vendredi 22 mai 2015

Peu de Turcs parmi les djihadistes en provenance d'Europe de l'Ouest

BARÇIN YİNANÇ

barcin.yinanc@hurriyet.com.tr
Few Turks from Europe join foreign terrorist fighters

A recent report of the United Nations Security Council 1267/1989 Al-Qaida Sanctions Committee’s Monitoring Team estimates that 25,000 foreign terrorist fighters (FTFs) from 100 countries are linked to al-Qaida and the Islamic State of Iraq and the Levant (ISIL), with an overwhelming majority of those fighters in Iraq and Syria.

This issue has put Turkey under the spotlight of the international media many times, as many FTFs choose Turkey to cross into Syria and Iraq. 
Come to think of it, one would rather jump to the conclusion that many Turks living abroad and particularly in Europe would have become FTFs and gone to Syria to join Islamist radical groups fighting in the country.

At the end of the day, the majority of the younger Turkish generations in Europe are still coming from conservative, pious families. Had they wished to join radicals like ISIL, it would have been much easier from them to use Turkish territory to cross to Syria.

Yet of the FTFs that come from Europe and other Western countries, only a handful are of Turkish origin.

This in turn provides important input as far as the integration debates are concerned. Obviously we can’t go as far as concluding that Turks are fully integrated in the countries they have settled. Nonetheless, one can safely say the general picture about the level of integration of Turks in Europe especially is not as bad as some would argue. At any rate, they are less open to radicalization, which indicates that at least the sense of exclusion and alienation is much lower when compared with other migrant communities.

This is an important point because Turkey has been the target of serious criticism on the FTFs issue.
It was initially accused of turning a blind eye and then not taking sufficient action and measures to stop the crossings into Syria.

But FTFs are individuals who radicalize into violent extremism in their own countries. Obviously this is a problem that cannot be solved in the short term but needs to seriously be taken into account in a multi layered approach that should be endorsed by the source countries. In addition, those with the potential of becoming FTFs don’t turn out to be recruits while on vacation in Turkey. They are recruited in their countries of residence. So in the short term officials in the source countries also need to focus on cracking the recruiting and facilitation networks that operate inside their frontiers.

Coming back to the initial point at the beginning of the article, it’s no doubt good news that only a few Turks living abroad join the FTFs. But that does not mean that there a handful of Turks among the U.N.’s estimated 25,000 FTFs. Ironically, they are recruited from Turkey and obviously the Turkish government also needs to do its homework.

No doubt the attack on March 20, 2014, in Niğde by three ISIL affiliates who were trying to transit from Turkey to their countries of origin that left three dead was a turning point for the Turkish government to take this issue much more seriously.

May/21/2015
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/Default.aspx?pageID=449&nID=82724&NewsCatID=412

Voir également : Allemagne : la remarquable sous-représentation des Turcs chez les djihadistes

Syrie : davantage de djihadistes en provenance de Russie et de France que de Turquie (pays majoritairement musulman et contigu)

Antiterrorisme : le gouvernement turc a interdit à environ 7.000 étrangers d'entrer en Turquie

"Cafouillage" dans la coopération anti-terroriste : un suspect djihadiste (ressortissant français) est renvoyé en France par la Turquie, il revient et est arrêté une deuxième fois par la Turquie
 
Turquie, EI et PKK : quand les médias dérapent au détriment de l'éthique journalistique

"Shariah Police" en Allemagne : le salafiste de souche allemande Sven Lau contre le musulman turc Ali Kizilkaya

Le salafisme à Solingen : une affaire non-turque ?

Allemagne : Kenan Kolat et Serkan Tören contre l'islamisme radical

Comment l'Etat allemand a favorisé sur son sol l'islam wahhabite au détriment de l'islam hanéfite turc

Allemagne : l'Etat islamique attire de jeunes Kurdes

Hambourg : une association kurde réprouve les provocations des pro-PKK

Syrie : un Kurde de Diyarbakır est mort au combat dans les rangs de l'Etat islamique

Au total, 500 Kurdes du Kurdistan irakien ont rejoint l'EI, dont trois mollah employés par l'administration kurde

lundi 18 mai 2015

Würenlingen (Suisse) : le meurtrier Semun A. est un chrétien araméen/syriaque, et non un Turc musulman

I dä Beiz mardi 12 mai 2015
Ces meurtres commis par un «faux» Suisse
Sandrine Hochstrasser

Pourquoi un homme de 36 ans a-t-il massacré sa belle-famille samedi en Argovie? En quête de sens, le public se perd dans des méandres délirants


L’homme a abattu quatre personnes samedi soir dans un village argovien – son beau-père, sa belle-mère, son beau-frère et un voisin. Puis retourné son arme contre lui. L’homme avait 36 ans et résidait dans le canton de Schwyz. Voilà pour les qualificatifs qui ne déclencheront aucun préjugé dans l’inconscient collectif.

