mercredi 13 janvier 2016

Surdélinquance maghrébine : les Turcs de Cologne face au risque d'amalgame

"Après les agressions, les Turcs de Cologne redoutent les amalgames

Cologne (Allemagne) (AFP) 12.01.2016 - 19:17

"Ce qui est arrivé est horrible" et maintenant "certains Allemands pensent que tous les étrangers sont horribles" : à l'image de Mihriban Findik, la communauté turque de Cologne (ouest) dit désormais sa crainte des amalgames après les agressions du Nouvel An.

Alors que l'Allemagne a accueilli 1,1 million de demandeurs d'asile en 2015, beaucoup disent redouter que cet afflux record ne vienne réactiver les tensions à Cologne, une ville de l'ouest de l'Allemagne de plus d'un million d'habitants, riche d'une expérience migratoire remontant aux années 60 et pionnière du multiculturalisme.

Les agressions sexuelles commises ce soir-là contre des centaines de femmes, imputées à des migrants présentés souvent comme arabes par la police, ne sont pas une surprise pour Mihriban Findik, 40 ans, originaire de Turquie et arrivée en Allemagne il y a 23 ans.

Mère célibataire, elle travaille dans un débit de tabac dans le quartier populaire et immigré de Kalk, et doit souvent repousser les avances des hommes. "Il y a beaucoup d'étrangers ici, ils n'ont pas de femme, certains boivent trop, ils fument du +hash+. Les hommes entrent et demandent : +Tu veux venir avec moi?+ Il faut dans ce cas que je rigole, sinon j'ai des ennuis".

"Certains viennent de pays où les femmes sont voilées. Ici, ils voient des femmes en jupes et deviennent fous. C'est de pire en pire. Je n'avais pas peur, mais maintenant, oui", poursuit-elle.

- 'La police nous a abandonnés' -

Beaucoup de migrants, originaires de Turquie et installés de longue date en Allemagne, disent être la cible de délits, exactement comme le reste de la population, sur fond de montée de l'insécurité. L'Allemagne compte près de 3 millions d'habitants d'origine turque, une des plus grandes diasporas au monde. Plusieurs centaines de milliers vivent à Cologne et dans la région autour.

"La police voit tout mais ne fait rien. Elle nous a abandonnés", dénonce, sous couvert d'anonymat, le propriétaire turc d'un kiosque.


"Ca s'est aggravé depuis deux ans, la rue n'est plus sûre", explique le quinquagénaire, qui vit en Allemagne depuis trente ans.
"Je n'ai aucun problèmes avec les réfugiés, ils peuvent rester, assure-t-il, se disant en revanche plus réservé en ce qui concerne les migrants d'Afrique du Nord, arrivés il y a plusieurs années en Allemagne."

Source : http://www.courrierinternational.com/depeche/apres-les-agressions-les-turcs-de-cologne-redoutent-les-amalgames.afp.com.20160112.doc.7090a.xml

"Cologne : la police désigne des délinquants maghrébins

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        Par Nicolas Barotte Mis à jour le 12/01/2016 à 18:42 Publié le 12/01/2016 à 18:08

Des groupes de voyous marocains ou algériens ont commis les agressions du jour de l'An, selon le rapport d'enquête.

De notre correspondant à Berlin

Derrière les agressions de Cologne, la police désigne désormais ouvertement la délinquance nord-africaine. La majeure partie des suspects identifiés s'avère être d'origines marocaine ou algérienne, ont révélé les premiers éléments de l'enquête, confirmant les témoignages. Mais les forces de l'ordre ne semblent qu'à moitié surprises. L'heure n'est plus aux précautions de langage pour éviter les amalgames ou la stigmatisation.

«Depuis 2011, les coupables de délits venus de pays d'Afrique du Nord, en particulier l'Algérie, le Maroc et la Tunisie, représentent une part considérable des vols à la tire à Cologne. Ce groupe est enclin à la violence et utilise fréquemment des armes, comme des couteaux ou des gaz lacrymogènes», écrit la police dans son rapport d'enquête. Le nombre de personnes issues de cette région qui se sont rendues coupables de délits «a augmenté fortement en 2014», est-il mentionné. En 2015, «1 947 Nord-Africains» ont fait l'objet d'enquête. Les auteurs vont même plus loin, en se livrant à une comparaison avec un autre groupe d'immigrants sous le feu des projecteurs. «Une évaluation montre que seulement 0,5 % des migrants syriens se sont livrés à des délits» pendant l'année qui suit leur arrivée, «tandis que cette proportion atteint 40 % pour les (réfugiés) Nord-Africains», lit-on. Le phénomène des «Nafris», comme la police de Cologne les nomme, est surveillé depuis plusieurs mois. Dans une note interne citée par le journal Kölner Stadt-Anzeiger, ces jeunes hommes sont signalés comme «agressifs». Ils peuvent être enregistrés comme demandeurs d'asile ou résider de manière irrégulière sur le territoire. La police ne donne pas d'explication à cette surreprésentation de ces groupes dans les statistiques de la délinquance. Il pourrait s'agir de mafias.

Dans son rapport, la police s'inquiète aussi de voir importé en Allemagne un phénomène observé notamment lors de la révolution égyptienne: le «taharrush gamea», le harcèlement de masse des femmes dans les foules. «Un groupe de travail va analyser le phénomène et le moyen d'y répondre», promet-on. Ces violences sexuelles avaient scandalisé lors des grandes manifestations sur la place Tahrir. Cette «nouvelle forme» de criminalité préoccupe aussi le BKA, la police fédérale: «ces événements sont pris très au sérieux», explique-t-on. Dans l'opinion publique, la perception de l'immigration arabe risque d'être profondément abîmée.

L'immigration nord-africaine inquiète les autorités allemandes qui ont constaté «l'augmentation» des demandes d'asile de Marocains ou d'Algériens ces dernières semaines, alors que ces groupes étaient inexistants dans les chiffres du début de l'année. Avec 2 896 demandeurs d'asile en décembre, contre 2 690 en novembre, les Marocains sont le seul groupe à progresser. Même le nombre de réfugiés syriens a reculé le mois dernier."

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2016/01/12/01003-20160112ARTFIG00267-cologne-la-police-designe-des-delinquants-maghrebins.php

Voir également : Sur les troubles de Cologne

Agressions à Cologne : "Pas du tout des personnes d'origine turque"

Cologne : 31 suspects (dont 18 demandeurs d'asile), et aucun Turc parmi eux

Violences à Cologne : "l'absence de Turcs à la gare"

Les Turcs d'Allemagne, selon Luc Rosenzweig