Cependant son poème reste idéologique, centré sur la mise en valeur de l'alliance de l'Empire avec l'Allemagne : la rencontre dans un café d'une femme allemande dont il suppose que le fils est mort à la guerre, lui donne l'occasion d'écrire un certain nombre de vers sur le sacrifice nécessaire pour la patrie et pour une cause qu'il juge juste. Pour autant, il est remarquable que Mehmed Akif consacre le plus long de son poème à la force de l'Allemagne et aux faiblesses de l'Empire, qu'il met sans cesse en évidence. La réussite de l'Allemagne, il l'explique par deux facteurs essentiels, le progrès technique et l'unité, qui, ainsi qu'il le regrette amèrement, manque cruellement à l'Empire :

« C'est cette unité qui est le secret de votre magnificence,
Elle est la voix qui fait trembler le monde.
(...)
Tandis que vous vous élevez par ce lien,
Notre peuple est détruit par ce manque d'unité. »

Mehmed Akif se montre non seulement admirateur du progrès technologique, mais aussi des arts et de la littérature allemande, qu'il estime vivants, à la différence de l'art ottoman. En fait, Mehmed Akif ne connaît certainement que très peu la littérature allemande. Dans ce poème, l'Allemagne est présentée comme le pays idéal, par contraste avec l'Empire ottoman, de manière très dualiste. Ce n'est qu'à la fin de son texte que l'auteur quitte un ton jusque-là plutôt pessimiste pour s'enflammer pour la bataille de Çanakkale, dont il vit les premiers succès au moment de la rédaction."

Voir également : Un immigré turc dans l'Allemagne wilhelmienne : Enver Paşa (Enver Pacha) alias İsmail Enver

Le Jeune-Turc Tekin Alp et le modèle de l'Allemagne wilhelmienne

L'Allemagne impériale et la Turquie ottomane

Colmar Freiherr von der Goltz

Friedrich Naumann et Ernst Jäckh
 
Les raisons de l'intervention ottomane dans la Première Guerre mondiale

La turcophilie allemande
 
L'islam en Allemagne : une présence ancienne mais méconnue

dimanche 13 septembre 2015

Selon Viktor Orban, l'UE ferait mieux d'aider financièrement la Turquie pour gérer la crise des migrants et réfugiés

Hungary's Orban: EU should pay Turkey, other countries to help handle migrants

BUDAPEST - Reuters

Hungarian Prime Minister Viktor Orban said on Sept.7 that the European Union should give financial support to Turkey and other non-member countries to help them deal with the stream of migrants and refugees trying to reach Europe.


Addressing Hungarian diplomats in Budapest, the right-wing leader also said discussion of quotas for distributing migrants between members of the 28-nation bloc were premature while it was unable to defend its external frontiers.
   
"As long as Europe cannot protect its external borders it makes no sense to discuss the fate of those flowing in," he said, adding that he did not rule out a "fair" discussion of quotas at a later stage.
   
"It would make much more sense if the EU established a fund ... from which, in agreement with countries that are important to us, such as Turkey, we could provide support to deal with the problem of refugees in those countries."
September/07/2015 
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/hungarys-orban-eu-should-pay-turkey-other-countries-to-help-handle-migrants.aspx?pageID=238&nID=88087&NewsCatID=359

Voir également : La Hongrie de Viktor Orbán et la Turquie (rappel)

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Israël et la Turquie enregistrent un succès dans la coopération anti-djihadiste

i24news
Publié 01 Septembre 2015
18:38

Israël et la Turquie coopèrent pour ramener un Israélien parti en Syrie

L'adolescent a été remis à ses parents, qui sont allés le chercher en Turquie

Des officiels turcs et des représentants israéliens ont travaillé de manière acharnée au cours des trois derniers jours pour localiser et renvoyer en Israël, un jeune homme de 21 ans qui avait quitté le pays pour rejoindre les rangs de l'Etat islamique, a annoncé mardi le ministère des Affaires étrangères.

L'annonce intervient alors que les liens entre les deux pays tendent à s'améliorer.