On peut en rester là – pourquoi décrire l’innommable? – ou céder à un terrible vice, celui de vouloir toujours comprendre. La presse alémanique livre de plus amples informations: l’homme était sans emploi, séparé de sa famille, instable psychologiquement, menaçant et connu de la police.

Les chômeurs, les divorcés et les dépressifs nous excuseront pour les préjugés que ces qualificatifs déclencheront dans l’imaginaire populaire. Reste un attribut que nous avons tu: son origine. Les journalistes sont tenus de faire «une pesée des intérêts entre la valeur informative et le danger d’une discrimination», selon leur déontologie. «Le plus simple est de suivre une politique constante. Soit d’indiquer systématiquement la nationalité, soit de la taire», commente Dominique von Burg, président du Conseil suisse de la presse.

Dont acte: l’homme est Suisse. Tous les médias, y compris Le Temps, ont donné la nationalité de l’agresseur pour éviter toute discrimination dans le traitement de l’information.

«Une presse menteuse», «de gauche»; «Vous prenez vos désirs pour des réalités.» Les réseaux sociaux se sont enflammés dès la première heure lundi matin, attisés par le souffle de députés alémaniques UDC. «L’homme est un Turc avec un passeport suisse (!)», attaquent-ils en s’appuyant sur un article du Blick. Bienvenue dans un monde où les vrais Helvètes côtoient les faux Suisses. «Semun A. est le tueur fou de Würenlingen», titre le quotidien de boulevard avec un portrait à demi flouté. C’est donc Semun qui a assassiné Jonas, Karl, Elisabeth et Thierry.

Le 20 Minuten, lui, a nommé l’agresseur Simon B., au grand dam des politiciens qui divisent le monde entre les vrais et les demi-Suisses. «C’est de la manipulation de transformer «Semun A» en «Simon B», fustige un UDC zurichois. «Cela manque dans la légende: «nom germanisé», renchérit un autre.

Le gratuit se défend: l’homme, qui appartiendrait à la minorité araméenne chrétienne, s’appelait à l’origine Semun. Mais son nom officiel serait Simon, selon les autorités schwyzoises.


Toute la compréhension d’un bain de sang qui se résume en un prénom. C’est un autre vice.
Source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/4ff6409c-f80d-11e4-a492-3cf978da05db/Ces_meurtres_commis_par_un_faux_Suisse

Extrait de l'article de 20 Minuten (qui se base sur les témoignages des voisins et des autorités locales) dont il est question :

"Täter hatte türkisch-aramäische Wurzeln

Der Täter von Würenlingen hatte einen Schweizer Pass, verfügt aber über einen Migrationshintergrund: Laut seinen Nachbarn hatte er Wurzeln in der Türkei und gehörte der aramäischen, christlichen Minderheit an. Zum Vornamen des Mannes bestehen widersprüchliche Angaben: 20 Minuten stiess am Sonntag bei der Recherche auf die Schreibweise «Simon», laut «Blick» hiess der Mann «Semun». 20 Minuten weiss jedoch aus sicherer Quelle, dass der offizielle Vorname des Mannes zuletzt «Simon» lautete.(20M)"

Source : http://www.20min.ch/schweiz/news/story/Simon-B--stand-unter-Beobachtung-17405126

Un article en turc a également parlé de l'origine chrétienne de Semun A. : http://www.postgazetesi.ch/wurenlingendeki-katliamin-faili-ortaya-cikti-3012h.htm

Il faut dire que "Şemun" (Semun) est typiquement un prénom porté par les chrétiens syriaques/assyro-chaldéens (exemple : le prêtre syriaque Şemun Demir en Allemagne) : il est plutôt rare qu'il soit porté par des musulmans de Turquie.

Sur d'autres cas de manipulation/falsification turcophobique de faits divers :

- meurtre par un Kurde alévi et un Allemand prénommé Daniel en Allemagne : Allemagne : la triste vérité sur le meurtre atroce de Maria P.

- viol collectif par trois frères kurdes et un Marocain à Evry : Viol d'Evry : les trois frères violeurs seraient d'origine kurde (et non turque), d'après plusieurs sources kurdes alévies (plus ou moins anti-turques)

Retour sur le viol d'Evry : la "piste kurde" se confirme

Une communiste kurde sur le viol d'Evry : "tous les Kurdes d'Evry connaissent la famille"

- viols sur mineure par trois Kurdes (dont un membre du PKK) à Toulouse : Les violeurs kurdes de Toulouse sont des "réfugiés politiques" ou des fils de "réfugiés politiques" (apocu ?)

