vendredi 12 février 2016

Yusuf Yenici : "le salut par l'entrepreneuriat"

Le prix de « la ténacité »
Publié le 03/02/2016 . Mis à jour le par dominique andrieux 
Yusuf Yenici a reçu le Prix Créadie, récompensant l’opiniâtreté qui l’a animé pour créer sa micro-entreprise de maître d’œuvre auprès de particuliers et de promoteurs.

dominique andrieux

d.andrieux@sudouest.fr

C'est la semaine du microcrédit de l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), un refrain qui résonne parmi le public d'entrepreneurs n'ayant pas accès au marché du travail et au système bancaire classique. Hier matin, Jean-Marc Ewald, directeur régional de l'Adie, a accueilli, dans les locaux lormontais, Yusuf Yenici, « un symbole des gens qui entreprennent ». Avec « une telle ténacité », dira le maire Jean Touzeau de cet ex-Lormontais de 30 ans, ayant grandi à Carriet, qui est parvenu à monter en 2015, à Cenon, son entreprise de maître d'œuvre auprès des particuliers et investisseurs fonciers pour des projets de construction de maisons individuelles.

Marc Darriet, président de la Fondation entreprise et solidarité, est venu lui remettre le Prix Créadi, une distinction régionale (Aquitaine et Poitou-Charentes) qui récompense un micro-entrepreneur ayant été accompagné par l'Adie. « Il faut que le créateur ait galéré », relève Marc Darriet, parmi les critères retenus dans l'attribution du prix.

Il faut un bagage technique

Et d'évoquer encore « des coups sur la tête » dont s'est remis Yusuf Yenici. « Je suis plus dans la théorie que manuel », a-t-il pu mesurer, lui, ce fils de maçon qui dit « avoir beaucoup travaillé pour gagner ma croûte ». « Il ne faut pas manquer de respect aux artisans, ce sont eux qui valorisent notre travail », observe le lauréat qui ne s'est pas éternisé sur les galères par lesquelles il est passé entre l'obtention de son baccalauréat et le démarrage de son activité professionnelle en avril dernier.

« Je vois les jeunes du quartier, ils ont une vision de simplicité. Or, il faut avoir un bagage technique », souligne le micro-entrepreneur. Le sien, il l'a acquis assez vite en suivant des sessions de formation sur l'architecture à la Fédération compagnonnique de Floirac. Un premier emploi et c'est le chômage, puis le RSA. « Mon salut devait passer par l'entrepreneuriat », s'est persuadé Yusuf Yenici. Hier, ce dernier a dit sa reconnaissance à l'attelage composé de l'Adie et de son partenaire, le Creder (Centre de recherches et d'études pour le développement économique et social régional). À Fouad Ouhssakou, le conseiller de cet organisme intervenant dans le développement économique et social qui l'a accompagné dans le montage de son projet.

Une fois celui-ci ficelé, l'Adie lui a attribué un microcrédit de 10 000 euros. Le prix Créadi lui vaut de recevoir 1 000 euros. Peut-être plus si son parcours venait prochainement à se distinguer pour le prix national.

Hier, le maire Jean Touzeau l'a interrogé sur le temps que lui a pris le montage de son projet. « Six mois », lui répond le micro-entrepreneur qui les a mis à profit notamment pour « constituer du réseau » et espérer raisonnablement « un bon volume de commandes provenant essentiellement du bouche à oreille ».

Yusuf Yenici est lauréat du Créadi, dans la catégorie Accomplissement personnel.
Source : http://www.sudouest.fr/2016/02/03/le-prix-de-la-tenacite-2262355-3228.php

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