Le ministère des Affaires étrangères a reçu un appel jeudi dernier, de la part d'une famille préoccupée par le fait que leur fils se soit envolé pour la Crète, pour ensuite rejoindre la Syrie. D'après ce qu'a écrit le jeune sur internet, ses proches craignaient qu'il ne soit parti rejoindre l'EI, selon le porte-parole du ministère, Alon Lavi.

Le jeune homme s'est envolé pour la Crète, puis a rejoint Izmir en Turquie, puis Adana, au sud-est du pays, avant d'arriver à Iskenderun, près de la frontière turco-syrienne.

Lavi a déclaré qu'Israël, en collaboration avec Interpol, l'ambassade et le consulat à Ankara et à Istanbul, a pu - avec l'aide des autorités turques et la police à Iskenderun - localiser le jeune.

L'adolescent a été remis à ses parents - ses tuteurs légaux - qui sont allés le chercher à Iskenderun et l'ont ramené en Israël mardi.

Ilana Ravid, la directrice du département concernant les Israéliens à l'étranger, a déclaré que le cas du jeune homme avait été "compliqué et inquiétant", mais "avec l'aide diplomatique des représentants israéliens en Turquie, et la bonne volonté des autorités turques, l'incident s'est "bien terminé".


On ne sait pas encore si des poursuites judiciaires seront engagées contre le jeune.
Source : http://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/84191-150901-israel-et-la-turquie-cooperent-pour-ramener-un-israelien-parti-faire-le-djihad

Voir également : La Turquie aide Israël à lutter contre l'immigration clandestine africaine

Antiterrorisme : le gouvernement turc a interdit à environ 7.000 étrangers d'entrer en Turquie

"Cafouillage" dans la coopération anti-terroriste : un suspect djihadiste (ressortissant français) est renvoyé en France par la Turquie, il revient et est arrêté une deuxième fois par la Turquie

La lutte de l'Etat turc contre l'afflux de djihadistes étrangers : environ 3.600 interdictions d'entrée et 1.000 expulsions

La Turquie a expulsé 1100 ressortissants de l'UE liés à al-Qaïda

Syrie : la lutte turco-belge contre les recruteurs salafistes

La collaboration entre les services turcs et occidentaux pour intercepter les djihadistes

Syrie : davantage de djihadistes en provenance de Russie et de France que de Turquie (pays majoritairement musulman et contigu)

RAPPEL : la Turquie a déjà bombardé à plusieurs reprises les positions de l’Etat islamique (EIIL)

lundi 22 juin 2015

Le mouvement Milli Görüş




Gilles Kepel, Les banlieues de l'islam. Naissance d'une religion en France, Paris, Le Seuil, 1991, p. 278  :

"Le Parti du salut national (milli selamet partisi) * représente sur l'échiquier politique turc l'élément le plus proche du mouvement des Frères musulmans dans le monde arabe. Son projet de société, le milli görüş (« vision nationale » ou « tendance nationale »), met l'accent sur la sauvegarde des valeurs morales — qui se seraient effondrées depuis l'avènement de la République laïque fondée par Atatürk. Il soutient que, si sous-développement matériel il y a dans la Turquie d'aujourd'hui, cela provient du sous-développement spirituel qu'aurait entraîné l'abandon des références à l'islam. Ce parti est bien représenté dans la population turque en RFA, où il publie un hebdomadaire destiné spécifiquement à l'immigration, Hicret (cf. arabe : hijra, « émigration » et « hégire »).

En France, ses partisans créent en mai 1979 à Paris l'association Tendance nationale — Union islamique en France (milli görüş — fransa islam birliği) qui, six mois plus tard, s'appelle plus simplement Union islamique en France (UIF). (...)