Le violeur kurde Selcuk Ozcan est membre du PKK

Turcs ! Kurdes ! Arméniens !?...

- tentative de viol et meurtre par un Franco-Arménien : Le violeur et meurtrier Thierry Dève-Oglou est d'origine arménienne et non turque

Thierry Deve-Oglou : l'improbable explication de ses crimes dans le prétendu génocide arménien

"Turquisation" ou "arménisation" au gré des intérêts turcophobiques : le cas symptomatique de la famille paternelle (fort respectable, par ailleurs) de Thierry Deve-Oglou

Sur les violences domestiques et les crimes d'honneur ayant cours chez les chrétiens d'Orient : Le crime d'honneur, une tradition méconnue des chrétiens d'Orient

Istanbul : un couple religieusement mixte victime d'un crime d'honneur de la part du beau-frère chrétien arménien

Istanbul : la perpétuité pour un Arménien coupable de crime d'honneur

Le crime d'honneur, une tradition arménienne ?

Marseille : retour sur un crime d'honneur arménien symptomatique

Les violences domestiques : un problème qui touche plus du quart des femmes d'Arménie

Le problème de la violence conjugale en Arménie

Les violences faites aux femmes et aux filles en Arménie (rapport de 2011)

Arménie : des femmes souffrent en silence

Violence au sein de la famille arménienne : le cas de Greta Baghdasaryan

jeudi 7 mai 2015

La Turquie capture 155 migrants clandestins

Turkey captures more migrants heading to Greece via Aegean Sea

ÇANAKKALE / MUĞLA

The Turkish Coast Guard captured 155 migrants sailing to a Greek island in the Aegean Sea via unsafe boats as part of operations in Thracian and Aegean provinces on May 3.


A total of 71 people were captured on inflatable boats in two separate locations in the Aegean Sea by the Coast Guard as they were sailing to the Greek island of Lesbos, Anadolu Agency reported. The Coast Guard captured 38 Afghans off the shores of Behramkale village in the Ayvacık district of Çanakkale province, while 33 Myanmar nationals were detained in boats off of the Küçükkuyu district. The migrants were taken in an inflatable boat to the Behramkale port, where they were detained by gendarmerie forces. All 71 migrants were taken to Ümmühan Hatun Sports center because the deportation center in Ayvacık had no empty rooms.

Meanwhile, Coast Guard personnel in the Didim district of the Aegean province of Aydın captured 84 migrants, mostly Syrians, as they were sailing in three separate groups. Two groups were in inflatable boats while the third group was in a small wooden boat.

Of these 84 migrants, 74 were from Syria while the others were from African countries, including Nigeria, Congo, Ghana and Angola. The Syrians were released after their legal procedures in the police station were completed, while the other migrants were sent to a deportation center. Turkey does not deport Syrian migrants.

The incidents came a day after 57 Syrians were captured by the Coast Guard in the Aegean Sea near Kara Island in the province of Muğla upon a notice the migrants would head to the Greek island of Kos. The migrants, including six women, seven children and four babies, were on a seven-meter inflatable boat.

May/04/2015
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/turkey-captures-more-migrants-heading-to-greece-via-aegean-sea.aspx?pageID=238&nID=81934&NewsCatID=341

Voir également : Bachar al-Assad et l'immigration clandestine vers l'Europe

Question des réfugiés syriens : "La Turquie a épargné à l'Europe une catastrophe humanitaire"

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Bachar al-Assad et l'immigration clandestine vers l'Europe

23 avril 2015   
Bachar al-Assad, principal pourvoyeur des réseaux de passeurs clandestins

Au moment où tous les yeux sont braqués sur la Méditerranée et les drames qui s'y déroulent au quotidien, provoquant à chaque fois la mort de dizaines ou de centaines d'émigrants clandestins, on ne peut passer sous silence le rôle joué par Bachar al-Assad - étrangement oublié par un article du Monde.fr - dans l'approvisionnement des réseaux de passeurs clandestins.