* Successeur du milli nizam partisi (« parti de l'ordre national ») interdit en 1971 par la cour constitutionnelle pour ses activités antilaïques, le Parti du salut national a lui-même été suspendu, puis dissous à la suite du coup d'Etat militaire du 12 septembre 1980. A l'occasion des élections législatives turques de novembre 1983, certains de ses cadres ont fondé le refah partisi (« le parti de la prospérité »), qui a obtenu un très faible score par rapport aux succès électoraux des années soixante-dix (11,8 % des voix en 1973). Cela est dû en partie au fait que l'actuel chef du gouvernement turc, Turgut Ozal, était autrefois candidat du PSN en 1977 et que beaucoup des électeurs de ce parti ont porté leurs suffrages sur la formation du Premier ministre, le « parti de la mère patrie ». Le leader du PSN, M. Necmettin Erbakan, ingénieur mécanicien formé en RFA et tribun doté d'une grande éloquence, se situe dans la mouvance islamiste, mais a su donner au milli görüş des caractéristiques proprement turques. Ainsi, l'âge d'or de l'islam, que les militants islamistes arabes situent à l'époque du Prophète et des quatre premiers califes, est volontiers assimilé par M. Erbakan à l'Empire ottoman. Son grand homme est le calife [sultan en fait] Mehmet II Fatih, qui conquit Constantinople en 1453, et qui fit de la cathédrale Sainte-Sophie la mosquée Ayasofia. L'un des leitmotive du milli görüş est, du reste, la réouverture de celle-ci au culte (elle a été transformée en musée par Atatürk). « Les croyances religieuses [...], note S. Vaner, ont été canalisées depuis 1973 par le PSN implanté solidement, en un temps record, dans tous les départements, et qui se réclamait de la moyenne et de la petite bourgeoisie anatolienne menacées par le grand capital. La très grande majorité de ses voix provient des zones défavorisées de l'Est de l'Anatolie » — d'où sont originaires, du reste, la plupart des immigrés."

Felice Dassetto, L'Iris et le Croissant : Bruxelles et l'Islam au défi de la co-inclusion, Louvain, Presses universitaires de Louvain, 2011, p. 217-218 :

"Les Milli Görüs se disent, selon leur président, « belges d'origine turque et musulmans ». Ils optent clairement pour une intégration (à la turque) au sein de la Belgique. (...) Les Milli Görüs ne sont pas partisans de la création d'écoles islamiques, qui « ne favorisent pas l'intégration ». Ils sont perplexes devant la venue d'imams des pays d'origine et ils prônent la création d'une « faculté islamique en Belgique dont le projet serait retardé par les Etats turc et marocain qui veulent conserver une mainmise sur leurs populations respectives ». Malgré ces remarques qui divergent des stratégies de la Diyanet, les Milli Görüs affirment en souriant qu'ils n'ont plus le même rapport d'hostilité que précédemment. Désormais la convergence se fait sentir en Turquie, et donc en Belgique et à Bruxelles. Malgré cet objectif d'insertion en Belgique, il n'empêche que les prêches dans les mosquées se font encore en turc (avec parfois des résumés en français) tout en disant que « dans 10 ans cela sera fini », car il faudra nécessairement passer aux langues en vigueur en Belgique."

Voir également : Emmanuel Todd

La réussite de la modernisation turque

Les structures familiales des immigrés turcs en Allemagne

Comment l'Etat allemand a favorisé sur son sol l'islam wahhabite au détriment de l'islam hanéfite turc

Allemagne : la remarquable sous-représentation des Turcs chez les djihadistes

Peu de Turcs parmi les djihadistes en provenance d'Europe de l'Ouest

La vie des familles turques en Seine-Saint-Denis (93)

Pays-Bas : le regard critique des immigrés turcs sur les immigrés marocains
 
Turcs et Marocains en Belgique

dimanche 14 juin 2015

Champigny-sur-Marne : un probable Kurde avait tué un probable Kurde, sur fond d'histoire d'homosexualité

Val-de-Marne : 16 ans de prison pour avoir tué un homme qui le tenait pour homosexuel
En 2010, il avait porté un coup de couteau au thorax à l'un de ses amis qui le prenait pour un homosexuel et qui aurait propagé des rumeurs à ce sujet.
11 Juin 2015, 17h22 | MAJ : 11 Juin 2015, 18h26

Pour avoir poignardé à mort un de ses amis au motif que ce dernier avait insinué qu'il était homosexuel, un homme de 31 ans a été condamné ce jeudi à 16 ans de réclusion criminelle.

L'avocate générale avait requis plus tôt une peine comprise entre 18 et 20 ans.

«C'était une douleur en moi depuis des années cette histoire d'homosexualité et ça s'est terminé par cette catastrophe», a expliqué l'accusé devant la Cour d'assises du Val-de-Marne, à Créteil. «J'ai détourné la tête et j'ai porté un coup au hasard. Je n'ai pas regardé, je n'avais pas l'intention de tuer.»

Les faits remontent à la soirée du 14 avril 2010, lorsqu'un homme reçoit un coup de couteau au thorax dans une rue de Champigny-sur-Marne. Pris en charge par les secours, il décède à son arrivée à l'hôpital, tandis que l'agresseur prend la fuite. Les expertises génétiques et les investigations conduisent les enquêteurs sur la piste de Mustapha, un ami de la victime qui, après avoir donné des explications confuses, finit par reconnaître être l'auteur du coup de couteau mortel.

L'homosexualité, «une maladie physique» pour l'accusé

Le motif : la victime le prenait pour un homosexuel et aurait propagé des rumeurs sur son orientation sexuelle. «Je n'avais pas toute ma tête, j'ai frappé au hasard, a-t-il déclaré. Il avait joué avec mon honneur.» Après avoir assuré au cours de l'instruction être hétérosexuel, cet homme de nationalité turque a reconnu à l'audience des «tendances homosexuelles», tendances qu'il considère comme une «maladie». «Avant tout, ce n'est pas compatible avec la nature de l'humain. C'est une maladie physique. Mon corps a toujours voulu ce type de relation, mais avec ma tête j'ai toujours empêché cela.»

«Il ne faut pas se tromper de cible», avait lancé l'avocate générale dans ses réquisitions. «Ce n'est pas le procès de l'homophobie mais celui d'un homme à qui on reproche d'avoir tué d'un coup de couteau un compatriote.»

Au cours des débats, l'accusé a évoqué sa terreur que son homosexualité soit dévoilée au grand jour et que les rumeurs atteignent son entourage, en particulier son père. «Les homosexuels, il faut leur tirer une balle dans la tête direct», a ainsi déclaré le père pendant l'instruction. Si mon fils est homosexuel, qu'on lui fasse une injection létale ou qu'on lui tire dessus.»
Source : http://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/val-de-marne-16-ans-de-prison-pour-avoir-tue-un-homme-qui-le-tenait-pour-homosexuel-11-06-2015-4853449.php

Comme dans l'affaire du viol collectif d'Evry, les médias conventionnels et d'extrême droite se sont bien gardés de mettre en lien ce fait divers avec les particularités ethnographiques de l'endroit où il s'est déroulé. Or, Champigny est une municipalité où une population kurde est implantée, le "Newroz" (nouvel an kurde) y est fêté sur place (par des officines du PKK) :

http://www.leparisien.fr/champigny-sur-marne-94500/champigny-a-13-ans-il-meurt-percute-en-gare-apres-la-fete-kurde-22-03-2015-4626507.php

https://twitter.com/UruzOZKAN/status/578250929075576832

Les élus communistes de la ville (et en premier lieu le maire Dominique Adenot) "soignent" d'ailleurs tout particulièrement cette clientèle électorale :

https://twitter.com/PhenixKurde/status/578121137353146368 (mise à disposition de cars pour se rendre à la fête du "Newroz")

https://twitter.com/Virginierecher/status/585894322295431168 (proposition de subvention pour le "Newroz")

Salih Muslim (chef de la branche syrienne du PKK) s'est même rendu à Champigny pour galvaniser ses ouailles : https://twitter.com/UruzOZKAN/status/579378301057286144

Par ailleurs, c'est le HDP (parti nationaliste kurde) qui est arrivé en tête chez les citoyens turcs ayant voté au consulat de Paris à l'occasion des dernières élections :



Source : http://www.milliyet.com.tr/secim/2015/fransa/

...ce qui jette une autre lumière sur les délits et crimes que l'extrême droite française reproche "aux Turcs" en Ile-de-France.