Certes, s'il avait été interrogé lundi 20 avril à ce sujet sur France 2, l'intéressé n'aurait pas manqué de botter en touche en ironisant. Il se serait interrogé sentencieusement, comme il sait si bien le faire, sur la présence, au côté de nombre de ses compatriotes, d'émigrés en provenance des pays les plus misérables d'Afrique dans lesquels il n'a jamais mis les pieds. Il se serait interrogé sur les routes qu'il aurait pu emprunter sans se faire remarquer pour conduire la foule des candidats au départ vers l'un des ports de fortune installés le long de la rive sud de notre mer commune. Il aurait pu s'interroger sur la nature du contrôle qu'il pourrait bien exercer, depuis le palais où il se cache à Damas, sur les rives où des milliers de Syriens s'embarquent dans l'espoir de trouver ailleurs ce qu'ils ne trouvent plus chez eux.

Mais il était inutile de lui poser une telle question. Il lui aurait répondu, comme aux autres, par des contre-vérités ou des mensonges. Elle se serait heurtée, comme les autres, au déni de toute responsabilité qui le caractérise. Mieux vaut donc s'en remettre aux chiffres et aux faits.

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Les chiffres concernant les réfugiés syriens sont accablants

    Selon le Haut-Commissariat pour les Réfugiés des Nations Unies (UNHCR), 9 millions de Syriens ont fui leur domicile entre mars 2011 et octobre 2014. Un peu plus des 2/3 d'entre eux, 6, 5 millions environ, ont trouvé abri ailleurs dans le pays, au sein de leur famille, dans des appartements vacants, dans des centres d'accueil provisoire… Le reste, autour de 3 millions, se trouve désormais hors de Syrie, généralement dans des camps ouverts à leur intention en Turquie, au Liban et en Jordanie, mais également, pour les plus fortunés d'entre eux, dans un grand nombre de villes du monde arabe, où ils louent des maisons ou s'entassent dans des chambres d'hôtel.
    Au 14 avril 2015, le même organisme estimait à près de 4 millions - exactement 3.988.857 personnes, parmi lesquelles 11.319 en attente d'enregistrement - le nombre des Syriens recensés comme réfugiés dans les pays arabes et en Turquie. Dans les différents pays du Moyen-Orient, ils étaient 2,2 millions, répartis entre l'Egypte (133.862), l'Irak (247.861), la Jordanie (628.427) et le Liban (1.196.560). Ils étaient plus de 1,7 million en Turquie (1.758.092). En Afrique du Nord, ils étaient officiellement 24.055.
    Avec le prolongement de la guerre, certains ont désespéré de pouvoir un jour regagner leur pays et leur maison. Ne supportant plus les conditions de vie exécrables imposées dans les camps par les restrictions au droit de circulation, une promiscuité de tous les instants et l'insuffisance des structures sanitaires, ou ne disposant plus des moyens d'assurer par eux-mêmes leur logement pour une période qu'ils n'auraient jamais imaginée aussi longue, ils ont sollicité leur accueil dans un pays étranger, de préférence occidental. Déboutés ou las d'attendre, ils ont cherché à gagner clandestinement le territoire européen le plus proche, en espérant ne pas en être refoulés.
    Dans un rapport de juillet 2014 - "Syrian Refugees in Europe. What Europe Can Do to Ensure Protection and Solidarity" -, l'UNHCR affirmait que, "depuis le début du conflit en mars 2011, quelque 123.600 Syriens ont trouvé asile en Europe, dont 112.170 dans l'Union Européenne, en Norvège et en Suisse", un nombre extrêmement faible si on le rapporte à celui des réfugiés syriens dans les pays voisins de la Syrie.
    Les demandes d'asile n'étant acceptées qu'en nombre limité - 6.400 en 2011, 23.400 en 2012, 51.500 en 2013 et 30.700 entre janvier et mai 2014 -, on a naturellement retrouvés ces réfugiés par centaines à bord d'embarcations de fortune qui tentaient de rejoindre, au départ des rives orientales et méridionales de la Méditerranée, les pays d'Europe les plus accessibles : l'Italie (plus de 160.000 arrivées) et la Grèce (près de 40.000). Ils espéraient gagner de là la Suède et l'Allemagne, qui ont reçu à elles seules 56 % des nouvelles demandes d'asile, ou l'un des rares autres pays disposés à leur ouvrir plus ou moins généreusement leurs portes : la Bulgarie, la Suisse et les Pays-Bas (14 % des demandes).
    Selon l'UNHCR, les Syriens, avec 60.051 personnes, étaient la population la plus fortement représentée parmi les 204.407 émigrants clandestins ayant accosté sur les rives européennes en 2014, un nombre dix fois plus élevé qu'en 2012.
    Il y a tout lieu de redouter qu'ils aient été de ce fait la nationalité ayant acquitté le prix le plus élevé de cette aventure en terme de vies humaines… Sachant qu'à plusieurs reprises, des sauveteurs turcs ou italiens sont intervenus au profit d'embarcations dans lesquelles des centaines de Syriens avaient pris place.