Quant à la question "LGBT", elle est souvent instrumentalisée pour déblatérer sur la Turquie. Or, l'homosexualité et le travestissement sexuel n'y font l'objet d'aucune disposition légale répressive, depuis le code pénal de 1858 (promulgué par le sultan Abdülmecit), à l'inverse de bon nombre de pays occidentaux du XIXe siècle. Dans la Turquie actuelle, la condition des homosexuels et transexuels est plus favorable qu'au Kurdistan irakien, en Arménie ou bien sûr en Iran. Le mufti d'Antalya (relevant de la Diyanet) a déclaré en mars dernier que les homosexuels de confession musulmane avaient tout à fait le droit de se rendre en pèlerinage à la Mecque. "Sortie" évidemment passée inaperçue, les médias français préférant s'en tenir aux lieux communs.

Voir également : Turquie : la base électorale du HDP n'est pas "progressiste" ou "libertaire"

Derrière le vote HDP dans le Sud-Est : le poids du tribalisme/féodalisme kurde

Turquie : la complaisance du HDP (parti nationaliste kurde) pour la polygamie

Le particularisme anthropologique kurde en Turquie (et ailleurs)

Le crime d'honneur : une pratique tribale ni turque, ni vraiment musulmane mais kurde

Poids des traditions locales à Diyarbakir : une Kurde se fait tirer dessus parce qu'elle a chanté en public

Adıyaman : un père et un grand-père kurdes condamnés à la prison à vie pour avoir enterré vivante une jeune fille

Allemagne : la triste vérité sur le meurtre atroce de Maria P.

Crime d'honneur à Nogent-sur-Oise : un père kurde (et non turc) tue le petit ami de sa fille

L'assassinat de Nazmiye à Colmar (1993) : une victime kurde d'un crime d'honneur, et non turque

Hatun Sürücü : une victime kurde d'un crime d'honneur, et non turque

vendredi 22 mai 2015

Peu de Turcs parmi les djihadistes en provenance d'Europe de l'Ouest

BARÇIN YİNANÇ

barcin.yinanc@hurriyet.com.tr
Few Turks from Europe join foreign terrorist fighters

A recent report of the United Nations Security Council 1267/1989 Al-Qaida Sanctions Committee’s Monitoring Team estimates that 25,000 foreign terrorist fighters (FTFs) from 100 countries are linked to al-Qaida and the Islamic State of Iraq and the Levant (ISIL), with an overwhelming majority of those fighters in Iraq and Syria.

This issue has put Turkey under the spotlight of the international media many times, as many FTFs choose Turkey to cross into Syria and Iraq. 
Come to think of it, one would rather jump to the conclusion that many Turks living abroad and particularly in Europe would have become FTFs and gone to Syria to join Islamist radical groups fighting in the country.

At the end of the day, the majority of the younger Turkish generations in Europe are still coming from conservative, pious families. Had they wished to join radicals like ISIL, it would have been much easier from them to use Turkish territory to cross to Syria.

Yet of the FTFs that come from Europe and other Western countries, only a handful are of Turkish origin.

This in turn provides important input as far as the integration debates are concerned. Obviously we can’t go as far as concluding that Turks are fully integrated in the countries they have settled. Nonetheless, one can safely say the general picture about the level of integration of Turks in Europe especially is not as bad as some would argue. At any rate, they are less open to radicalization, which indicates that at least the sense of exclusion and alienation is much lower when compared with other migrant communities.

This is an important point because Turkey has been the target of serious criticism on the FTFs issue.
It was initially accused of turning a blind eye and then not taking sufficient action and measures to stop the crossings into Syria.

But FTFs are individuals who radicalize into violent extremism in their own countries. Obviously this is a problem that cannot be solved in the short term but needs to seriously be taken into account in a multi layered approach that should be endorsed by the source countries. In addition, those with the potential of becoming FTFs don’t turn out to be recruits while on vacation in Turkey. They are recruited in their countries of residence. So in the short term officials in the source countries also need to focus on cracking the recruiting and facilitation networks that operate inside their frontiers.