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Les raison de cette dramatique situation sont tout aussi accablantes.

    Si l'ensemble des parties qui s'affrontent aujourd'hui en Syrie portent une part de responsabilité dans cette situation, soit en raison de mesures d'expulsion volontaires de certaines catégories de population, soit du fait de la dégradation de la situation sécuritaire dans les zones que les uns et les autres contrôlent, il est incontestable que Bachar al-Assad est le principal responsable de cet état de fait. C'est la brutalité de la répression militaire et sécuritaire qu'il a immédiatement déclenchée, en réponse aux revendications politiques de sa population, qui a initié les mouvements de déplacement de populations qui ont finalement débouché sur le départ en exil de millions de ses compatriotes.
    En ouvrant le feu sur les manifestants désarmés, en arrêtant par milliers les activistes et les opposants, en torturant à mort les premiers dans ses prisons et en expulsant les seconds au terme de leur détention, il a poussé des familles entières à fuir leur ville ou leur village pour se mettre à l'abri des représailles.
    En poursuivant de sa vindicte les déplacés, en prenant pour cible les camps de réfugiés installés près des frontières, en assiégeant les villes révoltées, en les privant d'eau, de gaz, de nourriture et de médicaments, en bombardant les quartiers d'habitation "libérés" par les révolutionnaires, en y détruisant les infrastructures scolaires et les établissements de santé, il a conduit ces mêmes familles et d'autres à fuir la Syrie et à chercher asile dans un pays voisin.
    En procédant à des massacres sur des bases confessionnelles, en chassant des populations entières de quartiers ou de villes ayant finalement accepté les "trêves", en expulsant les derniers habitants de certains quartiers particulièrement sensibles, sous le prétexte avoué de procéder à leur reconstruction, mais en réalité pour modifier autoritairement les équilibres ethniques et communautaires dans les zones encore sous son contrôle, il a encore alimenté le flot des réfugiés.
    En voulant récupérer par la force les réfractaires au service militaire et ceux dont il avait besoin pour assurer la défense de son "territoire", il a indirectement incité des centaines de ses partisans à fuir à leur tour la Syrie. Petit à petit, poussés et repoussés, les Syriens dont il ne voulait plus ou qui ne voulaient plus mourir pour lui se sont retrouvés hors de leur pays.


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Ce faisant, Bachar al-Assad a mis en œuvre une stratégie délibérée. Jusqu'à présent, elle ne lui a rien coûté en terme de sanctions. Il n'y renoncera donc pas de sitôt. Elle lui permet de débarrasser la Syrie de populations dont il ne veut plus, d'une part parce qu'elles sont sunnites, d'autre part parce qu'elles ne lui sont guère économiquement utiles. Par ailleurs, il met ainsi en application sa menace d'exporter le trouble et le chaos dans les pays voisins. A tout le moins, il les pénalise en imposant à leur économie un fardeau dont ils se seraient bien dispensés. Éventuellement, il pourrait entraîner les moins stables d'entre eux - le Liban en particulier - dans une phase de confrontations intérieures qui aurait le gros avantage de soustraire la Syrie du feu des projecteurs et de modifier, pour les parrains occidentaux de ce pays, l'ordre de leurs priorités régionales.

On l'a dit et redit : il est inutile d'imaginer venir à bout du problème que pose l'Etat islamique sans mettre hors d'état de nuire celui qui en a favorisé l'apparition, et qui contribue aujourd'hui, par ses agissements, à pousser vers Da'ech des candidats au djihad en provenance de tous les coins du monde. Il est tout aussi inutile d'imaginer répondre au drame que vivent en exil des millions de Syriens, et de prévenir la prise de risques inconsidérés de la part de dizaines de milliers d'entre eux candidats à l'émigration clandestine, sans mettre un terme à la stratégie de nuisance de Bachar al-Assad dans ce domaine.

Jusqu'ici refusée par les Américains, et malheureusement hors de portée des Amis de la Syrie les mieux intentionnés, la "zone sûre" réclamée par les Turcs, assortie d'une "zone de non-survol", finira par s'imposer comme la réponse la moins déraisonnable à la volonté de vivre libres et dignes qui pousse tant de Syriens à affronter la mort - et trop souvent à la trouver - en Méditerranée.
Source : http://syrie.blog.lemonde.fr/2015/04/23/bachar-al-assad-principal-pourvoyeur-des-reseaux-de-passeurs-clandestins/

Voir également : Question des réfugiés syriens : "La Turquie a épargné à l'Europe une catastrophe humanitaire"

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Accord anti-immigration clandestine entre la Turquie et l'UE

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