Coming back to the initial point at the beginning of the article, it’s no doubt good news that only a few Turks living abroad join the FTFs. But that does not mean that there a handful of Turks among the U.N.’s estimated 25,000 FTFs. Ironically, they are recruited from Turkey and obviously the Turkish government also needs to do its homework.

No doubt the attack on March 20, 2014, in Niğde by three ISIL affiliates who were trying to transit from Turkey to their countries of origin that left three dead was a turning point for the Turkish government to take this issue much more seriously.

May/21/2015
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/Default.aspx?pageID=449&nID=82724&NewsCatID=412

Voir également : Allemagne : la remarquable sous-représentation des Turcs chez les djihadistes

Syrie : davantage de djihadistes en provenance de Russie et de France que de Turquie (pays majoritairement musulman et contigu)

Antiterrorisme : le gouvernement turc a interdit à environ 7.000 étrangers d'entrer en Turquie

"Cafouillage" dans la coopération anti-terroriste : un suspect djihadiste (ressortissant français) est renvoyé en France par la Turquie, il revient et est arrêté une deuxième fois par la Turquie
 
Turquie, EI et PKK : quand les médias dérapent au détriment de l'éthique journalistique

"Shariah Police" en Allemagne : le salafiste de souche allemande Sven Lau contre le musulman turc Ali Kizilkaya

Le salafisme à Solingen : une affaire non-turque ?

Allemagne : Kenan Kolat et Serkan Tören contre l'islamisme radical

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lundi 18 mai 2015

Würenlingen (Suisse) : le meurtrier Semun A. est un chrétien araméen/syriaque, et non un Turc musulman

I dä Beiz mardi 12 mai 2015
Ces meurtres commis par un «faux» Suisse
Sandrine Hochstrasser

Pourquoi un homme de 36 ans a-t-il massacré sa belle-famille samedi en Argovie? En quête de sens, le public se perd dans des méandres délirants


L’homme a abattu quatre personnes samedi soir dans un village argovien – son beau-père, sa belle-mère, son beau-frère et un voisin. Puis retourné son arme contre lui. L’homme avait 36 ans et résidait dans le canton de Schwyz. Voilà pour les qualificatifs qui ne déclencheront aucun préjugé dans l’inconscient collectif.

On peut en rester là – pourquoi décrire l’innommable? – ou céder à un terrible vice, celui de vouloir toujours comprendre. La presse alémanique livre de plus amples informations: l’homme était sans emploi, séparé de sa famille, instable psychologiquement, menaçant et connu de la police.

Les chômeurs, les divorcés et les dépressifs nous excuseront pour les préjugés que ces qualificatifs déclencheront dans l’imaginaire populaire. Reste un attribut que nous avons tu: son origine. Les journalistes sont tenus de faire «une pesée des intérêts entre la valeur informative et le danger d’une discrimination», selon leur déontologie. «Le plus simple est de suivre une politique constante. Soit d’indiquer systématiquement la nationalité, soit de la taire», commente Dominique von Burg, président du Conseil suisse de la presse.

Dont acte: l’homme est Suisse. Tous les médias, y compris Le Temps, ont donné la nationalité de l’agresseur pour éviter toute discrimination dans le traitement de l’information.

«Une presse menteuse», «de gauche»; «Vous prenez vos désirs pour des réalités.» Les réseaux sociaux se sont enflammés dès la première heure lundi matin, attisés par le souffle de députés alémaniques UDC. «L’homme est un Turc avec un passeport suisse (!)», attaquent-ils en s’appuyant sur un article du Blick. Bienvenue dans un monde où les vrais Helvètes côtoient les faux Suisses. «Semun A. est le tueur fou de Würenlingen», titre le quotidien de boulevard avec un portrait à demi flouté. C’est donc Semun qui a assassiné Jonas, Karl, Elisabeth et Thierry.

Le 20 Minuten, lui, a nommé l’agresseur Simon B., au grand dam des politiciens qui divisent le monde entre les vrais et les demi-Suisses. «C’est de la manipulation de transformer «Semun A» en «Simon B», fustige un UDC zurichois. «Cela manque dans la légende: «nom germanisé», renchérit un autre.

Le gratuit se défend: l’homme, qui appartiendrait à la minorité araméenne chrétienne, s’appelait à l’origine Semun. Mais son nom officiel serait Simon, selon les autorités schwyzoises.


Toute la compréhension d’un bain de sang qui se résume en un prénom. C’est un autre vice.
Source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/4ff6409c-f80d-11e4-a492-3cf978da05db/Ces_meurtres_commis_par_un_faux_Suisse

Extrait de l'article de 20 Minuten (qui se base sur les témoignages des voisins et des autorités locales) dont il est question :

"Täter hatte türkisch-aramäische Wurzeln

Der Täter von Würenlingen hatte einen Schweizer Pass, verfügt aber über einen Migrationshintergrund: Laut seinen Nachbarn hatte er Wurzeln in der Türkei und gehörte der aramäischen, christlichen Minderheit an. Zum Vornamen des Mannes bestehen widersprüchliche Angaben: 20 Minuten stiess am Sonntag bei der Recherche auf die Schreibweise «Simon», laut «Blick» hiess der Mann «Semun». 20 Minuten weiss jedoch aus sicherer Quelle, dass der offizielle Vorname des Mannes zuletzt «Simon» lautete.(20M)"

Source : http://www.20min.ch/schweiz/news/story/Simon-B--stand-unter-Beobachtung-17405126

Un article en turc a également parlé de l'origine chrétienne de Semun A. : http://www.postgazetesi.ch/wurenlingendeki-katliamin-faili-ortaya-cikti-3012h.htm

Il faut dire que "Şemun" (Semun) est typiquement un prénom porté par les chrétiens syriaques/assyro-chaldéens (exemple : le prêtre syriaque Şemun Demir en Allemagne) : il est plutôt rare qu'il soit porté par des musulmans de Turquie.

Sur d'autres cas de manipulation/falsification turcophobique de faits divers :

- meurtre par un Kurde alévi et un Allemand prénommé Daniel en Allemagne : Allemagne : la triste vérité sur le meurtre atroce de Maria P.

- viol collectif par trois frères kurdes et un Marocain à Evry : Viol d'Evry : les trois frères violeurs seraient d'origine kurde (et non turque), d'après plusieurs sources kurdes alévies (plus ou moins anti-turques)

Retour sur le viol d'Evry : la "piste kurde" se confirme

Une communiste kurde sur le viol d'Evry : "tous les Kurdes d'Evry connaissent la famille"

- viols sur mineure par trois Kurdes (dont un membre du PKK) à Toulouse : Les violeurs kurdes de Toulouse sont des "réfugiés politiques" ou des fils de "réfugiés politiques" (apocu ?)

Le violeur kurde Selcuk Ozcan est membre du PKK

Turcs ! Kurdes ! Arméniens !?...

- tentative de viol et meurtre par un Franco-Arménien : Le violeur et meurtrier Thierry Dève-Oglou est d'origine arménienne et non turque

Thierry Deve-Oglou : l'improbable explication de ses crimes dans le prétendu génocide arménien

"Turquisation" ou "arménisation" au gré des intérêts turcophobiques : le cas symptomatique de la famille paternelle (fort respectable, par ailleurs) de Thierry Deve-Oglou

Sur les violences domestiques et les crimes d'honneur ayant cours chez les chrétiens d'Orient : Le crime d'honneur, une tradition méconnue des chrétiens d'Orient

Istanbul : un couple religieusement mixte victime d'un crime d'honneur de la part du beau-frère chrétien arménien

Istanbul : la perpétuité pour un Arménien coupable de crime d'honneur

Le crime d'honneur, une tradition arménienne ?

Marseille : retour sur un crime d'honneur arménien symptomatique

Les violences domestiques : un problème qui touche plus du quart des femmes d'Arménie

Le problème de la violence conjugale en Arménie

Les violences faites aux femmes et aux filles en Arménie (rapport de 2011)

Arménie : des femmes souffrent en silence

Violence au sein de la famille arménienne : le cas de Greta Baghdasaryan